Fall To Pieces !

Fall To Pieces !
Rating : T
Spoliers : Aucun
Disclaimer : Je ne possède pas WaT et malheureusement, je ne gagne pas d'agent en écrivant PTDR !
Pairing : J/S
A/N : Ma Deuxième fic préférée derrière BF et encore je ne sait pas vraiment laquelle je préfère ... Anyway, just read !



Fall To pieces


Prologue

Lorsque Samantha Spade se réveilla se matin là, se fut avec l'impression d'avoir prit ce qu'on appelait « une grosse cuite ». En effet, au moment même où elle était sortie de ce « comas » si bénéfique qu'était le sommeil, elle avait sentit un mal de tête affreusement douloureux la saisir. En quelques secondes à peine, elle avait réalisé qu'elle n'était pas dans son lit, et un souvenir qui accompagnait généralement cette sensation s'empara aussitôt de son esprit Un bar, tard dans la soirée, un homme s'approche d'elle, commence à la draguer gentiment... elle n'eut pas besoin d'en savoir plus pour vouloir ouvrir les yeux et tout oublier ; ce qu'elle fit. La jeune femme remonta donc légèrement ses paupières et regarda autour d'elle. Elle reconnu l'entrée de son appartement et après quelques secondes d'adaptation, elle commença à se redresser en position assise. Cela ne lui était encore jamais arrivé. Elle s'était souvent réveillée à côté d'inconnus, dans un appartement lui-même inconnu, mais le fait de se réveiller seule, dans son entrée était une toute nouvelle expérience.
Samantha se leva tant bien que mal et examina une nouvelle fois les alentours. Elle s'était manifestement endormie sur le sol. Par cette même constation, elle trouva rapidement la source de toutes ces douloureuses courbatures qu'elle avait sentit en se levant. La jeune agent fédéral fit quelques pas mal assurés vers son salon, cherchant l'inconnu manquant, celui avec qui elle avait dû passer la nuit. Mais en arrivant devant l'entrée, elle prit conscience que cette nuit là avait vraiment dû sortir de l'ordinaire : la bibliothèque où elle rangeait habituellement ses clés et d'autres objets dont elle se servait au quotidien lui barrait le passage, renversée sur le mur d'en face. Surprise, la jeune femme se fraya un chemin en la soulevant légèrement et en évitant les objets désormais étalés sur le sol.
Un ou deux pas plus tard, elle décréta qu'au lieu d'une simple scène d'amour torride, c'était plutôt la troisième guerre mondiale qui avait éclaté, la veille, dans son appartement. A cause du désordre apparent, elle se demanda même pendant quelques instants si c'était bien le même appartement dans lequel elle vivait depuis bientôt quatre ans.
Samantha prit quelques minutes et examina le tout plus attentivement. La table basse en verre était brisée ainsi que la télévision écran plat qu'elle s'était achetée un mois auparavant. Des fleurs jonchaient le sol, accompagnées de bouts de verre et d'une énorme flaque d'eau sur le parquet. Son poste de radio était lui aussi à terre et seule sa glace semblait avoir résisté au massacre.
La jeune femme s'avança d'un pas lent vers le grand miroir et se dévisagea avec stupeur. Son visage était écorché, griffé, ses cheveux blonds, pleins de noeuds, descendaient en cascade sur ses épaules menues, elles aussi, pleines de bleus. Elle descendit encore son regard, vers son buste. Son tee-shirt avait été déchiré apparemment si brutalement, qu'il possédait à présent deux grandes ouvertures, une sur son coté droit et une autre au niveau de son bras gauche. Comme un réflexe nerveux, elle tata son cou et frissonna quand elle s'aperçu que son collier fétiche, celui que Jack lui avait offert pour son 26ème anniversaire, avait disparu. En baissant encore les yeux, elle s'aperçu qu'elle était pieds nus et, en les remontant légèrement, que son pantalon était aussi fendu en bas. Incapable de bouger désormais, elle réexamina inconsciemment son visage, observant attentivement chaque détail de ses yeux, ses cheveux, sa bouche, ses joues. Dans un souffle, la terre se remit à tourner autour d'elle et elle se laissa tomber par terre, avant de perdre conscience pour quelques secondes. Lorsque son portable sonna, elle décrocha comme un réflexe, sans vraiment faire attention au nom affiché.

Samantha (faiblement) : Allo ?

Une voix rauque répondit, visiblement très énervée.

Voix : Ah ! Tu réponds enfin ! Qu'est ce que tu faisais ??!! Je t'ai appelé 5 fois au moins ! Tu sais, je ne t'ai jamais empêché de prendre des jours de congés mais préviens avant !!! On une affaire ! Pourquoi t'es pas venue ?! Je veux que tu sois ici dans 30 minutes !!! Débrouilles toi !!

La voix fut identifiée en quelques secondes à peine, c'était celle de Jack, son supérieur, mais Samantha fut incapable de discerner clairement un seul mot de ce qu'il venait de dire. La seule et unique chose qu'elle savait était qu'il criait et ce, pendant plusieurs secondes encore après qu'elle ait arrêté de l'écouter.
Elle l'interrompit sans réfléchir au bout de quelques secondes, d'une voix lente, faible, et tremblante.

Samantha : Je....

Jack sursauta, il reconnu immédiatement cette voix, c'était celle qu'elle avait quand elle n'allait pas bien. Il se douta immédiatement de quelque chose. Elle l'entendit bouger derrière le téléphone. Puis il commença à lui parler, à lui demander ce qui n'allait pas mais elle ne pouvait pas lui répondre. Mettre son état de choc en mots était impossible. Plus elle essayait de se souvenir et de raconter à Jack ce qui c'était passé, plus les souvenirs et les mots s'échappaient, comme si ils la fuyaient, sans qu'elle parvienne à les attraper.
Tout à coup, elle n'eut plus besoin d'essayer.

Jack : Sam ? Tu es où ?

Elle murmura dans un léger grognement.

Samantha : Chez moi....
Jack : J'arrive....

Elle ferma le clapet du téléphone.


Appartement de Samantha Spade
Une demi-heure plus tard

Quand Jack arriva en trombe dans l'immeuble, il était 10h30. Il se rua dans l'ascenseur et appuya sur le petit bouton : 5. Quand les portes se rouvrirent, l'agent porta immédiatement son regard sur sa gauche, vers un appartement qu'il connaissait par c½ur, celui de Sam. Mais, un détail avait changé depuis qu'il était venu pour la dernière fois. En effet en regardant d'un peu plus près, il s'aperçu qu'un policier montait la garde, devant sa porte, accompagné d'un long ruban adhésif jaune marqué « police line do not cross ». Il se précipita alors vers la porte, faisant abstraction du jeune homme et passa en un éclair dans la pièce, la cherchant du regard. C'est à ce moment là qu'il entendit le policier se rapprocher de lui, criant « Monsieur, revenez ici, vous ne pouvez pas passer », trop tard, alors qu'il commençait à perdre pied, il entendit le son de sa voix.

Samantha (au policier) : Laissez... Il est avec moi...

Jack se retourna vers le salon, elle était assise, sur le canapé, avec deux autres policiers qui avaient l'air de la questionner. Regardant d'un peu plus près l'appartement n'avait, finalement, presque rien en commun avec celui qu'il avait si bien connu. Tout était renversé, cassé ; mais qu'avait-il bien pu se passer ici ?! Jack se rapprocha et remarqua le regard anxieux que Samantha lui jetait. Il esquissa un sourire pour la rassurer, sans savoir très bien ce qu'il s'était passé, c'était bien la seule chose qu'il pouvait faire pour elle.



Chapitre 1 : Untitled


Une fois qu'il fut arrivé à la hauteur du canapé, les deux officiers le remarquèrent et lui jetèrent de longs regards interrogateurs.

Samantha (regardant Jack) : Messieurs, Jack Malone

Elle avait les yeux pleins de fatigue, et sa voix tremblait lorsqu'elle parlait. Jack sentit alors son c½ur accélérer sa cadence, comme une incontrôlable impatience, la seule chose qu'il voulait savoir, c'était si elle allait bien et si oui, pourquoi les flics étaient chez elle. Avait-elle des ennuis ?

Samantha : Il travaille avec moi ... Je vous ai dit ... Je l'ai appelé ....

Sortit de ses pensées, Jack sursauta légèrement et le plus jeune des deux policiers sembla avoir une soudaine révélation.

Policier : Oui ! Je vous ai vu à la télé ...

Son chef le regarda d'un sale oeil, ce qui le fit immédiatement taire. Jack sourit intérieurement, on aurait dit un feuilleton télé : le bleu qui sortait une connerie ... Classique !

Chef : Agents Lorenzo et Thomas... Excusez le pour ...
Jack : Non ce n'est pas grave...

Il jeta alors un regard à Samantha qui l'invita à venir s'asseoir à côté. Quelques secondes plus tard, alors qu'un silence électrique régnait entre les quatre agents, un jeune officier demanda l'attention de Lorenzo.

Lorenzo (tirant son collègue par le bras, murmurant à son oreille) : Il a trouvé quelque chose...

Il s'adressa ensuite à Jack et à Samantha

Lorenzo : On peut vous laisser quelques instants ?

Samantha lui donna une légère approbation d'un signe de tête et les regarda s'éloigner d'eux. Elle se tourna ensuite vers Jack qui semblait plus perdu qu'autre chose.

Jack (chuchotant fort) : Putain ! Qu'est ce qu'il s'est passé chez toi ?!

Samantha éclata de rire. Sans savoir exactement pourquoi, peut être parce que c'était nerveux, en tout cas, il n'y avait rien de drôle.

Samantha : J'en sais rien !
Jack : Comment ça t'en sait rien ?
Samantha : Bah je sais pas je me suis réveillée ce matin j'étais par terre dans mon entrée et tout était déjà comme ça ! Et je ne me souviens absolument pas d'hier soir. Je me souviens de t'avoir dit bonsoir, tu étais encore au bureau, il devait être neuf heures un truc comme ça ... Et après plus rien !

Jack esquissa un sourire un peu moqueur

Jack : Quoi ? Trou de mémoire ?
Samantha (un peu plus fort) : C'est pas drôle Jack !

Jack adopta alors un air un peu plus sérieux. La voir aussi perturbée lui faisait énormément de peine. Il aurait voulu la prendre dans ses bras et la rassurer, mais les circonstances ne s'y prêtaient pas trop.

Jack : Excuses moi ... Donc tu t'es réveillée ce matin comme ça et puis quoi ?
Samantha : Tu m'as appelée... Puis j'ai appelé les flics en t'attendant. Merci d'être là au fait.

Ils échangèrent un sourire complice. La voir sourire, c'était sa récompense pour le trajet.

Samantha : J'ai l'impression qu'ils ne me croient pas quand je leur dis que je ne me souviens d'absolument rien
Jack : C'est des flics ... Et puis tu as vu dans quel état tu es ! T'as du sang partout sur toi !
Samantha : T'es un flic toi aussi et pourtant tu me crois !
Jack (souriant): Oui mais moi je ne te crois pas en temps que flic ...

Samantha fit la moue.

Jack : Quoi ? Ca non plus tu te souviens pas ?

Bien sûr qu'elle se souvenait ! Comment ne pourrait-elle pas ? Mais le fait était que, en ces circonstances, elle ne voyait pas en quoi cela importait. Il avait toujours eu confiance en elle.

Samantha : Bien sûr que si ! Qu'est ce que tu crois ?!
Jack : Bah alors c'est pour ça que je ne peux pas être impartial. Franchement Sam, si tu étais à leur place tu te croirais ?
Samantha : Je me ... croirais ...

Elle réfléchit alors quelques instants et inversa les rôles. Non bien sûr qu'elle ne se croirait pas mais elle n'avait jamais tort, elle détestait avoir tort, surtout avec Jack. Elle mentit donc, ne voulant pas s'avouer vaincue.

Samantha : Oui je me croirais ...

Il la regarda droit dans les yeux et il lui fut tout à coup impossible de mentir.

Samantha (doucement) : Enfin ... Non...

Jack esquissa un sourire complice.

Jack : Voila ... Tu vois... C'est aussi simple que ça !



Q.G du F.B.I
Trois heures après (13h00)

Jack revenait tout juste de chez Samantha. Il l'avait obligée à aller se faire examiner à l'hôpital et en était plutôt fier. Elle allait peut être enfin se reposer. Ces flics ne lui avaient pas fichu la paix, pendant les quelques heures qu'ils avaient passées ensembles. Non pas qu'elle ait eu tort de les appeler... Bien sûr que non ! Le fait était que Jack venait tout juste de comprendre pourquoi la population new-yorkaise haïssait tant la police. Ils n'étaient pas méchants, juste longs à la réflexion. Jack pouvait aussi se féliciter pour l'avoir appelée au moment même où elle en avait besoin. Il soupira longuement, la semaine de sa protégée allait, sans aucun doute, être longue et pénible.

Il entra dans l'open-space, qui n'avait pas changé depuis son départ, toujours en effervescence (et ce depuis son arrivée, douze ans auparavant). La photo d'Elisabeth Bourne n'avait pas non plus changé de place. Elle était encore accrochée au grand tableau blanc des disparitions. Ce n'était pas comme si il éprouvait une quelconque déception à cette idée, comme si il avait espéré que cette photo soit rentrée chez elle ; non, bien sûr que non. Il avait perdu la foi que Samantha avait encore, cette hargne qui permet de s'accrocher en cas de coups durs, la hargne des débutants. En pensant à elle, sur cette enquête, il réalisa que si elle avait été là, elle lui aurait sûrement donné du fil à retordre. Elisabeth était une adolescente ordinaire d'un milieu aisé : 16 ans, blonde, extravertie, énergique, intelligente, drôle, séduisante, un peu comme Samantha devait l'être à cette époque. Excepté le fait qu'elle, elle vivait dans un caravane avec sa mère et sa s½ur. « Ouais ... » Soupira Jack, elles se ressemblaient. Comme Samantha, ces parents avaient l'air de l'aimer. Peut être pas de la meilleure façon qu'il soit, personne n'était un parent exemplaire, mais ils l'aimaient, énormément. Elle était proche de son frère, comme Samantha avait été proche de sa s½ur. Peut être saurait-il quelque chose ? Jack devait de toute façon aller l'interroger lorsqu'il rentrerait de cours. En attendant, il devait essayer de lire dans les habitudes de la jeune fille et trouver, peut être, pourquoi elle avait fugué. Oui, selon lui, c'était une simple fugue. Mais il devait quand même la retrouver, c'était son job, quelque part, il était payé pour ça. Pourquoi avait-elle fugué alors ? Pour suivre un petit ami ? Parce qu'elle avait eu de mauvaises nouvelles à l'école ? Parce que ses parents ne faisaient pas assez attention à elle ? Ou tout simplement à cause d'une crise d'adolescence ? Pour l'instant, Jack était incapable d'émettre la moindre hypothèse précise ; et c'était ce qu'il s'était tué à dire à la famille le matin même, avant que Samantha n'appelle. Il se souvint qu'il lui avait d'ailleurs dit qu'il passerait en fin d'après midi, vers cinq ou six heures et il espérait secrètement qu'elle accepterait de venir avec lui interroger le frère. Il lui dirait que cela lui changerait les idées, encore un prétexte pour être avec elle. « Evidemment qu'elle acceptera », pensa Jack, « c'est son job à elle aussi »

Quand Danny le vit avancer vers lui, il tira une tête de deux mètres, quelque chose de grave avait du se passer. De fil en aiguille Jack leur expliqua tout ce qu'il savait au sujet de Sam. Puis pour ne pas laisser paraître une seule de ses émotions, il changea immédiatement de sujet et donna ses ordres au sujet de l'affaire, Elena et Danny devaient aller au lycée de la jeune fille pour interroger ses camarades.



Chapitre 2 : All At Once


Lycée Ste Helen
Disparue depuis 6 heures

Danny : Bon... Il faut qu'on aille voir qui encore ?
Elena : Bon... Il nous reste à voir... Hum... Sandra Andrews, c'est à elle que sont allés presque tous ses coups de fils des derniers mois.

Danny soupira longuement, le regard perdu dans le vide : il n'avait rien écouté de ce que sa collègue avait bien pu lui dire.

Elena : Danny ? Danny ? Oh oh ! Danny, ici la Terre ?!
Danny : Quoi ?
Elena : Tu m'as écoutée ?
Danny : C'est-à-dire que...
Elena : Bon non.
Danny : Heu... Ouais.
Elena : Qu'est-ce qui te tracasse ?
Danny : C'est rien.
Elena : Hey, ça se voit que c'est pas rien. Dis-moi.
Danny : Non.
Elena : Hey Danny, tu peux me...
Danny (sèchement) : Te parler, je sais.
Elena : Pourquoi tu ne le fais pas alors ?
Danny (hésitant) : Mais... C'est compliqué. Et puis, j'ai pas envie de m'étaler.
Elena : Tu sais si c'est pas à propos de l'enquête...
Danny (sèchement) : Elena, je t'ai dit que je ne voulais pas en parler c'est clair ?
Elena : D'accord.

Elena haussa les épaules.

Elena : Bon, on va chercher cette Sandra Andrews ?
Danny : Ouais.

Les agents marchèrent dans les couloirs bondés de lycéens. Plusieurs les dévisagèrent, se demandant ce que deux « vieux » pouvaient bien faire au milieu du couloir, si ce n'était pas des professeurs.

Danny : Bon sang !
Elena : Quoi ?
Danny : Ca m'énerve !
Elena : Qu'est-ce qui t'énerve ?
Danny : Mais tout !
Elena : C'est vague tout.
Danny : Mais ces gamins qui se permettent de t'insulter dans ton dos, cette enquête, Sam...
Elena : Samantha ?
Danny (à lui-même): Et merde!
Elena : Tu es inquiet pour elle ?
Danny : Mais bien sûr. Comment tu veux que je ne le sois pas ?
Elena : Hey, calme toi !
Danny : Mais je peux pas me calmer !
Elena : Si tu peux, mais vide ton sac avant.
Danny : J'en ai marre de tout ! Là, je suis là en train de m'emmerder à faire ce putain de boulot alors qu'une personne qui compte pour moi est à l'hôpital.
Elena : C'est bon ?
Danny : Non.
Elena : Continue.
Danny : Et en plus, je ne peux pas aller la voir ni lui téléphoner à cause de ce foutu boulot ! Et merde !
Elena : Et maintenant ?
Danny : Ca va mieux.
Elena : Tu es calmé ?
Danny : Un peu mais...
Elena : D'accord.


Elena esquissa un léger sourire et continua à marcher. Tout à coup, une jeune fille leur rentra dedans. Consultant la photo qu'elle avait dans les mains, Elena reconnu Sandra, l'amie d'Elisabeth.


Elena : Sandra Andrews
Sandra : Oui
Danny : On est du F.B.I, on a quelques questions à te poser
Sandra (les entraînant à l'écart des couloirs, où il y avait ns de monde) : oui je me doutais bien que vous étiez âgés pour des lycéens

Danny échangea un regard désespéré avec Elena, cette gamine venait de leur donner un gros coup de vieux.

Elena : C'est au sujet d'une amie à toi je crois ... Elisabeth Bourne
Sandra : Oh mon dieu Il lui ait arrivé quelque chose
Danny : Elle a disparue
Sandra : C'est pour ça qu'elle n'était pas là aujourd'hui... Je me disais bien ... Elle devait faire un truc important aujourd'hui et ce n'était pas normal qu'elle ne soit pas là.
Danny : Qu'est-ce qu'elle devait faire
Sandra : Oh rien d'important...
Elena : ... Tout est important Si tu sais quelque chose, dis le nous.
Sandra : Elle avait l'intention de sortir avec Cédric... Mais c'est rien, je ...
Danny : Cédric comment
Sandra : Cédric Masson

Danny jeta un rapide coup d'½il à Elena qui écrivait sur son petit bloc-notes.

Elena (en écrivant) : On peut le voir où ce Cédric truc muche
Sandra : il n'est pas là aujourd'hui.

Une sonnerie retentit et Elena jeta un long regard à Danny.

Sandra : Bon j'ai cours là je peux y aller
Danny (regardant Elena) : Oui, oui vas-y

La jeune fille se retourna et s'évapora dans la foule grandissante des élèves sortant de cours.

Danny (se dirigeant vers la sortie avec Elena) : Le type avec qui elle sortait n'est pas là non plus : Bizarre non

Ils descendirent les quelques marches qui les séparaient du trottoir

Elena : Tu devrais appeler le bureau, qu'ils fassent une recherche sur Masson
Danny : C'est bien t'as retenu son nom

Elena lança un regard noir à son équipier.

Danny : Ok c'est bon je m'en occupe.

Les deux agents rentrèrent dans leur voiture de fonction et faisant ronronner le moteur, l'objet démarra.


Hôpital St Vincent
Disparue depuis 8 heures

Jack : Hey ...

Il venait d'entrer dans la pièce. Une chambre d'hôpital, comme il en existait des millions à travers le pays. Une infirmière aux cheveux attachés en train de faire une dernière prise de sang à une malade, comme il y en avait aussi des millions dans le pays. La malade, elle par contre était unique : Samantha Spade. Jack s'avança tranquillement dans la petite chambre et adressa un sourire grand sourire à Samantha

Samantha (se redressant) : Hey

Jack fit semblant de ne pas faire attention à elle et s'adressa à l'infirmière. Samantha réprima une grimace. Elle avait toujours été jalouse, surtout quand il s'agissait de Jack.

Jack : Elle va bien ?

Entendant la question de Jack la jeune femme sentit une pointe d'énervement monter en elle. Elle détestait qu'on lui demande : « Ca va ? » quand elle était dans une chambre d'hôpital. Pour elle cette question faisait partie du genre de question stupides que tout le monde déteste, un peu comme : « tu dors ? » ou « Quoi de neuf ? », mais elle détestait pardessus cela le fait que quelqu'un d'autre soit invité à répondre pour elle.

Infirmière : Je pense que c'est plutôt à elle qu'il faut demander ça. Et puis de toute façon je dois y aller.

Jack esquissa un léger sourire et Samantha se surprit à espérer qu'il était pour elle.

Jack : Elle pourra sortir ?
Infirmière : Oui bien sûr ! Elle n'a que quelques égratignures. Veillez juste à ce qu'elle ne prenne pas le volant, on lui a donné quelques anti-douleurs et ça peut provoquer des somnolences selon les cas.

La jeune femme commença à avancer vers la sortie...

Jack (à Samantha): Tu vois, une raison de plus pour ne pas prendre le volant !

... Et éclata de rire aux paroles de Jack. « Encore un macho celui-là » pensa t-elle. Samantha répliqua en faisant semblant de s'énerver.

Samantha : Je sais conduire !!
Jack : Ouais c'est ça .... (S'adressant à l'infirmière) Elle ment !

La jeune infirmière éclata de rire et fut tentée de rester un peu plus mais son biper sonna une nouvelle fois. Elle adressa alors un « au revoir » aux deux agents puis sortit de la chambre aussi vite qu'elle était entrée.

Une fois assurée qu'ils étaient seuls, Samantha reprit la parole.

Samantha : Ca t'amuse hein ?

Jack sourit, amusé de sa réaction. Secrètement, il la trouvait encore plus belle lorsqu'elle était énervée.

Jack : Oh oui !

Elle le fusilla du regard, sans pour autant être vraiment sûre de ses propres intensions.

Jack : Alors... Ca va ?

La seule chose que Samantha lui donna en guise de réponse fut un sourire triste, esquissé au coin de ses lèvres. Elle tenait un bout de coton appuyé contre sa peau à l'intérieur de son coude depuis sa dernière prise de sang. La jeune femme se leva en silence et circula à travers la pièce jusqu'à la poubelle où elle le jeta délicatement. Elle avança ensuite jusqu'au petit bureau, tournant le dos à Jack, lui permettant ainsi de la déshabiller du regard. L'agent n'aurait sût l'expliquer mais même après 5 longues années il la trouvait encore très séduisante. Elle se retourna subitement, mettant fin à ses rêveries et s'assit gracieusement sur le bureau. Ce ne fut qu'à ce moment là que Jack fit vraiment attention aux différentes blessures qu'elle avait sur le corps. « De simples égratignures » avait dit l'infirmière. Jack trouvait que c'était déjà trop. Elle avait un pansement sur la tempe, où on avait dû lui faire quelques points. Elle avait aussi le bras gauche en écharpe et une légère égratignure sur le mollet. Il esquissa une grimace à la simple idée qu'elle ait pu avoir souffert. Comme si elle savait à quoi il pensait, juste en le regardant, elle rétorqua immédiatement une simple phrase qui fit bondir le c½ur de Jack, même si elle était dite sur un ton rassurant.

Samantha (baissant les yeux) : J'ai connu pire.

Elle désigna du coin de ses yeux noisette la petite « chemise » que l'hôpital lui avait fait enfiler. Le tissus était juste assez long pour qu'une fois assise, Samantha laisse entrevoir la cicatrice d'une blessure vieille de 5 ans mais qu'elle avait l'impression de s'être fait la veille. Une blessure qui lui avait coûté beaucoup, une blessure faite avec une de ses propres balles qui avait laissé une trace indélébile en elle, aussi bien dans sa cuisse que dans sa tête.
La jeune femme esquissa un sourire triste du coin des lèvres et sentit les souvenirs qu'elle s'était donné tant de mal à enfouir remonter en elle. Se retrouver là dans cette chambre d'hôpital avec Jack... C'était assez étrange, c'était comme si finalement, rien n'avait changé. Samantha sentit peu à peu des larmes remonter dans ses yeux bruns à présent humides. Elle tourna alors la tête vers la porte de la chambre, fuyant ainsi le regard de Jack. Quelque chose d'immatériel le retint de s'approcher, de la réconforter, c'était peut être encore trop tôt, ou peut être un peu trop tard, impossible de le dire. Il laissa passer quelques instants de silence afin que la jeune femme reprenne confiance en elle et sèche ses larmes, puis commença à la questionner sur ce qu'il voulait absolument savoir.

Jack : Ecoutes Sam....

La jeune femme se retourna brusquement.

Samantha : Je t'écoute

Jack esquissa un léger sourire gêné.

Jack : J'ai besoin de savoir tout ce dont tu te souviens. Selon ton médecin, tu souffres d'amnésie post-traumatique et elle ne sait pas quand la mémoire te reviendra.

Samantha baissa les yeux et essaya comme à son habitude d'éviter la question par l'humour.

Samantha : Ah tiens, il faut que je le dise à Danny ! Docteur Freud devient docteur tout court !
Jack : Très drôle ! Je te répète exactement ce que l'on vient de me dire !
Samantha : Ah je t'enlève tout le mérite alors ! Bon tu voulais savoir ce dont je me souvenais... Alors voila ! Comme je l'ai dit à un million de personnes depuis que j'ai ouvert les yeux ce matin... Je quitte le bureau hier, tu es encore là...

La jeune femme s'arrêta un court instant pour réfléchir à ce qu'elle allait dire. Est-ce que le fait qu'elle soit allée au bar était assez important pour que Jack le sache. Après tout, c'était pareil, elle n'avait qu'à dire qu'elle ne s'en souvenait plus. Qui irait vérifier ?

Samantha : ... Et c'est tout ! Je ne me souviens de rien d'autre et je vois pas pourquoi tout le monde ma pose cette question !
Jack : Ok et après avoir quitté le bureau tu es allée où ?

Le c½ur de la jeune femme accéléra. Avait-il deviné qu'elle mentait ?

Samantha : Je ... J'en sais rien
Jack : Tu es sûre ?

Samantha jeta un regard noir à Jack. Elle scruta le moindre recoin de ses yeux afin de savoir ce qu'il avait derrière la tête, sans résultat. Elle décida de ne pas changer d'avis et essaya de se persuader que ce n'était pas important.

Samantha : Oui Jack ! Tu n'as pas confiance ?
Jack : Mais si... C'est juste que ... Essaye de te souvenir....
Samantha (s'énervant) : Jack ! Putain je fais que ça ok ?
Jack : Ok calme toi ...

Samantha eu l'impression que tout le stress qu'elle avait accumulé en elle durant les dernières heures, même si elle avait tout fait pour ne pas le montrer, commençait à la dominer. Elle avait besoin de craquer et bien sûr, comme à son habitude, Jack était là au mauvais endroit, au mauvais moment.
La jeune femme se mit à tourner dans la pièce comme un lion en cage puis s'arrêta juste devant Jack qui l'observait d'un air dubitatif.

Samantha (de plus en plus fort): Essaye de te mettre à ma place ne serais-ce que 2 secondes ! Tu crois que c'est facile de rester là, assise sur ce putain de lit alors que mon appartement était plein de sang ce matin, que les flics sont déjà contre moi, que Danny m'a dit qu'une gamine avait disparu, et que le dernier médecin que j'ai vu m'a dit que j'avais eu de la chance de pas avoir été violée !

La jeune femme reprit son souffle un court instant.

Samantha : Alors excuses moi si j'ai pas envie de me calmer !!!!!

Jack resta silencieux de peur de dire quelque chose de déplacer. Après tout ce qu'elle venait d'endurer il trouvait encore le moyen de l'énerver. Le silence pesa pendant quelques minutes encore. Samantha avait mit sa main sur sa bouche à la seconde même où elle s'était rendue compte de ce qu'elle venait de dire. Le pauvre n'y était pour strictement rien ; il devait croire qu'elle le détestait. Ce qui était vrai dans un sens, elle le détestait, vraiment, parce qu'elle l'aimait, et ça aussi c'était vrai. Malheureusement vrai. Et elle avait l'impression que plus le temps passait plus il s'éloignait d'elle, comme ses souvenirs de l'époque où ils étaient encore ensemble. Elle se souvint alors de la façon dont Vivian avait apprit pour « eux ».


Flash Back

Elle s'était encore retrouvée à l'hôpital. Cette fois ci, c'était un petit débile en scooter après qui elle courrait qui l'avait percuté. Encore une fois, elle n'avait rien de bien méchant, juste une entorse au poignet, des égratignures sur tout le corps, et un gros bleu au niveau du bassin.
Jack était venu la voir avec un joli bouquet de fleur pour se faire pardonner de ne pas être venu avant. Il commença à la taquiner gentiment.

Jack : Je peux savoir comment tu fais ? Tu te fais renverser et tu as presque rien !!! Je suis sûr que tu fais ça juste pour que je me sente coupable...

Samantha éclata de rire.

Samantha : Bien sûr Jack je ne sais pas si tu as remarqué mais en deux ans j'ai terminé 4 fois à l'hôpital !
Jack : Justement !
Samantha : Agent Malone .... Je vais vous apprendre quelque chose ....

La jeune femme se rapprocha légèrement de lui.

Samantha (souriant): Vous n'êtes pas seul au monde !

Jack esquissa son plus beau sourire au coin de ses lèvres. Il aimait la voir rire, voir son visage s'illuminer, ses yeux bruns pétiller, étudier le mouvement de ses longs cheveux blonds qui redescendaient le long de sa fine silhouette ; oui, tous ses gestes pourtant si simples et banals pour elle signifiaient tout pour lui. Ils signifiaient que, pendant ces petits instants de bonheur, il n'y avait qu'elle. Elle et lui. Pas de Maria, pas de travail, pas de règles stupides, juste elle et lui. Il l'aimait à présent, il en était intimement convaincu, et il savait qu'elle aussi elle l'aimait. Seulement c'était un énorme problème parce qu'il ne voulait pas la faire souffrir et il savait au fond de lui que cela arriverait. Il était marié et n'avait aucunement l'intention de quitter Maria et les enfants.

Il jeta un regard à Samantha et elle lu toute l'inquiétude qui résidait en lui. C'était ça qu'il aimait avec elle, ils n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Avec Maria, ils se parlaient, et ne se comprenaient quand même pas. La jeune femme s'approcha de lui et déposa un doux baiser sur ses lèvres ; c'est là que Vivian entra.

Jack (lointain) : Sam ? Sam ?

Fin du Flash Back


La jeune femme sursauta, comme elle l'avait fait lorsque Vivian était entrée dans la pièce. Le regard de Jack resté aussi pénétrant qu'auparavant. Elle leva les yeux au ciel et Jack continua.

Jack : Je suis désolé ok ?
Samantha : Non c'est moi je ....

Elle préféra changer de sujet et faire comme si rien ne s'était passé.

Samantha : J'ai entendu dire que tu devais passer voir le frère de la disparue

Jack paru légèrement amusé par son changement rapide de sujet.

Jack : On peut vraiment rien te cacher

Samantha esquissa un sourire.

Samantha : On va dire que j'ai mes sources.

Jack resta muet.

Samantha : Bon qu'est ce que tu fais ? On y va oui merde ?

Cette fois-ci, Jack sourit intérieurement. Il avait toujours admiré cette faculté qu'elle avait de se relever et prendre une décision aussi rapidement. Il savait qu'elle allait vouloir venir.

Jack (feintant la surprise) : Tu veux venir ?
Samantha : Bah tu croyais quoi !? Allez, va me chercher un café pendant que je me change, je te rejoins dehors !
Jack (taquin) : D'accord chef !

Un léger silence passa et il avança vers la sortie.

Jack : Tu sais ils vont pas me laisser prendre un café vu ton état
Samantha : Bah dis que c'est pour toi ....
Jack : Tu sais que c'est pas bien de mentir....
Samantha : Ouais c'est ça ... Bon fais ce que tu veux mais sors parce que je te laisserais pas regarder pendant que je me change
Jack (un large sourire aux lèvres) : Oh tu sais je pense que j'ai déjà tout vu ....

La jeune femme éclata de rire et avança vers lui en le poussant en même temps vers la sortie.

Samantha : Jack .... Dégages !
Jack (faisant semblant de se sauver): Ok, ok j'y vais, j'y vais !!

Une fois dehors, la jeune femme lui adressa un dernier sourire complice et claqua la porte derrière lui.



Chapitre 3 : Don't Tell Me


Open space du FBI
Disparue depuis 11 heures

Martin : Hey Viv' viens voir ça ...

Vivian s'approcha et regarda l'ordinateur de Martin avec une sorte de regard à la fois impatient et inquiet.

Vivian : Quoi ?
Martin : Leur gamin, à Elena et Danny, il a un casier !

Vivian soupira.

Vivian : A 17 ans ? Pauvre gamin
Martin : Il a bu de l'alcool à la sortie du lycée sous le nez des flics
Vivian : Ca c'est débile !
Martin : Oh oui ! Tu peux passer un coup de fil à ses parents le temps que j'aille chercher deux cafés ?

Vivian esquissa un sourire

Vivian : Sans problème !


A l'instant où Martin revint, Vivian raccrocha.

Vivian : ils ne répondent pas.

Martin posa les deux cafés encore brûlants sur la table et se r'assit à son bureau.

Martin : Quelle heure il est ?

Vivian jeta un rapide coup d'½il à sa montre

Vivian : 20h30
Martin : Ok parce que je pensais ren ...

Sa phrase fut coupée par un violent bruit sourd qui résonna dans ses oreilles. Vivian regarda autour d'elle et aperçu Samantha, nouvellement arrivée, un gros sac de papiers qui avait visiblement été lancé sur son bureau. La jeune femme semblait ostensiblement énervée. Martin jugea qu'il était bon de quitter la salle.

Martin (regardant Samantha) : Bon je crois que je ferais mieux de vous laisser entre filles...

Samantha se retourna violemment vers ses deux collègues remarquant soudain leur présence.

Samantha (gênée) : Désolée je ne vous avais pas vu ...

Martin réprima un « oui bah ça on avait remarqué » qui aurait peut être été déplacé étant donné les circonstances. Il savait ce qui était arrivé à Samantha le matin même mais réprimer sa jalousie alors qu'elle avait passé la journée avec Jack lui était tout autant difficile. Il préféra donc suivre l'initiative qu'il avait prit au départ qui était de rentrer chez lui faute d'avancées nouvelles sur l'affaire. Il s'excusa donc auprès de Samantha et Vivian bien qu'elles n'y aient pas prêté énormément d'attention. Une fois qu'il eu quitté la salle, Vivian s'approcha du bureau de Samantha et s'assit à côté d'elle.

Vivian : Ca va ?
Samantha (énervée) : Oui ça va, oui !
Vivian : Ecoutes je ...

Samantha lui jeta un regard implorant

Samantha : Viv', s'il te plait, rentre chez toi j'ai besoin d'être seule !

Sans savoir pourquoi, Vivian décida que la bonne idée à adopter était d'obéïr.

Vivian : Ok de toute façon moi aussi je dois y aller ... A demain ...

Samantha esquissa un sourire

Samantha : Merci ... A demain.

Vivian sortit alors de la salle laissant la jeune femme seule avec une pile de relevés téléphoniques à étudier.



Chapitre 4 : As If


Open space du FBI
Disparue depuis 25 heures

Samantha avait passé la nuit au bureau. Trier des relevés téléphoniques n'était pas habituellement unes de ses activités favorites, mais elle avait pensé en venant là la veille, l'espace d'un petit instant, que cela lui aurait au moins changé les idées. Mais elle avait visiblement eu tort car, au matin, ses pensées étaient encore plus embrouillées. Elle avait alors essayé de se souvenir désespérément des évènement de la nuit passée, mais son esprit bloquait encore au moment où elle entrait dans ce fichu bar. Son esprit avait donc erré pendant des heures avant de s'arrêter enfin sur Jack, au matin, lorsque Martin entra dans la salle. Le c½ur de Samantha se mit alors à battre à tout rompre, de peur qu'il lui pose des questions sur sa mauvaise humeur de la veille, mais le jeune homme n'en fit rien. Il ne regarda même pas et passa son chemin devant-elle avant d'aller chercher son habituel café. Samantha ne savait vraiment si c'était une bonne chose ou pas, elle aurait bien aimé redevenir ami avec lui mais elle avait apprit au dépends de leur amitié que faire souffrir quelqu'un qui aime n'était pas forcément la meilleure chose à faire. Quant à Danny et Elena ils étaient arrivés l'un derrière l'autre comme si de rien était mais Samantha n'était pas dupe. En effet, pour avoir répété l'opération un million de fois avec Jack, elle savait très bien que le fait d'arriver avec 5 minutes d'intervalle ne changeait absolument rien au fait que deux personnes avaient, ou non passé la nuit ensemble. Vivian, elle, était arrivée la dernière, un gros quart d'heure avant Jack et pour une fois, ce fut elle qui réveilla tout le monde. Jack arriva donc dans un open-space plein de joie de vivre, prêt à faire le point sur ce début de journée.

Jack : Salut tout le monde ! J'espère que vous avez bien dormit ?

Jack balaya alors la salle du regard. Voyant de larges cernes sous les yeux de Samantha qui avait tant bien que mal essayé de les cacher avec du font de teint, il conclu qu'elle n'avait, comme il l'avait prédit, pas fermé l'½il de la nuit.

Jack (regardant fixement Samantha) : J'espère que vous avez trouvé quelque chose ...
Samantha (essayant de paraître naturelle) : J'ai étudié les relevés de téléphone de la gamine plus en détail, il y a un numéro qui revient souvent (elle regarda rapidement dans ses papiers) .... Cédric Masson

Jack regarda Elena et Danny d'un air interrogateur.

Elena : C'est le type dont la copine d'Elisabeth nous a parlé ...

Martin lui coupa la parole.

Martin : ... Et il a un casier
Jack : Pourquoi ?
Vivian : Trouble à l'ordre public, il buvait de la bière avec ses copains sous le nez des policiers...
Jack : Mouais ... Pas très malin quoi ... Vous avez essayé d'appeler ses parents ? Il n'est pas venu en cours hier, non ?
Martin : Non ... On a essayé de les contacter hier soir mais pas de réponse...
Jack : Bon très bien ... Danny et Martin, trouvez les moi ... Allez chez eux s'ils le faut mais il faut que je leur parle et que je parle à leur fils, Elena, retourne au lycée essaye de savoir pourquoi si la copine affirme encore qu'ils ne se connaissaient pas plus que ça, Masson apparaît autant dans ses relevés téléphoniques, Vivian je vais passer un coup de fil et je te rejoins au parking, on va aller voir dans le voisinage si quelqu'un aurait vu quelque chose d'intéressant, je ne crois pas à la petite vie bien tranquille des parents.

Les cinq jeunes agents acquiescèrent d'un léger signe de tête et quittèrent petit à petit la salle prenant leurs manteaux respectifs un à un. Jack se retourna une fois assuré du départ de tout le monde et commença à partir vers son bureau quand Samantha l'interpella, légèrement énervée.

Samantha : Et moi dans l'histoire ?
Jack : Ah oui ! Etudies les relevés de carte bancaire des Bourne et leurs relevés téléphoniques aussi ...

Jack se retourna à nouveau comme si de rien était et recommença à partir.

Samantha (un peu révoltée) : Jack !
Jack (se retournant à nouveau) : Quoi ?
Samantha : Tu me consignes ici à étudier des relevés si j'ai bien compris ?
Jack (ironique) : C'est que tu es intelligente pour une blonde dis donc...

Tout à coup, la voix rouillée du père de Jack resurgit tout à coup dans la tête de Samantha, ainsi que cette horrible sensation de mal aise qui l'avait suivie : « J'ai toujours préféré les blondes .... Jack aussi d'ailleurs ... ». L'image s'effaça pour retourner subitement à la réalité. Samantha esquissa alors un léger sourire narquois à Jack avant de le laisser continuer.

Jack : Non, sérieusement, de toute façon, ce n'est pas comme si tu avais fait ça toute la nuit ...

Samantha se mordit la lèvre, regrettant tout à coup d'avoir cru qu'une simple touche d'anti-cernes pouvait remplacer une nuit complète de sommeil.

La jeune femme devint tout à coup morose et réorienta ses yeux vers la pile de papiers déposée sur son bureau. Jack la regarda un moment et sentit qu'elle avait besoin qu'on la rassure. Il s'approcha donc d'elle, et, après être resté un petit moment derrière elle sans bouger, il passa doucement une de ses mains sur son épaule, repoussant ainsi d'un petit geste ses longs cheveux blonds vers son autre épaule. Il remonta ensuite très lentement dans son cou et posa sa main tendrement sur sa joue. Jack fit alors tourner la chaise de la jeune femme et regarda profondément le fond de ses yeux qui, à la lumière du soleil, avaient viré au vert. Il murmura alors quelques mots, à l'attention de Samantha, des mots que seule elle pouvait entendre.

Jack : Ca va aller ok ? Tu verras, on s'en sortira.

Samantha cru que son c½ur allait s'arrêter de battre tellement il battait lentement à présent. Le simple fait de le voir là, en face d'elle, au lieu d'être avec Vivian qui devait commencer à trouver le temps long, l'avait tout simplement apaisée au plus profond d'elle-même. Ces mots, « on s'en sortira », résonnaient encore dans sa tête comme s'ils venaient tout juste d'être dits. « On s'en sortira », pourquoi « on » ? Pourquoi « nous » ? Jack n'avait rien avoir là dedans et pourtant il avait dit nous. Etait-elle aussi importante à ses yeux ?
Il relâcha son étreinte contre la joue de la jeune femme et ce ne fut qu'à ce moment là qu'elle réalisa que son téléphone sonnait depuis un petit moment et qu'il n'avait pas répondu afin de rester, ne serait-ce qu'un petit instant, avec elle. Mais à présent, ils étaient tout deux revenus à la réalité ; dans cette réalité où le téléphone de Jack sonnait depuis au moins une minute, où le bureau était encore et toujours en effervescence, où elle était la principale suspecte dans une enquête policière et enfin dans cette réalité où, en toute circonstance, poser, ne serait-ce qu'une main sur sa joue, aurait été un crime.



Chapitre 5 : It's not Over


Lycée Ste Helen
Disparue depuis 27 heures

Elena : Sandra, arrête un peu de me raconter des histoires tu veux ? Je sais que tu m'as mentit la dernière fois qu'on s'est vues. On a étudié les relevés téléphoniques de ta copine et devines quoi ? Elle appelait Cédric au moins une fois par jour alors arrête de me dire qu'elle ne le connaissait pas parce que là, tu me prends pour une idiote et franchement c'est le genre de truc que j'apprécie pas trop !
Sandra : Ok, ok c'est bon calmez vous, je vais tout vous dire !

Elena regarda sa montre

Elena : Dépêches toi tu sais j'ai pas toute la nuit non plus !
Sandra (légèrement apeurée): Elis' sortait avec Cédric

Elena sembla tout à coup s'intéresser un peu plus à ce que la jeune fille disait.

Elena : Depuis combien de temps ?
Sandra : Un ou deux mois je ne sais pas trop ...

Elena gribouilla tout à coup quelques notes sur son calepin avant de continuer à la questionner.

Elena : Et je peux savoir pourquoi tu ne m'as pas dit ça avant ? Attention la raison a intérêt à être plus que valable
Sandra : Bah elle voulait que personne ne le sache

La jeune agent soupira. Ces histoires de loyauté entre amies lui taper sur les nerfs. Dans toutes ces affaires c'était pareil. Mais pourquoi aucunes de ces petites lycéennes ne voulait comprendre que toute information, même protégée par les lois de l'amitié, valait le coup d'être divulguée à la police en cas de disparition ?

Elena (un brin énervée) : Pourquoi, c'était quoi le problème cette fois-ci ?

La jeune fille, qui paraissait assez surprise la réaction d'Elena, adressa alors un long regard interrogateur à celle-ci avant de répondre finalement à sa question.

Sandra : Bah ... On va dire que Sandra n'est pas vraiment super populaire contrairement à Cédric ... Donc si leur relation était venue à se savoir Cédric aurait perdu beaucoup de choses donc ....
Elena : Huh unh ....



Open Space du F.B.I


« You have a new message from 'Jack' »

Samantha venait tout juste d'assister au retour de Jack et Vivian lorsque son ordinateur la bipa et elle se demanda donc ce que Jack pouvait encore lui vouloir. Il lui avait pourtant tout raconté sur sa visite dans les beaux quartiers de New York : « les parents d'Elisabeth leur avaient menti et une voisine avait même failli appeler la police tellement leur fréquentes disputes l'empêchaient de dormir. »
Elle ouvrit donc le message de Jack avec une certaine appréhension dans le regard.

« Tu va avoir de la visite .... Dana vient de m'appeler pour me dire que deux inspecteurs de la NYPD montaient »

Samantha sentit son rythme cardiaque s'accélérer progressivement à la lecture du message et se retourna ensuite vers son expéditeur, toujours logé dans son bureau, qui lui répondit d'un petit sourire amical. La jeune femme passa alors les deux minutes suivantes à se demander ce qu'on pouvait bien lui vouloir. Ils ne venaient tout de même pas l'arrêter !?


Chapitre 6 : In the end (What does really matter)

Quelques secondes plus tard, ces deux policiers de la NYPD étaient là, juste là, devant ses yeux et ils lui demandaient de leur montrer un pièce où ils pourraient lui parler plus calmement. Ils étaient deux, une fille inconnue et l'agent Lorenzo qu'elle avait rencontré la veille. Samantha les mena sans vraiment réfléchir vers une des nombreuses salles qui étaient réservées à l'accueil des victimes ou de leurs parents. Elle sentit le regard de Jack dans son dos jusqu'à ce qu'elle ait passé l'angle du couloir. C'était une sensation très agréable quoique très étrange. Elle sentit une sorte de peur monter en elle et lorsqu'elle ouvrit la porte de la petite salle dans laquelle, elle avait décidé de les emmener, il faisait chaud, très chaud, trop chaud, à l'intérieur, aussi chaud que dans cette librairie où elle n'avait plus jamais mit les pieds depuis l'incident, aussi chaud que lorsqu'elle était avec Jack dans sa chambre et qu'elle avait l'impression que l'air lui-même était en feu. Etait-ce le stress qui provoquait cette sensation chez elle, ou plutôt le fait que Jack la regarde, peu importe à travers quoi ?

Lorenzo : Agent Spade ?

Elle sursauta et cru qu'elle allait soudainement tomber du canapé où elle était installée.

Lorenzo : Vous avez écouté ce que je viens de dire ?

Il avait l'air légèrement énervé.

Samantha : Oui ... Enfin, heu, non, je ...
Lorenzo : Je vous présentais l'agent Miller ....

La jeune femme brune arrivée avec lui, tendit une main à Samantha que celle-ci serra sans faire de difficultés, d'un air pourtant inconscient et distant. Paraître froide, sa meilleure option. Elle ferma les yeux un court instant, histoire de revenir à l'instant présent et oublier le regard de Jack qui pesait encore sur ces épaules.

Samantha (impatiente) : Oui bah voila je vous écoute, qu'est ce qu'il y a ?

Les deux policiers échangèrent un court regard entre eux, comme si elle était assez idiote pour ne pas comprendre que quelque chose n'allait pas.

Lorenzo : On a reçu vos résultats d'analyse.

Samantha sentit son sang se glacer dans ses veines. Elle n'était plus tout à fait sûre à présent de vouloir ces résultats vu la tête qu'il tirait mais elle lui fit tout de même signe de continuer.

Lorenzo : Les médecins ont retrouvé des traces de GHB dans votre organisme...

Samantha ferma les yeux un court instant. « GHB = viol » pensa t-elle, l'infirmière lui avait pourtant dit que les tests de viols étaient négatifs...

Lorenzo : ... Mais les tests de viol, comme on vous l'a sûrement dit, sont négatifs.

Samantha retint un soupir de soulagement. L'espace d'une minute, elle avait eu peur.

Miller : On peut donc en conclure que vous avez bien été attaquée mais que l'homme qui l'a fait n'a pas eu le temps de parvenir à ses fins.

La jeune femme venait de faire son entrée en scène. Elle avait une voix douce, gracieuse, à l'image de son physique d'ailleurs. « N'a pas eu le temps de parvenir à ses fins ... », Samantha médita un court instant sur cette phrase, essayant d'analyser la phrase de l'agent comme celle d'un suspect potentiel. La tournure même de la phrase était étrange. Cela cachait quelque chose, cette petite inspectrice avait de la suite dans les idées.

Samantha : Oui... D'accord ....
Miller (tendant une photo à Samantha) : Connaissez vous cette personne ? Son nom est Vince Mahern

Cette question, elle l'avait posé tant de fois dans sa carrière qu'elle savait exactement ce que ça voulait dire. « Connaissez vous untel ? » Cela voulez dire « vous devriez le connaître puisque vous lui avez fait quelque chose ». Elle ne savait pas quoi. Elle ne se souvenait pas quoi. Elle était même sûre de ne rien lui avoir fait.

Samantha (jetant un bref regard à la photo) : Non, je devrais ?
Lorenzo (avançant sa chaise vers elle) : Je sais pas, regardez la photo plus attentivement s'il vous plait mademoiselle ...

Samantha s'exécuta et examina la photo plus attentivement. L'homme était un brun teint en blond, une quarantaine d'années, les yeux bruns, plutôt grand d'après la photo, plus grand qu'elle en tout cas.

Samantha : Non je suis désolée... Vraiment... Qu'est ce qu'il a à voir avec moi ?
Lorenzo : Il a été retrouvé mort à deux pâtés de maisons de chez vous, une balle de 9 millimètres dans l'épaule.

Le sang de Samantha ne fit qu'un tour. « 9 mm = police », elle-même avait un 9 mm, juste là, à sa ceinture.

Samantha (mal à l'aise) : Je suis désolée, je ne comprends pas vraiment ...
Lorenzo : Ecoutez moi agent Spade... Vous savez vous-même qu'une amnésie ne peut pas être prouvée et qu'elle est souvent la parade pour de nombreux criminels, et vous savez aussi que c'est pas parce que vous avez été droguée qu'on va vous croire alors ...

Samantha venait de comprendre où les deux collègues voulaient en venir et ces insinuations ne lui plaisaient pas du tout. Elle aurait tout donné pour se souvenir des évènements qui concernaient cette nuit là. Oui tout, vraiment tout. Mais c'était hors de sa portée alors maintenant elle allait devoir faire sans. En attendant, elle était sûre qu'elle n'avait pas tué ce type car elle se connaissait, même bourrée et même droguée elle était incapable de tuer quelqu'un sans raison.

Samantha (le plus calmement possible): Non, vous écoutez moi agent Lorenzo, je sais que je n'ai rien fait à cet homme et je sais que je ne tue pas les gens et que je ne me drogue pas moi-même quand bon me semble ! Alors vous dites que j'ai tué ce type, très bien ! A ce moment là, si vous pouvez prouver ce que vous dites très bien, arrêtez moi ! (Elle lui tendit ses poignets) Mais ne venez pas ici pour faire des insinuations contre lesquelles je ne peux pas me défendre étant donné que je ne me souviens de rien. Je suis amnésique et je n'ai pas que ça à faire de prétendre que je ne le suis pas. S'il y avait autre chose j'en aurais informé la police. Nous sommes du même camp agent Lorenzo.

L'homme et sa collègue se levèrent tout à coup de leurs chaises comme satisfaits de ce que Samantha venait de leur « cracher à la figure ».

Lorenzo : Donnez moi votre arme
Samantha : Je vous demande pardon ?
Lorenzo : Oh je crois que vous avez très bien comprit. On va faire comparer les balles à celle trouvée dans le corps de Mahern.

Samantha se leva et comprit qu'elle ne pouvait rien faire à présent contre Lorenzo. Elle sentit tout de même de la colère monter en elle pendant qu'elle décrochait son arme de sa ceinture. Elle la tendit à Miller qui esquissa un sourire. Sans un mot de plus, elle raccompagna les deux agents à la porte. Lorenzo sortit le dernier et lui glissa quelques mots avant de partir.

Lorenzo (chuchotant) : Si les balles correspondent, vous pouvez être sûre que je viendrais avec des preuves la prochaine fois... Je sais que vous me mentez... Et je déteste les filles dans votre genre.

Samantha lui lança un regard de défi et sortit derrière lui. Elle se dirigea, sans lui adresser un autre regard, vers l'open-space, encore pleine de rage et découvrit Jack qui l'attendait à l'entrée de son bureau. Elle voulu faire semblant de ne pas l'avoir vu mais l'opération fut un échec et deux minutes après elle était dans son bureau en train de parler de ce que les flics lui voulaient.

Jack : Qu'est-ce qu'ils voulaient ?
Samantha (encore énervée) : Rien
Jack : Rien ? Ah oui ? Alors explique moi pourquoi tu n'as plus ton arme ?
Samantha : C'est une conversation ou un interrogatoire ? Parce que dis le moi il faut que je prévienne mon avocat !

Il avait remarqué... On ne pouvait décidément rien lui cacher. En voyant le regard que Jack posait sur elle, elle se demanda immédiatement pourquoi elle avait dit ça puis la réponse vint toute seule à sa conscience : il était toujours là au mauvais moment.

Jack : Sam !

Elle se retourna.

Samantha : Quoi ?
Jack : Je dois savoir ce qu'ils t'ont dit, je dois savoir si tu es suspendue, je ...
Samantha : ... Je ne suis pas suspendue. Ca te va ?
Jack : Non ! Dis moi ce qu'ils te voulaient à la fin ! Et je n'ai pas vraiment l'intention de te supplier pendant des heures ! Je suis ton patron j'ai le droit de savoir !
Samantha (amusée) : Mon patron ?

Bon d'accord, se disputer avec Jack maintenant n'était pas forcément la meilleure chose à faire à l'heure actuelle mais peut être que le moment était enfin arrivé de s'expliquer un bonne fois pour toute non ? Il l'avait en quelque sorte cherchée en commençant à l'interroger comme une suspecte. Il l'avait cherchée, et bien il allait la trouver s'il continuait son manège comme ça.
Jack quant à lui baissa son regard vers le sien, sachant très bien ce qu'il faisait. Il ne l'avait pas provoquée, elle s'était comme à son habitude provoquée toute seule. Peut être était venu le temps qu'elle se regarde enfin dans une glace et peut être que c'était lui qui devait lui montrer son reflet.

Jack : Tu sais que je te crois Sam ?
Samantha : Tu me crois ?

Il acquiesça doucement.

Samantha (de plus en plus énervée) : Alors laisse moi te dire quelque chose et après je peux te jurer que ça changera ! Tu sais ce qu'ils viennent juste de me dire ces satanés flics ? Que mes analyses révélaient du GHB hier et devine quoi ? Ils ont aussi retrouvé un macabé dont j'ai déjà oublié le nom à deux pâtés de maison de chez moi, mort d'une balle de 9 mm dans l'épaule ! Voila pourquoi j'ai pas mon arme Jack !
Jack : Ok
Samantha : Ok quoi ? C'est tout ce que tu trouves à dire ? « Ok » ?
Jack : Tu penses que tu lui a fait quelque chose ?
Samantha : Quelle importance puisque les flics le croient ?
Jack : Tu crois que tu lui a fait quelque chose toi ?
Samantha : Non, bien sûr que non !
Jack : Alors moi non plus
Samantha : Tu me crois toujours alors ?
Jack : Oui, Sam... Oui. Je veux t'aider d'accord et je ferais tout ce que je peux pour le faire. Si tu n'as pas tué ce mec alors tu ne l'as pas tué !

Son calme exaspérait la jeune femme. Elle le provoquait et il ne faisait rien. Elle cherchait "la merde" et il ne disait rien. C'était complètement stupide ce qu'elle était en train de faire et elle le savait. Jack était sûrement son meilleur allié dans cette affaire, le seul qui ne la laisserait pas tomber et elle, elle était en train de foutre tout ça en l'air pour son putain d'ego surdimensionné. Mais elle avait besoin de passer ses nerfs et comme d'habitude, Jack était là au mauvais endroit, au mauvais moment.

Samantha : Bah c'est bizarre tu vois parce que t'es bien le seul ! Peut être je devrais coucher avec ce flic, comme ça il me croirait !

A partir de ce moment là, Samantha se sentit comme spectatrice de la scène. Ce n'était plus vraiment elle qui parlait, c'était plutôt son fort intérieur qui avait accumulé toute sa haine pour Jack et oublié tout l'amour qu'elle lui portait
Là, c'était vraiment le chercher, s'il ne craquait pas, ce n'était pas Jack.

Jack (s'énervant légèrement): Sam... Ne dis pas ça et calme toi s'il te plait. Tu sais que ça n'a rien à voir avec nous...
Samantha : Qu'est ce qui n'a pas à voir avec nous Jack ?

Cette question, elle rêvait de lui la poser depuis un sacré bout de temps maintenant. Tout avait un rapport avec eux depuis 6 ans, tout, vraiment tout avait un rapport avec eux. Tous leurs mots, tous leurs gestes avaient un rapport avec eux. Tous leurs regards, tous leurs sourires avaient un rapport avec eux. Tout, tout parce que eux, pour elle, c'était finalement tout.
Jack quant à lui répondit par des phrases qui sortirent de sa bouche sans qu'il n'ait pu y réfléchir. C'était bien dommage d'ailleurs. Il s'énerva et lui dit tout ce qu'il pensait d'elle depuis si longtemps qu'il ne s'en souvenait même plus. Il aurait pu y mettre plus de tact et plus de forme. Il aurait y mettre plus de tact et plus de forme. Mais ça, ça lui était impossible parce qu'il voulait qu'elle se rende compte de ce qu'elle était devenue, comme lui l'avait réalisé grâce à ce rêve qu'il n'oublierait jamais, ce rêve qu'il avait fait quelques années auparavant.

Jack : Ca Sam ! Ce qui t'arrive ! Ca n'a aucun rapport avec nous, ça a un rapport avec toi ! Tout a un rapport avec toi ! Ca à un rapport avec le fait que, comme on dit entre nous, tu l'as bien cherché ! Ca à un rapport avec le fait que hier matin, je suis sûr que tu n'as même pas été étonnée quand tu t'es réveillée avec l'impression d'avoir prit une grosse cuite ! Ca à un rapport avec le fait si tu étais enceinte tu ne saurais même pas de qui le bébé serait ! Ca à un rapport avec le fait que tu ne parles jamais à personne de ce que tu ressens mais que tu espères que quelqu'un viendra quand même te sauver ! Ca à un rapport avec le fait qu'il faut que tu arrêtes d'être aussi dédaigneuse envers les gens qui s'attachent à toi et qui ne veulent que ton bien ! Ca a un rapport avec le fait que ce n'est plus une question de toi et moi mais que c'est un problème qui te concerne et je crois que tant que tu ne te seras pas rendu compte de tout ce qui ne va pas dans ta vie, un futur nous n'est même pas envisageable ! Ca à un rapport avec le fait que je ne te déteste pas Sam, personne ne te déteste et personne ne veut ton malheur ! C'est toi qui compliques tout ! Ca à aussi un rapport avec le fait que te transformer en pétasse n'était pas forcément ....

CLAC ! S'en était trop et sa main était partie valdinguer tout droit sur la joue du seul homme qu'elle aimait plus que tout au monde sans qu'elle ait pu réfléchir un instant de plus. Son dernier mot n'était pas bien passé aux oreilles de la jeune femme. Il aurait dû le retirer. Ce faire traiter de pétasse par quelqu'un n'était pas agréable, se faire traiter de pétasse par un ami n'était vraiment pas agréable mais se faire traiter de pétasse par Jack c'était ....
Samantha recula de quelques pas en arrière, encore sous le choc de ce qu'il venait de dire, et de ce qu'elle venait de faire. Elle ferma les yeux, espérant se réveiller et se rendre compte que tout cela n'était qu'un cauchemar, mais lorsqu'elle rouvrit ses yeux bruns, ce fut toujours le même Jack qu'elle vit en face d'elle, la joue rouge et les yeux humides tandis que de grosses larmes roulaient doucement sur ses propres joues. Elle se foutait complètement du fait que son mascara devait être en train de dégouliner lui aussi, elle se foutait totalement du fait que le bureau de Jack donnait directement sur l'open-space et que 90% des agents de son service devaient être en train de les dévisager en ce moment derrière la vitre, seuls résonnaient encore les mots que Jack venait de lui dire, elle était plus blessée qu'elle ne l'avait jamais été. Il faisait froid, très froid, trop froid dans son coeur maintenant. Elle regarda Jack une dernière fois comme glacée par le pouvoir de ses mots et se rua hors de son bureau sentant encore et toujours le regard de tout l'open-space la suivre jusqu'à ce qu'elle ait tourné l'angle du couloir.
Elle descendit jusqu'au parking, démarra sa voiture et conduit sans réfléchir jusqu'à ce qu'elle s'arrête enfin à un endroit où elle n'aurait jamais pensé revenir.






Chapitre 7 : Die Another Day

Rien avait changé, la grande place devant la boutique, la bouche de métro toute proche, la foule de New-yorkais qui marchaient tout autour, l'odeur du bitume, l'inscription à l'extérieur du magasin : « Table of Contents ». Elle ne savait même pas pourquoi ni comment elle était arrivée là. Elle savait juste qu'elle avait garé sa voiture un peu plus loin dans une ruelle, et avait marché jusqu'ici. Pourquoi ? Elle aurait très bien pu partir, partir tant qu'il en était encore temps, tant que sa raison tenait encore une certaine place importante dans se tête mais non, elle, elle était là, elle n'était pas parti, tout simplement parce qu'elle ne devait pas partir. Non pas qu'ici se soit la source de tous ses problèmes, bien au contraire, mais elle avait un certain attachement à cette librairie. Cela dit, elle le savait, la source de ses problèmes s'appelait Jack. Un simple mot à quatre lettres qui résonnait seul dans sa tête. Jack, Jack, Jack.... Une sorte d'écho s'était formée au fil des ans. Elle avait prit l'habitude. L'habitude qu'il la touche, qu'elle le touche, qu'ils se touchent et qu'ils se parlent toute la journée tout en prétendant que rien ne s'était jamais passé. Il lui avait gentiment posé la question après leur rupture : « est-ce que tu veux que je fasse une demande de mutation appuyée vers un autre service pour que tu n'ai plus à faire à moi ? Elle avait bien sûr répondu non. Sinon elle n'en serait pas là. Elle n'en serait pas là parce qu'elle n'aurait pas eu d'ennuis avec la NYPD et elle n'aurait donc, de ce fait, jamais levé la main sur Jack.
Elle avança encore légèrement et poussa la porte de la librairie. Encore une fois, rien n'avait changé. La peinture sur les murs, la disposition des meubles, celle des livres, tout était identique depuis cinq ans. Cinq ans. Que le temps passait vite quelques fois. Seule la moquette avait changé, elle venait de le remarquer. Peut être parce qu'elle était gorgée de sang à l'époque, gorgée de son propre sang. Elle fit encore quelques pas jusqu'au comptoir. Les images revenaient petit à petit, les cris des autres otages, les crises de nerfs de Barry, puis aussi, ses propres larmes versées lorsqu'elle était allongée sur le sol avec un énorme trou dans la cuisse. « La blessure physique guérit toujours plus vite que la blessure morale » lui avait dit le docteur Harris lors de l'un de leurs premiers rendez-vous. Maintenant celle-ci, elle aussi, avait cicatrisé, cela avait été long, mais elle avait cicatrisé. Les remords avaient fait place aux souvenirs pour qu'eux aussi s'effacent enfin et ne réapparaissent que maintenant. Elle était surprise que son c½ur ne batte pas si vite que ça finalement, lui aussi avait-il oublié ?

Gérant : Excusez moi... Je peux vous aider ?

Samantha sursauta et se tourna lentement vers son interlocuteur, revenant peu à peu à la réalité.

Gérant : Oh mon dieu ! Samantha ... Spade c'est ça ?

Samantha, elle aussi, l'avait reconnu. « Ted ». Impossible par contre de se souvenir de son nom de famille. Ca lui revenait à présent, il était là ce jour là lui aussi, c'était le gérant du magasin. Elle acquiesça doucement.

Ted : Je m'appelle ...
Samantha : ... Ted, oui je me souviens...
Ted : Que faites-vous ici ?
Samantha : Qu'est-ce que vous faites ici ? Je pensais que vous auriez vendu après... Ce qui s'est passé
Ted : En effet, j'ai vendu juste après. Mais un jour, il y a deux ans de ça, je suis repassé par ici alors que je venais juste de perdre mon boulot et j'ai vu que la librairie était de nouveau à vendre. Je me suis dit, que les catastrophes n'arrivaient jamais deux fois au même endroit donc j'ai racheté la boutique ....

Elle avait l'air, surprise et elle l'était réellement. Elle n'avait plus remit les pieds dans cette librairie depuis toutes ces années et lui était resté à travailler comme si rien ne s'était passé. Etait-il jeune et inconscient ou complètement fou ? Une simple balle pouvait vraiment changer beaucoup de choses.

Samantha : Oh c'est...

Elle venait d'apercevoir un cadre avec un papier pour le moins singulier logé et conservé précieusement à l'intérieur. Elle s'approcha et lu à haute voix le texte imprimé d'une écriture très fine.

Samantha : « Merci aux Agents du FBI Spade et Malone pour nous avoir aidé à sortir de là »

Elle baissa lentement les yeux et vit qu'un petite dizaine de signatures étaient accolées au papier : Ted, Fran, Libby...

Samantha : ... Gentil

Elle se contenta ensuite de sourire au jeune homme mais dans le fond elle était vraiment touchée. Elle s'était prit une balle pour les défendre ce jour là, et ils ne l'avaient pas oublié. Elle regarda ensuite enfin autour d'elle et vit de nouveaux visages, auxquels elle n'avait pas fait attention. Une mère et sa fille, un homme d'une cinquantaine d'années, une jeune femme qui avait à peu près son age... Tous étaient plongés dans leurs livres respectifs set n'avaient même pas remarqué son arrivée. Elle se retourna vers Ted à nouveau qui lui adressa une nouvelle fois la parole.

Ted : Alors vous, qu'est ce que vous faites là ?

Samantha sentit alors la panique grandir en elle au fur et à mesure qu'elle observait ses visages innocents. Comme la dernière fois, tous innocents et pourtant tous marqués à vie à cause d'un simple cinglé qui voulait à tout prix récupérer sa femme. Que faisait-elle là exactement ? Différentes images se succédèrent alors dans sa tête, la dernière étant bien sûr sa propre main valdinguant sur la joue de Jack. Sans savoir très bien pourquoi, elle se sentit tout à coup très mal à l'aise et la seule chose qu'elle voulait à présent c'était sortir de cet endroit.

Samantha : Ecoutez je vais pas vous déranger, je ... Je vais y aller...

Elle se retourna mais le jeune homme la rattrapa.

Ted : Vous voulez qu'on aille prendre un pot en face ? Le café est très bien vous savez ?

Il insistait et elle avait sérieusement besoin de se changer les idées. Le tout était de partir de cette pièce dans laquelle elle n'aurait jamais remettre les pieds.

Samantha : D'accord mais vous n'allez pas fermer boutique pour moi ?
Ted : Je ferme à 5 heures et il est déjà 4h30....


Chapitre 8 : Can't stop loving you

Elena : Jack ? Tu es sûr que le père d'Elisabeth t'a tout dit ?

Il jeta un léger regard à Vivian puis se retourna vers la jeune femme.

Jack : Je pense oui ... On l'a déjà interroger deux fois et sa fille a disparu. Je pense qu'il n'aurait pas beaucoup d'intérêt à mentir encore à part s'il a lui-même enlevé sa fille. Pourquoi ?
Elena : Bah je ne sais pas mais viens voir ça ...

Jack se rapprocha légèrement d'Elena. Il plongea alors les yeux vers l'écran de sa subordonnée et aperçu des relevés bancaires, appartenant apparemment au père de la victime. Samantha avait déjà étudié ces relevés. Il le savait, il lui avait lui-même demandé de le faire. Pourquoi Elena était-elle encore plongée là-dessus ?

Jack : Tu sais, Sam a déjà étudié tout ça
Elena (sèchement) : Oui bah peut être qu'elle a fait une erreur ....

Jack se retourna vers elle et lui jeta un regard donc elle se souviendrait toute sa vie. Ce n'était pas vraiment le moment de critiquer Samantha. Mais Jack se retint de répliquer et passa à autre chose. Après tout, si Samantha avait fait une erreur, c'était de sa faute, il n'aurait jamais du la laisser bosser en l'état actuel des choses.

Jack : Qu'est-ce que tu as trouvé ?
Elena : Un compte qui est uniquement au nom du père et dont toutes les factures sont envoyées à son bureau uniquement...
Jack : Et ? Ca prouve quoi, ce n'est pas pour ça qu'il nous a menti, ils étaient en mauvais termes avec sa femme, il avait peut être peur qu'elle divorce ?
Elena : Jack... Toutes les dépenses ont été faites dans des restaurants ou des hôtels et il y a aussi quelques achats dans une bijouterie et datent d'il y a plus d'un an....
Vivian : C'est vrai que sa femme n'a pas voulu me dire pourquoi ils se disputaient tout le temps... Il était peut être infidèle ...

Ces histoires d'infidélités lui rappelaient tout le temps la sienne. Il ne pouvait pas dire qu'il regrettait le temps qu'il avait passé à aimer Samantha. Parce qu'il ne prenait jamais une seule décision à la légère et qu'il croyait au destin. Il ne croyait pas aux coïncidences et à toutes ces histoires de carma mais il croyait au destin. Il avait été obligé d'accepter qu'il ne pouvait absolument rien contre tout ce qui se passait dans le monde dans lequel il vivait. Ni le bien, ni le mal...

Flash Back

Samantha : Hey ...

Il sourit timidement.

Jack : Hey ...
Samantha : Tu ne devais pas être avec Maria ce soir ?
Jack : On s'est encore disputés

Jack vit qu'elle avait la correction d'essayer tant bien que mal de lui cacher l'immense sentiment de joie qui l'envahissait. Elle n'était vraiment pas douée pour mentir mais il trouvait ça si séduisant, qu'il faisait semblant d'y croire. Et puis, au fond de lui, il savait qu'elle avait de la peine pour lui et pour Maria mais il savait aussi que pour elle une dispute pouvait être une bonne nouvelle.

Samantha (essayant de cacher un petit sourire) : Oh...
Jack (rigolant) : Sam, surtout : caches ta joie !

Samantha éclata de rire. Il aimait tellement ce sourire, plein d'espoir et de gentillesse à la fois, mais qui paraissait pourtant si fragile. Il adorait aussi le son de sa voix, la couleur de ses yeux, ses longs cheveux blonds qui descendaient en cascade jusqu'à sa poitrine, son regard, son intelligence, son charisme, la façon qu'elle avait de le toucher quand ils n'étaient que tous les deux ; c'était pour toutes ces raisons qu'il l'avait embrassé la première fois, puis aimée la seconde et qu'il avait finalement accepté de risquer son mariage pour ces rares moments d'intimité pendant lesquels il était le roi et elle la reine.

Elle s'avança lentement vers son bureau, lui laissant le temps de la déshabiller du regard ... Il savait exactement ce qu'il devait faire ce soir là. Mais il savait aussi ce qu'il voulait faire. Il ne voulait pas essayer de réparer les choses avec Maria, pas ce soir là en tout cas.

Vivian (voix off) : Jack ? On fait quoi alors ?

Fin du Flash Back


Il avait un grand sourire béat affiché sur son visage et elle devait sérieusement se demander à quoi il pensait mais honnêtement il s'en foutait. Il se souvenait de chaque moment, de chaque sourire qu'il avait échangé avec Samantha et il se souvenait aussi de chaque sentiment qu'il avait éprouvé envers elle depuis la première fois où ils s'étaient embrassés. Mais à présent, les choses avaient changé. Elle n'était plus la même et il n'était plus le même non plus. Les pages du livre de la vie avaient tourné et leur histoire c'était envolée en fumée.
Il se tourna à nouveau vers Vivian et, devant son regard terriblement interrogateur, il ferma les yeux et tenta tant bien que mal de se concentrer sur l'affaire.

Jack : Amenez-le ici... Et j'espère que cette fois il me dira la vérité
Vivian : Pas de problème !


Salle d'interrogatoire
Disparue depuis 31 heures

Dès que Jack entra dans la pièce, le père d'Elisabeth, Charles Bourne, se dressa sur ses deux pieds comme s'il allait lui sauter dessus.

Bourne : Agent Malone ! Pourquoi je suis encore ici hein ? Pourquoi ? On vous a tout dit ma femme et moi ! Pourquoi vous faites ça alors que qu'un pervers a peut être emmené ma fille !!!
Jack : Monsieur Bourne, s'il vous plait, asseyez vous

L'homme avait les yeux remplis de larmes, comme s'il venait de se prendre un jet de bombe lacrymogène dans la tête. Il regarda Jack fixement, décidant de ce qu'il allait faire ou dire. Son regard était très loin d'être haineux ou même énervé. Il avait l'air perdu, perdu dans un chagrin qu'il n'arrivait pas à surmonter. Sa fille n'était pas encore morte, mais Jack ne savait même pas ce qu'il lui était arrivé. Les recherches sur les pédophiles n'avaient rien donné et ce Cédric demeurait introuvable. En plus de tout ça, il était totalement incapable de se concentrer à cause de Samantha et ça, ça l'énervait plus que tout. Il détestait ne pas pouvoir se contrôler, contrôler ses pensées, contrôler ses gestes, ses actes. Un million de questions se bousculaient dans sa tête depuis deux jours. « Est-ce qu'elle allait pouvoir rester au FBI ? », « est-ce qu'elle accordait une quelconque importance à ce qu'il lui avait dit quelques heures auparavant ? ». Personne ne pouvait répondre à ces questions. Personne à part elle.
Jack regarda alors à nouveau le père d'Elisabeth qui finit par s'asseoir au bout de quelques instants. Il n'osait même pas imaginer ce qu'il ressentirait si une de ses filles disparaissait... Ou si Samantha disparaissait...

Il déposa les relevés de comptes bancaires en plein milieu de la table.

Jack : Vous pouvez m'expliquer ça monsieur Bourne ?
Bourne : C'est quoi ?
Jack : Des relevés de compte bancaire... Votre compte bancaire, vous vous souvenez, celui qui n'est qu'à votre nom et dont les factures sont envoyées uniquement à votre entreprise
Bourne : Non je ne vois pas ...
Jack : S'il vous plait monsieur Bourne .... Ne me prenez pas pour un idiot je risque de mal le prendre

Le père d'Elisabeth enfouit alors sa tête dans ses mains comme s'il allait exploser et pleurer toutes les larmes de son corps d'un instant à l'autre. Jack, quant à lui, espérait que cette fois il allait enfin lui dire la vérité, toute la vérité.

Jack : Je vous écoute... Vous aviez une liaison c'est ça ?

Un long silence s'installa dans la salle et Charles Bourne acquiesça lentement d'un signe de tête.

Jack : Pourquoi vous ne me l'avez pas dit ?
Bourne : Je pensais que ça n'avait pas d'importance !

Jack écrit quelques mots sur son carnet puis réattaqua.

Jack : Tout a de l'importance de l'importance monsieur Bourne, vous nous avez peut être fait perdre un temps précieux...
Bourne : Mais c'était il y a plus d'un an ! C'est finit maintenant !
Jack : Est-ce que votre femme est au courant ?
Bourne : Oui, oui, elle sait tout, je lui ai tout avoué... Vous savez elle voulait qu'on divorce mais je l'ai convaincue que c'était pas la bonne chose à faire pour Elis' et son frère
Jack : Je vois ....

Oui, il voyait. Il voyait très bien parce que c'était exactement ce qu'il avait dit à Maria un peu plus de cinq ans auparavant. Finalement l'histoire avait mal tourné. Maria était partie avec les filles et le plus étonnant, c'était qu'il était intimement persuadé que c'était mieux comme ça. Il adressa un léger sourire au père d'Elisabeth pour lui donner un peu de courage ; il avait vraiment l'air à bout de force. Jack rebaissa ensuite les yeux vers son carnet de notes.

Jack : Comment s'appelle t'elle ?
Bourne : Vous savez elle n'a rien à voir avec ça je ...
Jack (l'invitant à continuer) : J'ai besoin de son nom ....

Bourne soupira puis prit une grande inspiration.

Bourne : vous savez, elle risque son boulot pour ça ...

Jack esquissa un sourire tout en se demandant si lui-même donnerait le nom de Sam et, comme pour toutes les questions qu'il se posait au sujet de Sam, il était bien incapable de répondre.

Jack : S'il vous plait, je ne vous juge pas et je ne vais pas vous créer d'ennuis, je veux juste lui parler ...

Bourne laissa passer un long silence avant de prendre finalement une décision.

Bourne : Marie Monténégro, elle travaille sous mes ordres

Jack nota le nom sur son carnet puis sourit une nouvelle fois à son interlocuteur. Un sourire complice qui, il l'espérait en tout cas, allait peut être lui redonner un peu d'espoir. Jack ajouta alors une simple question, sans vraiment savoir pourquoi, sans vraiment y avoir réfléchit. Il pensait encore à Samantha, il pensait toujours à Samantha...

Jack : Vous êtes toujours amoureux d'elle ?

Bourne lui adressa un léger sourire puis réfléchit quelques instants avant de répondre lui-même par une question.

Bourne : Vous l'êtes ?

Jack haussa les sourcils. Très observateur, très, très observateur ce monsieur Bourne et le pire c'était qu'il ne connaissait absolument pas la réponse à cette question. Si l'amour était symbolisé par le fait de penser à elle chaque seconde de chaque minute de chaque heure de chaque jour de l'année alors oui, il était amoureux d'elle, si l'amour était symbolisé par le fait de s'inquiéter pour elle et pour son bien être en permanence, alors oui, il était amoureux d'elle, si l'amour était plutôt symbolisé par le fait d'avoir envie d'elle à chaque fois qu'il la touchait, là aussi, il était follement amoureux d'elle. Mais la réponse à cette question en elle-même n'avait aucune importance, c'était les sentiments derrière qui avaient de l'importance. Ces sentiments qui se réveillaient à chaque fois qu'elle entrait dans la pièce, dès qu'il respirait son odeur, son parfum, qu'il la frôlait, la touchait, ça, ça avait de l'importance. En ce moment il était inquiet, inquiet pour elle, inquiet pour son avenir, inquiet pour sa carrière, inquiet pour sa santé, inquiet de savoir si elle tiendrait le coup si les flics n'abandonnaient pas l'affaire très vite. S'il avait pu, ne serait-ce qu'un instant, lui faire oublier tous ces soucis, la tenir dans ses bras pour la protéger, il l'aurait fait. Oh oui, il l'aurait fait, sans hésiter.

Il sortit rapidement de la salle, ne donnant aucune réponse au père d'Elisabeth. Il passa devant Vivian et lui passa rapidement le bout de papier déchiré avec le nom Maria Monténégro marqué à l'encre noir. Il ne répondit pas à ses questions, parce qu'il n'avait pas envie d'y répondre. Le plus souvent, les questions dont on connaissait la réponse sans l'admettre étaient inutiles, seuls les actes comptaient. C'est pour cela qu'il lui dit juste de laisser Bourne rentrer chez lui puis et repartit ensuite rapidement dans son bureau, espérant que Samantha allait revenir, qu'elle allait vouloir lui parler à propos de ce qui s'était passé. Parce qu'il ne lui en voulait pas lui, il ne pourrait jamais lui en vouloir, il ne lui en voudrait jamais.



Chapitre 9 : Same Mistake

Jack : Samantha ?

Elle ne battit même pas des paupières et resta là, statique, immobile, comme choquée ou juste terrorisée par les larmes qui tombaient toute seules de ses yeux bruns. Elle ne savait même pas pourquoi elle était retournée au bureau après avoir vu Ted, pourquoi elle avait prit le risque de le croiser alors qu'elle ne voulait pas et ne devait pas lui parler.

Jack : Sam ?

Une nouvelle fois, elle demeura, assise sur sa chaise, faisant semblant d'être plongée dans ses dossiers, faisant semblant de ne pas l'entendre, faisant semblant de ne pas pleurer. Elle espérait qu'il s'en irait, elle voulait qu'il s'en aille. Elle ne voulait plus réfléchir, elle ne voulait plus pleurer, elle voulait être seule, elle voulait qu'il la laisse seule.

Jack (s'énervant en criant) : Sam, putain écoutes moi !

Il était à bout de nerfs. Elle ferma les yeux dans le vide, face à la grande baie vitrée qui se tenait devant elle. Elle détestait ces cris qu'ils se lançaient à la figure, elle détestait ces paroles que l'on regrette tout le temps. Il aurait du réfléchir avant de s'énerver quatre heures avant. Elle regarda ensuite pendant un long moment, la neige tomber sur les immeubles en espérant se réveiller, se réveiller de ce cauchemar qu'elle avait créé.

Jack : Je t'en supplie retournes toi ... J'ai besoin de te parler...

Etait-elle incapable de pardonner ? Etait-elle incapable de faire la part des choses ? Elle murmura quelques mots du bout des lèvres, des mots auxquels elle avait malheureusement réfléchit.

Samantha : Je crois que tu n'es pas trop qualifié pour donner des ordres à une pute, je me trompe ?

Sa voix tremblotait à cause des larmes qu'elle essayait de ravaler mais qui restaient bloquées dans sa gorge. Elle détestait ça. Lorsqu'elle entendit Jack s'approcher et s'asseoir sur le rebord de son bureau, elle tourna la tête de l'autre côté pour éviter de croiser son regard. Ce regard contre qui il lui était impossible de résister, impossible de s'entêter, impossible de s'affirmer.

Jack attendit un long moment avant de faire quelque chose, soit par peur, soit par indécision, elle ne savait pas. Lui n'avait qu'une envie, c'était de partir, partir loin de tout ça, mais, fuir la réalité n'arrangeait rien, il le savait. Son pire cauchemar et son plus beau rêve étaient là, aujourd'hui, juste devant lui et elle avait besoin d'aide, de son aide. Il ne la laisserait jamais partir sans. Il finit alors par prendre le bras de sa chaise et la retourna vers lui.
Samantha leva alors timidement ses yeux humides vers ceux de Jack. Son regard posé dans ses yeux lui procura un sentiment qu'il lui sembla durer une éternité. Pour la première fois de sa vie, elle n'essayait pas de lire en lui, de savoir ce qu'il pensait, elle le laissait tout simplement lire en elle, sans opposer aucune résistance parce qu'elle ne pouvait pas, elle n'avait plus la force pour ça.

Jack : Excuse moi...

Son regard était humide, comme quoi elle pouvait aussi le faire pleurer. Ces simples mots, étrangement, lui suffisaient. Elle aurait voulu lui en vouloir, elle aurait voulu avoir la force de ne pas accepter ses excuses, avoir la force de lui en demander plus, plus d'explications, plus d'élément pour pouvoir le juger mais elle ne pouvait pas, elle en était incapable. Elle avait éperdument besoin de lui et c'était de loin la pire chose qui avait pu lui arriver. Avoir besoin de lui. Elle avait besoin de lui pour vivre et pour survivre au monde qui l'entourait, pour s'épanouir et rire autour des malheurs qui faisaient son monde. Il devait être à côté d'elle pour qu'elle soit finalement heureuse. Elle n'était pourtant pas encore prête à avouer cela. Elle préférait se cacher sous l'affaire, sous Elisabeth Bourne et sous des sentiments et des faits qu'elle pouvait contrôler, sous des émotions qu'elle pouvait et se devait de contrôler.

Samantha : Vous... Vous avez des nouvelles de l'affaire ?
Jack (après un moment d'hésitation) : On a toujours pas trouvé Cédric mais Elena a étudié les comptes bancaires du père et ...

Trop tard, il l'avait dit et elle avait percuté l'information encore plus rapidement dans sa tête. Elle avait donc fait une erreur, elle était passée à côté de quelque chose, elle avait faillit dans son travail, dans le seul domaine ou elle pensait encore pouvoir se débrouiller. Il n'avait pas eu besoin de le lui dire, elle pouvait le lire dans son regard : elle leur avait fait perdre un temps précieux, elle n'aurait pas du obliger Jack à la laisser bosser.

Samantha : Et ?
Jack : Le père avait un compte caché, à son nom, dont les factures étaient envoyées à son bureau uniquement.
Samantha : Infidèle ?
Jack : Oui. Je l'ai interrogé là-dessus cette après-midi.

Samantha ferma les yeux un court instant puis ajouta doucement :

Samantha : Il a dit avec qui ?

Jack esquissa un léger sourire complice.

Jack : Avec sa secrétaire, sa jeune, blonde et jolie secrétaire...

Samantha relava enfin la tête vers Jack, un léger sourire aux lèvres. Ce sourire lui était destiné. Ce n'était pas vraiment un signe de pardon mais simplement un cadeau qu'elle lui faisait, un cadeau pour lui, un cadeau pour elle aussi. Un cadeau pour eux

Samantha : Coïncidence ?
Jack : Je ne crois pas aux coïncidences....

Elle non plus ne croyait pas aux coïncidences. Elle croyait au destin, en son destin. Elle baissa les yeux une nouvelle fois et attrapa un trombone, posé sur son bureau, et commença à défaire les différentes courbures afin d'obtenir une forme lisse et droite.
Quant à Jack, il la regardait faire, sans une arrière pensée, sans un soupçon, sans une larme dans les yeux ; comme il aurait regardé une enfant dans la rue, jouer avec des boules de neige, échappant à la surveillance d'une mère trop protectrice, et d'un père un peu trop nerveux.

Jack : Ca fait combien de temps que tu n'as pas dormit, Sam ?

Il l'appelait encore Sam. Comme quoi les souvenirs ne s'effacent jamais. Non, ils restent présents, présents dans les mémoires, présents dans les c½urs. Rien n'est jamais du passé, rien n'est jamais du présent. Lorsqu'elle était avec Jack, elle avait l'impression de flotter dans un univers parallèle entre le deux, dans un univers où elle avait finalement le droit d'être faible, où elle avait le droit à une protection, sa protection.

Sam : Deux jours
Jack : Va dormir ...

Elle ouvrit la bouche pour protester mais il lui coupa la parole.

Jack : Il faut que tu dormes ....
Sam : Je te rappelle que de toute façon je n'ai plus d'appartement, c'est sous scellés. Je ne peux pas aller dormir

C'était le plus mauvais argument qu'elle s'était jamais entendue prononcer.
Elle vit Jack fouiller dans la poche de sa veste et en sortir une paire de clés ornée d'un petit porte clé « I love NY » qu'elle connaissait si bien...

Jack : Va chez moi ...

Elle se retint d'éclater de rire. Aller chez Jack n'était peut être pas l'idée du siècle mais étant donné son état de fatigue elle avait beaucoup de mal à refuser.

Sam : Jack je ...
Jack : Je mange pas les gens tu sais ....

Elle esquissa un léger sourire mais essaya tant bien que mal de marquer sa décision.

Sam : Jack je ne peux pas ....
Jack : Abuser de mon hospitalité ? Oh si tu peux, tu as des cernes jusqu'en bas du visage.

Elle passa délicatement une de ses mains sous ses yeux comme pour enlever ces traces de fatigue évidentes.

Jack : Sam ... Ce n'était pas une suggestion...

Elle sourit sincèrement cette fois-ci. Il ne pouvait pas donner des ordres à une pute... Mais il pouvait lui en donner à elle.




Chapitre 10 : The reason

Elle entendit une clé tourner dans la serrure mais ne réagit pas. Ses yeux étaient fixés sur la télévision qui ronronnait d'un bruit monotone dans ses oreilles depuis quelques heures. La journaliste de la BBC avait malheureusement toujours les mêmes mots, toujours les mêmes gestes pour parler des morts autour d'elle. L'avis de recherche sur Elisabeth était passé, sûrement sans résultats. Elle entendit la porte de l'appartement de Jack claquer, et distingua vaguement un bruit des manteaux qu'on accroche, de clés qu'on pose sur un meuble, Jack était rentré.

Jack : Sam ?
Samantha (après une petite hésitation): Tu es déjà là ?

Elle laissa passer un léger silence sans réponse.

Samantha : Il est quelle heure ?
Jack : Minuit et demi

Elle savait qu'il n'allait pas s'énerver même s'il pensait la trouver endormie. Par contre, elle savait qu'elle allait devoir répondre à ses questions et c'était loin d'être une bonne nouvelle... Elle aurait peut être du s'endormir finalement.

Jack: Je ne t'avais pas dit d'aller dormir ?
Samantha: Je peux pas ... J'arrive pas à fermer l'oeil Jack ...

Elle avait mentit. Elle aurait pu dormir. Elle aurait pu au moins prendre quelque chose pour essayer de dormir. Mais elle ne l'avait pas fait. Tout ça parce qu'elle avait été incapable de dire de quoi elle avait le plus besoin à ce moment là : de parler ou de dormir, de lui ou de sa conscience. Habituellement elle aurait évité les problèmes, elle aurait évité de se retrouver face à cette situation à une heure pareille. Mais aujourd'hui, tout était différent, Jack était différent.
Il s'approcha d'elle et s'assit sur l'accoudoir du canapé, juste à côté. Le tee-shirt du FBI qu'elle portait ne couvrait son corps que jusqu'aux genoux et même après tout ce qu'elle avait subit, il ne pouvait pas s'empêcher de la trouver magnifique. Ses larmes avaient séché mais elle avait encore de grandes traces de mascara sous ses yeux. Tout ce qu'il voyait, c'était elle et tout ce dont il avait envie, c'était de la serrer fort dans ses bras, de la rassurer, là, tout contre lui, de lui dire que tout irait bien, qu'il ne fallait pas qu'elle s'inquiète, qu'elle allait s'en sortir.

Jack (après un légère réflexion): Je sais ma puce ...

Elle frissonna. Il continua apparemment sa phrase pendant quelques secondes mais il lui paru impossible de ce concentrer sur autre chose que les quelques mots qu'il venait de prononcer. Sa fréquence cardiaque avait dû être multipliée par 100 en l'espace de quelques millisecondes. Elle avait du mal à croire ce qu'elle venait d'entendre. Elle se redressa et regarda au plus profond de ses yeux : Oh oui... Elle avait bien entendu. Elle sentit une main se poser délicatement sur sa joue puis descendre le long de ses cheveux blonds. Cette fois, ce fut lui qui saisit son regard. Elle savait qu'il voulait qu'elle lui parle et curieusement, elle aussi voulait lui parler. Ouvrir son c½ur à Jack était sûrement quelque chose de risqué mais peut être était-il aussi la seule personne dans ce monde à pouvoir la comprendre sans la juger, l'apprécier sans la désirer. Elle ne savait pas si c'était à cause ou grâce à ce qu'ils avaient vécu, mais il savait exactement ce qu'elle ressentait par un simple regard échangé, par un simple sourire partagé ; elle avait apprit avec le temps, qu'il ne fallait rien attendre de personne parce que c'était comme cela qu'on était finalement déçue. Mais avec Jack, c'était différent, tout était différent. Toutes les règles qu'elle s'était fixée partaient en fumée dès qu'il entrait dans la pièce, dès qu'elle respirait son air ou sentait son eau de cologne. Et puis... Il lui avait prouvé que d'une certaine manière, il tenait vraiment à elle. Pas comme elle tenait à lui certes, mais il tenait à elle. Grâce à lui, elle avait comprit qu'elle n'était pas seule, qu'elle n'était plus seule. Elle ne savait plus quoi dire, elle ne savait plus quoi faire lorsqu'elle était face à lui. Elle savait juste qu'il était complètement inutile de mentir parce que, quoi qu'elle fasse, il finissait toujours par savoir la vérité.

Samantha : Je crois que je me sens fautive Jack...
Jack : De quoi ?
Samantha : ... D'avoir peur pour ma carrière ...

Elle tourna la tête vers la télé. Des images de guerre défilaient sur l'écran, comme un mauvais film d'action avec beaucoup trop d'effets spéciaux. Mais elle savait que tout ça était vrai et c'était peu être pour cela qu'elle se sentait fautive. Son job était tellement important pour elle qu'elle était incapable de discerner ce qui comptait vraiment.

Jack : Hey... Tu n'as pas à te sentir coupable ... Tu n'y es pour rien. Tu as le droit d'avoir peur, c'est normal. Tu as le droit d'avoir peur pour toi et pour ta carrière ... C'est pas pour ça qu'il faut te sentir coupable de quoi que ce soit.

Il coupa la télé et elle sourit tristement. Ses mots lui faisaient du bien. Il n'était pas forcément objectif ou lucide mais ses mots lui faisaient du bien. Il savait comment enlever le poids de ses épaules, il savait exactement comment lui faire oublier ses soucis, comment la faire rire, comment la faire sourire. Mais ce soir, il lui paraissait impossible d'oublier ses problèmes. Ce soir, ils étaient plus importants, plus terrifiants que d'habitude.
Ses yeux se fermaient, son cerveau tournait au ralentit et elle avait l'impression de regarder la scène depuis un autre corps que le sien. Elle était épuisée, vraiment épuisée. Elle avait besoin de dormir mais elle ne voulait pas dormir. Elle voulait rester là, à parler avec lui, elle voulait que sa présence l'empêche de réfléchir, elle voulait juste avoir un peu de répit pour être prête à se défendre devant la police le lendemain matin. Elle voulait qu'il la rassure.

Jack : Sam... Tu es épuisée, il faut que tu dormes...
Samantha : Que je dorme ? Je devrais même pas être ici tu sais ...

Il baissa les yeux un court instant, coupant ainsi le long regard qu'il échangeaient, comme pour réfléchir à une réponse éventuelle. Bien sûr qu'elle n'aurait pas du être là mais ce soir, plus rien avait vraiment d'importance. Jack était celui qui était à ses côtés et c'était tout ce qui pouvait vraiment compter à ses yeux. Elle était consciente que plus le temps passait, plus ils se rapprochaient et plus ils se rapprochaient plus elle se sentait prise au piège par ses propres sentiments. La pièce devenait chaleureuse et elle s'éloignait du monde froid et distant qui se trouvait à quelques pas pourtant. Ce canapé avait quelque chose de magique ainsi que la neige qui avait, ce soir, quelque chose de très spécial.

Jack : Je sais... Mais tu as prit ces clés quand je te les ai données et maintenant, tu es là et tu peux te reposer... Un peu...

Elle acquiesça dans un silence qui devint vite pesant. L'importance des petits gestes représentait maintenant quelque chose à ses yeux. Quant à lui, il la regardait fixement, comme s'il attendait quelque chose. Elle, elle se trouvait là, bloquée, comme tétanisée devant lui, incapable d'esquisser le moindre geste, de murmurer la moindre parole. Pourtant elle avait enfin l'impression de se sentir bien. C'était sûrement dû à la fatigue, mais elle commençait à se laisser aller, à ne plus penser, à ne plus se tourmenter, à le laisser prendre le contrôle. Les larmes ne coulaient plus sous ses yeux et, de toute façon, elle commençait à ne plus accorder d'importance à ce à quoi elle pouvait ressembler. Elle était bien, c'était tout. Elle avait, malgré tout, encore peur de prononcer le moindre mot, la moindre syllabe, elle avait peur qu'il l'interprète mal... Ou trop bien. Finalement, ce fut lui le premier à rompre le silence, la laissant s'exprimer, une légère hésitation dans la voix.

Jack : Journée de dingue, hein ?

Elle esquissa un sourire.

Jack : Tu as fait quoi après que ... Qu'on se soit... Disputés ?

Elle aimait bien le mot, « disputés ». Ca sonnait mieux que « après que tu m'ai foutu une énorme claque ». Beaucoup mieux. Mais ce n'était pas la vérité. La vérité c'était que ce n'était pas une simple dispute, ça ne l'avait pas été, ça ne le serait jamais. Elle lui avait mit pour la première fois cette claque, et le pire, c'était que ça lui avait plus de bien que de mal.

Samantha : Je suis allée à la librairie ...
Jack (intrigué) : La librairie ?

Elle n'eut pas besoin de répondre, il venait de comprendre. Ses yeux trahissaient une légère culpabilité et elle fit semblant de ne pas avoir entendu la question qu'il avait posé. Elle aussi avait fait des erreurs, et pas qu'aujourd'hui.

Jack : Lisa t'avait dit que c'était une mauvaise idée d'y retourner...
Samantha : Lisa est psy Jack... Tout peut être une mauvaise idée avec elle

Un sourire en coin se déposa doucement sur son visage, comme un cadeau tombé du ciel par inadvertance.

Samantha : J'ai revu Ted...

Devant son regard plus qu'interrogateur elle continua.

Samantha : Le gérant de la boutique.
Jack : Oh...

Il ne savait visiblement plus trop quoi dire et elle pensait à autre chose à ce moment précis. Elle espérait que lui aussi. Qu'aurait dit Lisa de l'idée d'être seule avec lui dans son appartement ? Sûrement pas de bien. Surtout que plus le temps passait plus des souvenirs ambigus lui revenaient à la mémoire et elle ne pouvait pas s'empêcher de penser au bien être qu'elle ressentait lorsqu'elle était dans ses bras dans ces moments là. Ces moments étaient leurs moment.

Samantha : Excuse moi...

Elle prit une profonde inspiration. Elle ne savait pas pourquoi ces mots étaient sortis de sa bouche, et elle ne savait pas pourquoi elle s'excusait. Elle détestait s'excuser parce qu'elle détestait avoir tort. Son inconscient avait totalement prit le dessus sur elle et c'était comme si elle ne contrôlait absolument pas ce qu'elle disait, comme si elle ne contrôlait plus ce qu'elle disait. Le temps s'était arrêté autour d'eux. Elle aurait été incapable de dire combien de minutes ou d'heures s'étaient écoulées jusqu'au moment où elle décida de rouvrir la bouche.

Samantha : Je suis désolée pour la claque que je t'ai mise tout à l'heure ...
Jack : Je pense que je suis encore plus désolé pour ce que je t'ai dit tout à l'heure...

Elle sentit sa main se poser doucement sur sa cuisse et sa fréquence cardiaque doubler du même coup. Elle fit pourtant semblant de ne rien ressentir, de ne pas réagir. Elle était amoureuse et malheureusement encore consciente. Etre amoureuse ce soir était vraiment une très mauvaise idée. Une foule de questions défilaient dans sa tête mais elle était incapable de se concentrer, de réfléchir. Tout ce qu'elle savait c'était qu'elle n'avait vraiment pas besoin de ça en ce moment. Enfin... Si elle en avait besoin. Seulement elle n'était vraiment pas préparée à ça. Se trouver, là, avec Jack était tellement étrange qu'elle n'avait même pas encore imaginé que les choses pouvaient tourner comme ça. Paradoxalement, elle avait besoin de lui plus que de personne d'autre en ce moment. Encore une fois, elle n'avait aucune idée du temps qui pouvait bien s'écouler entre ces différents moments de panique. Que pouvait-il bien lui arriver ? Etait-elle fatiguée au point de faire quelque chose de complètement irrationnel et stupide ? Non ce n'était plus la fatigue, c'était son inconscient, c'était son c½ur, c'était peut être, et tout simplement, elle. Le goût de ses baisers lui revenait rapidement en mémoire, tout comme le goût de ses lèvres, de ses caresses. Elle ressentait exactement ce qu'elle avait ressentit six ans auparavant lorsqu'il l'avait embrassé pour la première fois. Ce mélange de désir et en même temps cette petite voix dans sa tête « tu fais une erreur »...
Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps car avant même qu'elle ne puisse décider de ce qu'elle allait faire face à la tournure que prenaient les choses, il lui avait volé un baiser. Ses lèvres avaient un goût qu'elle n'avait jamais pu oublié même après toutes ces années. Elle vit sa vie avec lui défiler devant ses yeux au moment ou ses lèvres touchèrent les siennes. La première fois où elle était entrée dans son bureau, leur premier baiser, la première fois qu'elle avait comprit qu'elle éprouvait des sentiments pour lui, Maria, la fois où il lui avait vraiment dit « c'est finit », la librairie... Tous les gestes, touts les sentiments qu'elle avait un jour pu éprouver pour lui ressurgirent tous en même temps à cet instant. Ses lèvres avaient touché les siennes et c'était déjà bien trop tard pour revenir en arrière, pour revenir à la réalité. Elle ne pensait plus au sang retrouvé dans son appartement, elle ne pensait plus aux accusations dont elle faisait l'objet, elle ne pensait plus à ce qui était bien ou pas, elle ne pensait plus à sa vie, à ses amours, à sa carrière, elle ne pouvait plus pensait à tout cela : elle ne pensait qu'à lui. Elle l'embrassa une nouvelle fois, plus passionnément qu'elle ne l'avait jamais fait. Lorsqu'elle fermait ses yeux c'était lui qu'elle voyait, et lorsqu'elle les ouvrait aussi. Son c½ur battait plus vite qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Il lui renvoya un baiser et avant même qu'elle n'ait pu réaliser ce qui était en train d'arriver, ce qu'elle était en train d'accepter, ce qu'elle était en train de faire ; elle avait enlevé son tee-shirt et les mains de Jack parcouraient désespéramment son dos à la recherche de l'agrafe de son soutien-gorge.
Etrangement, ce fut à exactement à ce moment là, qu'elle prit conscience de ce qu'il s'apprêtait à faire. Elle devait l'en empêcher. Elle n'en avait aucune envie mais elle devait le faire. Elle ne voulait pas gâcher sa vie une seconde fois. Il avait déjà perdu ses filles à cause d'elle, il ne devait pas perdre son travail ; elle ne pouvait pas le laisser faire. Elle ferma les yeux un court instant. Elle pouvait sentir sa peau contre la sienne, ses baisers étaient si... Non, elle avait prit sa décision. Elle concentra toute la raison qui pouvait bien rester en elle et arrêta subitement de dénouer sa cravate. Il essaya de l'embrasser mais elle tourna la tête, posant ses mains sur ses épaules, il recula.

Sam : Jack... Je crois pas que ...

Bizarrement, il n'eut même pas l'air déçu ou triste, il se contenta de la regarder fixement, visiblement ailleurs, comme si quelqu'un venait de lui mettre une balle dans le crâne. Il semblait incapable de prononcer un seul mot, d'esquisser un seul geste ; elle avait l'impression qu'en quelques secondes, les rôles s'étaient inversés. C'était elle maintenant qui restait lucide, la tête sur les épaules, les pieds sur Terre. Elle allait sûrement avoir du mal à garder ce rôle plus d'une minute mais elle devait le faire pour elle, pour lui, pour eux.
Il murmura quelques mots précipités, mal avertis, tandis qu'elle commençait à regretter d'avoir reprit conscience.

Jack : Oui... Heu... Excuse moi... T'as peut être raison... Ce n'est pas une bonne idée...

Elle resta là, allongée sur son canapé, pendant pas plus d'une seconde, sachant très bien ce qu'elle devait faire mais sachant aussi ce qu'elle voulait faire. Elle était complément consciente à présent, et aussi totalement sûre de ce qu'elle allait faire. Elle savait exactement ce dont elle avait besoin. Le rôle de la fille rationnelle ne lui convenait plus ce soir, elle ne voulait pas penser à l'avenir, à leur avenir. Elle voulait penser à l'instant présent, elle avait besoin de lui à l'instant présent. Ce qu'elle venait de faire était la chose la plus raisonnable à faire, elle le savait. Mais elle ne pouvait pas laisser la raison l'emporter parce qu'elle vivait dans un autre monde ce soir.
Elle le prit par la manche pendant qu'il essayait de se redresser.

Samantha : Attends... Ce n'est pas ce que je voulais dire ...

Elle avait envie de se faire toute petite, de se cacher sous la table basse pour qu'il ne puisse plus la voir. Mais elle avait gâché tant d'années à avoir peur de faire le premier pas vers lui. Il avait désormais fait ce premier pas et elle, elle ne pouvait pas se permettre de rater le second.

Samantha : On fout nos deux carrières en l'air si on fait ça maintenant, Jack... Je suis d'accord pour dire qu'au point où en est la mienne, un peu plus, un peu moins ne changera rien à la donne mais... La tienne vaut encore quelque chose et je ne veux pas tout gâcher une seconde fois... Tu sais si quelqu'un se doute de quelque chose, avec le passé qu'on a ... Tu es sûr que c'est ce que tu veux, ce que tu voudras ?

Elle n'entendait que sa respiration : rapide, saccadée. Pour la troisième fois de sa vie elle avait vraiment peur : comme elle avait eu peur dans la librairie six ans auparavant, comme elle avait eu peur dans cette casse de voiture lorsque c'était sa vie qui en dépendait. Elle avait peur de sa réponse, peur de simples mots au sens pourtant si important à ses yeux.
Elle l'entendit prendre une grande inspiration et son c½ur s'accéléra encore un peu plus.

Jack : Non...C'est ce que je veux mais je ne peux pas être sûr que ce sera ce que je veux. Je peux juste espérer. Je ne veux pas te faire du mal Sam et c'est pour cela que j'espère de tout mon c½ur que je ne regretterais jamais. Mais si tu as besoin d'une promesse, Sam, alors je ne peux pas faire ça. Je t'ai déjà promis trop de choses qui t'ont fait souffrir.

Elle sentait les larmes monter tout seules dans ses yeux. C'était la plus belle chose qu'on lui ait jamais dite. Elle ferma les yeux un court instant. Elle n'avait pas besoin de promesse, non, elle aussi ne pouvait pas en faire.

Samantha : Pas de promesses alors ; moi non plus je ne peux plus...

Elle sentit ses lèvres sur les siennes et long baiser s'en suivit. Elle avait besoin de courage, de force pour affronter son futur. Elle n'était pas sûre qu'ils aient un quelconque futur ensembles, mais, comme ce soir, elle allait espérer.




Chapitre 11 : Suddenly I see

Jack : Déjà debout ?

Sa voix était calme, reposante. Le soleil venait à peine de se lever et une odeur de café fraîchement moulu embaumait déjà l'appartement. Elle leva les yeux de sa tasse et les fixa sur Jack qui venait de sortir de la chambre. La nuit avait été magnifique. Inattendue mais ... Magnifique. Et même dans l'hypothèse où coucher avec lui avait été une erreur, cela aurait été la plus belle erreur qu'elle n'ait jamais faite.

Samantha : J'ai fait du café ...
Jack : Je sens ça, je crois que même mes voisins le sentent d'ailleurs !
Samantha : Critiques, critiques ... En attendant je peux t'assurer qu'il n'y a rien d'autre dans tes placards ! Dans ton frigo non plus d'ailleurs.

Il s'assit au bar et elle lui tendit une tasse qu'il remplit avec du café. Apparemment, sa philosophie ce matin était de faire comme si de rien était, comme s'il ne s'était rien passé. Et Samantha n'allait pas le contrarier pour l'instant. Elle avait juste besoin de savourer ce moment avec lui, peu importe ce qu'il en coûtait.

Jack : Anne faisait les courses ...
Samantha : J'en conclue que ça fait plus de 4 mois que tu ne manges plus... En fait t'es plutôt en forme vu les circonstances !

Il éclata de rire et elle suivit même si elle n'avait plus trop le c½ur à ça. Sa tasse de café était déjà vide à moitié et, par conséquent, elle était revenue à une certaine réalité à laquelle il n'avait pas encore touché. Ses inquiétudes commençaient, petit à petit, à remonter à la surface et elle, elle commençait sérieusement à regretter de ne pas être restée au lit avec lui plus longtemps.

Jack (souriant) : Arrêtes t'exagère y'a plein de trucs à manger ici ...

Elle lui tourna le dos quelques instants avant de sortir un bocal à moitié vide d'un placard derrière elle.

Samantha : J'oubliais ! Le beurre de cacahuète ! Date de péremption : 10 Mars 2007, j'ai même pas osé ouvrir le bocal

Elle le fit glisser sur le bar jusqu'à Jack.

Samantha : Tiens je te laisse l'honneur !

Jack examina le bocal, feignant de lui porter une grande attention. Au lieu de ça, il la regardait, elle. Un sourire était installé sur son visage et ses yeux semblaient pétiller de bonheur. Il n'aurait pas été jusqu'à dire qu'elle était heureuse mais juste plus apaisée que d'habitude. Quant à lui, il se sentait bien aussi, peut être pour la première fois depuis très longtemps.

Samantha : Ca va ?

Il y avait une certaine inquiétude dans sa voix, peut être due au fait qu'il fixait ce petit bocal depuis bientôt une quarantaine de secondes.

Jack : Je devrais te retourner la question.

Elle sourit tout en pensant à la maudite quantité de café qu'elle venait d'avaler : une tasse entière. A ce stade là, il lui était impossible de prétendre ne pas encore être bien réveillée et il lui était impossible de parler « à la légère ». Le problème, c'était qu'elle allait devoir dire quelque chose de spontané parce qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'elle devait dire ou faire à présent. Elle se devait d'admettre que ce doute était sûrement du au fait que, alcool ou pas, c'était une des seules fois depuis trois bons mois (plutôt quatre en fait) qu'elle n'était pas partie en vitesse comme une voleuse après avoir fait l'amour avec un homme.

Samantha : Oui, ça va

« Réponse brève, bonne idée. Ne regarde pas à gauche, ne regarde surtout pas à gauche, il saura que tu mens... Trop tard ! »

Jack : Sam ?

Elle leva rapidement ses yeux vers les siens, lui laissant à peine le temps de les apercevoir.

Samantha : Oui ?
Jack : T'es sûre que ça va ?

Elle détourna le regard vers lui mais ne répondit pas. Elle savait que si elle parlait, elle allait peut être gâcher la merveilleuse nuit qu'ils avaient passé en avouant qu'elle avait tout simplement peur de la journée qui s'annonçait. Mais c'était portant la vérité. Depuis qu'elle avait terminé ce maudit café qui l'avait ramenée à la réalité, une seule phrase se répétait dans sa tête « et si ça correspond ».
Il posa sa main sur la sienne et, encore une fois, son c½ur fit un bond vertigineux.

Jack : Dis moi ce qu'il y a ... C'est à propos de nous ?

Elle cru entendre une légère inquiétude dans sa voix lorsqu'il prononça le mot « nous ». Heureusement, elle était fière de lui annoncer que ça n'avait aucun rapport avec eux.

Samantha : Non, non pas du tout c'est juste que ... Enfin ... Si les balles correspondent ... Aujourd'hui ça va être une longue journée tu sais ...

Il lui adressa un sourire pour lui redonner du courage. Le pire, c'était qu'il ne pouvait rien faire contre les flics qui en avaient décidément après elle et, le fait de la laisser toute seule contre ça ... Il s'en voulait tellement.

Jack : Ca va aller chérie ....

Il posa, délicatement, sa main sur sa joue et elle ferma les yeux quelques instants. Elle se revoyait, la veille au soir, dans ses bras, ça lui redonnait du courage.
Ils restèrent là tout les deux pendant quelques minutes encore, à parler, à se regarder, à se rassurer pendant qu'il finissait sa propre tasse de café.
Jack marqua une longue pose avant de parler à nouveau.

Jack : Tu es prête ?

Elle ferma les yeux quelques instants encore. Physiquement, elle était prête : Douchée, habillée, coiffée, maquillée et tout ce qui allait avec. Mais psychologiquement, elle avait besoin d'encore un peu de temps avant de rejoindre le bureau où elle s'exposait aux arrestations et interrogatoires de la NYPD et de l'OPR.

Samantha : Je préfère que tu partes avant si ça ne te dérange pas... J'ai encore besoin d'un peu de temps.


* * * * * * * * * * * * *

Une demi heure après, elle descendait sur le parking extérieur de l'immeuble dans lequel elle avait garé sa voiture. Elle ne savait vraiment pas quoi penser des dernières heures qu'elle venait de vivre. Tout était encore si confus dans sa tête. Et, pour son plus grand désespoir, le fait de coucher avec Jack n'avait répondu à aucune de ses questions. Elle n'était toujours pas sûre de ce qu'elle éprouvait pour lui, ni même de ce qu'elle pensait à son sujet. Il l'avait fait souffrir la dernière fois et, même si c'était 6 ans auparavant, elle ne savait que difficilement accorder son pardon. Pour couronner le tout, se remettre avec lui maintenant lui paraissait, à la réflexion une encore plus mauvaise idée que le veille au soir.

Samantha parcourut donc le parking du regard et avança rapidement jusqu'à sa voiture après avoir appuyé sur bouton d'ouverture. Mais, au moment où elle posa sa main sur la poignée de la portière, elle entendit une voix l'interpeller.

Voix : Samantha ?

Elle frissonna et malheureusement, cette voix n'était pas celle de Jack. Elle connaissait cette voix et elle savait qu'en les circonstances, elle n'annonçait rien de bon. Plus que le fait qu'il était un de ses ex, c'était le fait qu'il travaillait à la NYPD qui lui faisait peur. Le fait qu'il ait pu être en planque toute la nuit aussi d'ailleurs.
Elle ouvrit pourtant la portière de la voiture en espérant qu'il y ait une centaine d'autres Samantha dans le parking. Malheureusement, ce n'était pas le cas.

Voix : Sam, je ne te conseille pas de faire ça.

« Faire quoi Eric, faire quoi ? Fuir ? », Pensa t'elle.
Elle se retourna lentement. Elle avait raison, c'était bien Eric Keller qui l'avait interpellée. Seulement elle ne s'attendait pas vraiment à ce qu'il soit si bien accompagné. En effet, lui et un homme qu'elle supposait être son collègue, braquaient leurs armes respectives vers elle comme si elle était une dangereuse fugitive. Elle pensait et savait qu'elle allait se faire arrêter aujourd'hui, mais elle imaginait quand même pouvoir profiter de la matinée encore.

Eric : Ferme la porte de la voiture et jette les clés par terre.

Elle imaginait que ça ne devait pas être facile pour lui non plus car elle ne se voyait pas du tout arrêter Martin. Même si elle ne l'avait jamais aimé, c'était un très bon ami, tout comme Eric d'ailleurs. Après une seconde d'hésitation, elle obéit donc et ferma la porte après lui avoir lancé les clés. Elle faisait ça trop souvent ces temps-ci.

Eric : Excuse moi mais ...

Elle leva les mains et se tourna vers la voiture avant même qu'il ait pu finir sa phrase. Quelques instants plus tard, elle sentait les mains de l'autre agent parcourir son corps à la recherche d'une arme, d'un couteau. Le seul problème c'était qu'elle n'avait rien. Son arme et ses balles, c'était eux qui les avaient.

Samantha (après que l'autre policier l'aie fouillée): Les balles correspondent hein ?

Elle se retourna et croisa les yeux d'Eric qui semblait incapable de répondre à sa question. Mais elle-même connaissait la réponse ; sinon, ils ne l'arrêteraient pas.
Elle sentit alors les menottes de l'autre policier lui serrer les poignets et, même si à ce moment là, elle sentit une énorme boule se former dans son estomac, elle n'en laissa rien paraître et resta forte, pour Jack.







Chapitre 12 : Thanks For The Memories


Bureau du F.B.I à New York - Bureau de Jack Malone
Disparue depuis 51 heures

Jack (au téléphone) : Oui ! ... Non ... Non je vous demande pas où elle est, je vous demande ce qu'il s'est passé ... Vous pouvez pas ! ... Vous savez qui je suis ?? ... La collaboration entre services ça vous dit quelque chose ? ... Merci ! ... Oui j'attends ... Quoi ? ... Non, non, non, ne raccrochez pas ! ... Donnez moi une explication au moins !!! ... Non ! ... Ne ...

Bip... Bip ... Bip ... Le téléphone sonna encore dans le vide pendant quelques minutes avant que Jack daigne le reposer le combiné. Il réfléchit encore quelques instants puis, sous le coup de la surprise, envoya tout ce qui se trouvait sur son bureau par terre avec toute la force qu'il pouvait encore posséder. Il ne savait pas contre qui il était le plus en colère : La NYPD pour avoir arrêté Samantha, Samantha elle-même pour s'être laissée arrêter alors que ces connards n'avaient aucune preuves contre elle (enfin ... Excepté le fait que les balles de son pistolet correspondaient avec celles trouvées sur le « mort » ... d'accord, en fait peut être qu'ils avaient des preuves mais même ... Elle aurait pu s'enfuir, courir... Oui bon, ce genre de truc ne marchait jamais mais ... Elle aurait pu au moins essayer avant de se mettre dans un pétrin pareil), et bien sûr lui-même qui n'avait rien fait pour empêcher ça. Et maintenant, à cause de ça, il allait devoir ranger pour la énième fois son bureau parce que, encore un fois, il venait de tout foutre en l'air.
Il se souvenait exactement de la première fois où il avait vu Samantha pour son entretient au FBI... Il n'aurait jamais imaginé que les choses allaient tourner ainsi entre eux.


Flash Back
7 ans plus tôt

Jack : Entrez ...

Cela faisait des semaines et des semaines qu'il cherchait un remplaçant pour Jason qui était partit à Interpole quelque temps auparavant. Des gamins de la NYPD et d'autres services s'étaient alors succédés devant son bureau, sans résultat. Il en avait même eu quelques un de la CIA mais aucun n'avait vraiment sût l'étonner. Elle, ce n'en était qu'une de plus, sans importance, il pensait déjà au suivant.

Samantha : Bonjour

Il lui serra la main tout en la déshabillant du regard. Tous les autres candidats qu'il avait vu s'était pointés à cet entretient sur leur 31, bien habillés, bien coiffés, respectant à la lettre l'image qu'on leur avait donné du FBI... Elle, elle était déjà différente. Elle était arrivée avec 10 minutes de retard, habillée avec un simple ensemble tee-shirt, jean, converses, qui, bien que bien agencé donnait quand même un aperçu de combien elle s'intéressait à aller faire les magasins, et, portait une queue de cheval faite à la va-vite qui donnait l'impression qu'elle venait de faire le marathon de New york.
Il l'invita cordialement à s'asseoir ce qu'elle fit sans attendre... Samantha Spade lui donnait déjà une grande dose d'interrogations.
Il attrapa rapidement son dossier qui traînait sur son bureau pendant qu'il observait ses réactions.

Jack : Samantha ... Spade c'est ça ?
Samantha : Oui

Il cru lire, comme inscrit dans ses yeux, qu'elle avait faillit le féliciter de savoir lire.

Jack : Sans vous vexer, vous êtes la candidate à ce poste la plus spéciale que j'ai eu jusqu'ici...
Samantha : C'est peut être ça qui va me permettre de l'avoir...

Devant son manque de réaction elle avait continué, elle avait précisé son propos plutôt.

Samantha : ... Le poste ...

Elle avait déjà cette assurance dans la voix qu'il ne pouvait s'empêcher de sentir. Ca n'allait peut être pas être aussi facile que pour les autres de la déstabiliser, finalement.

Jack : Bon j'ai encore beaucoup de candidats à recevoir encore donc venons en au fait... Pourquoi vous voulez travailler ici ?
Samantha : J'en avais marre de la NYPD, j'avais envie de changement... On m'a proposé de venir chez vous ... Maintenant je suis là !

Jack laissa passer un léger moment de silence puis enchaîna sur un ton légèrement troublé.

Jack : Oui ...Heu, juste une question : vous savez pour quel job vous postulez là ?
Samantha : Serveuse ?

Jack était réellement incapable de savoir si elle se foutait de sa gueule, si elle était mal réveillée ou si elle essayait juste de faire de l'humour. Dans les trois cas, elle n'avait visiblement aucune envie de l'avoir ce job. Elle esquissa un sourire et il fit de même. Comment déstabiliser quelqu'un qui se fout complètement de ce que vous pouvez faire ?

Jack : Bien ... Je ne sais pas si c'était de l'humour mais ... Passons. Pourquoi plutôt qu'un autre ?
Samantha : Je suis compétente, intelligente, assidue, obstinée, bonne comédienne, bonne tireuse, je m'intéresse aux rapports humains, ce qui est important pour intégrer votre service et je suis célibataire ce qui veut dire que je peux travailler tard le soir...

Wow ! Il ne savait plus quoi dire et elle restait là, face à lui, à le regarder comme si elle n'avait rien dit de spécial. C'était à ce moment là exactement qu'il avait su qu'il allait l'engager et ce, même s'il lui avait posé ensuite un bon nombre de questions. La question qu'il aurait peut être du lui poser était « Pourquoi je ne devrais pas vous engager ? ». Ses arguments, il les avait entendu des quinzaines de fois avec les autres mais avec elle c'était différent. Elle avait presque réussit à le mettre mal à l'aise. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle pouvait donner en temps qu'agent à ce moment là mais, une chose était sûre, elle avait quelque chose que les autres n'avaient pas... La question était de savoir quoi.

Fin du Flash Back


Quelqu'un frappa à la porte et il se reprit à espérer que, comme dans son souvenir, Samantha allait être là, juste devant lui, à lui parler, à lui sourire. Que se serait-il passé s'il ne l'avait pas engagée, s'il ne s'étaient pas connus, s'il ne l'avait pas aimée... Il murmura un vague « entrez » lointain et ne sortit de ses rêves que lorsque Vivian commença à lui parler.

Vivian : Jack... Tu ne vas pas le croire !

Il ferma les yeux un court instant, il était prêt à tout entendre.

Jack : Vas-y je t'écoute !
Vivian : Cédric Masson a réapparu !
Jack : Quoi ?
Vivian : Notre suspect, tu sais ... Il s'est fait chopper par un barrage routier en rentrant à New York. Il dit qu'il a laissé tomber Elisabeth, qu'ils projetaient de s'enfuir puis qu'il a prit peur ou je sais pas trop quoi ... En tout cas... Il est chez nous dans deux heures ! On va enfin pouvoir avancer ! Tu sais... Il faut vraiment qu'on retrouve cette gamine, ces parents commencent vraiment à toucher le fond je crois ...

Vivian semblait regarder sa tête en espérant une réaction de joie ou de tristesse mais rien n'en sortit. A vrai dire, il avait presque oublié la raison qui le maintenait au boulot, cette affaire sans queue ni tête.

Jack : C'est bien ...
Vivian : Oui ... Jack t'es sûr que ça va ?
Jack : Pas vraiment non...
Vivian : Qu'est ce qu'il y a ?
Jack : Sam s'est faite arrêtée

Il entendit ses mots résonner dans la pièce et commença à réaliser ce qu'il venait de dire. Vivian quant à elle semblait plus troublée qu'étonnée. Il prit sa tête dans ses mains pour éviter son regard qui demandait de très nombreuses explications... Il fallait qu'il trouve quelque chose, et vite.



Chapitre 13 : Costume makes the clown

Elle était assise seule sur cette chaise, sans vraiment réfléchir quelque chose, laissant passer ses pensées aux grés de ses envies. Un milliard de souvenirs remontaient à sa mémoire et elle n'avait rien d'autre à faire que d'y penser. Aujourd'hui, c'était toute sa vie qui menaçait de s'envoler en quelques instants et le pire, c'était qu'elle s'en fichait presque. Toutes ses pensées étaient dirigées vers Jack, vers Elisabeth... Elle ne s'était pas vraiment impliquée dans l'enquête mais le peu qu'elle avait vu lui avait permit déjà de la cerner, elle savait exactement pourquoi elle était partie avec son petit ami et ça, Jack allait bien tôt le découvrir, du moins, elle l'espérait.
Est-ce qu'il avait découvert qu'elle avait été arrêtée ? Il lui avait promis de la croire, de la soutenir, seulement... Elle avait un peu de mal à croire tout ce qui lui arrivait elle-même. Elle n'osait même pas imaginer ce que cela pouvait être pour lui. Elle rêvait de ses bras autour de sa taille, de ses mains rassurantes posées délicatement sur son visage et pourtant, elle avait réalisé que cette nuit avait été une grosse erreur. Ses mots et les siens résonnaient encore dans ses oreilles. « Pas de promesses ». Elle savait déjà ce dans quoi elle s'engageait au moment où elle avait prononcé ces mots, quelle énorme erreur elle était en train de commettre, et pourtant... Cette erreur, ils l'avaient faite, en pensant prendre leurs responsabilités mais, maintenant qu'elle avait les menottes aux poignets et qu'elle savait qu'elle allait plonger, elle se rendait compte qu'ils n'étaient pas prêts pour ça.

L'agent Lorenzo entra dans la salle d'interrogatoire où elle siégeait, seul. La lumière du néon lui donnait un air fatigué et préoccupé, anxieux même. Il tira la chaise qui se trouvait face à elle et jeta violemment son dossier sur la table comme si elle était un chien qu'il devait punir. Samantha se força alors à se concentrer sur autre chose que sur Jack ce qui n'était pas facile. Elle leva les yeux vers le policier, faisant bien attention de regarder dans le vide, de ne traduire aucune émotion. Ils n'étaient absolument pas prêts pour ça, elle n'était absolument pas prête pour ça. Elle aimait son boulot, mais elle l'aimait, lui, et elle devait le protéger, elle ne pouvait pas se permettre de le laisser plonger avec elle, elle n'avait pas le droit, elle n'avait pas le choix.

Lorenzo : Agent Spade ...

Elle ne répondit pas et, même si elle ne le montrait pas, elle commençait à avoir peur. Peur de l'avenir, peur de son avenir, de leur avenir. C'était nouveau, et plutôt désagréable.

Lorenzo : J'avais parié avec l'un de mes agents que vous étiez coupable... Je crois que j'ai gagné !

Ces stratégies, Jack les lui avait toutes apprises quand elle venait de débarquer au service et elle les appliquait sans états d'âme. Mais là, c'était très différent de se retrouver de l'autre côté du bureau. Ce n'était plus elle qui posait les questions, mais là, elle n'y répondait pas non plus. Pas de questions, juste de simples affirmations auparavant vides de sens, vides de conséquences, « vous êtes coupable ». Les mots résonnaient dans sa tête et elle n'en voyait pas la fin. Elle avait l'impression qu'elle allait fondre en larme mais aucune ne venait. Elles avaient été pour Jack, tout en elle avait été pour Jack.

Lorenzo : Vous m'avez l'air fatiguée agent Spade ...
Samantha : Comme si ça vous faisait quelque chose ...

Ce n'était pas des réponses toutes faites, c'était juste que Jack lui avait apprit à répondre du tac au tac lorsqu'elle n'était encore qu'une bleue. Elle avait l'impression de n'avoir rien apprit de la NYPD, d'avoir tout apprit de lui ; y compris l'amour.

Lorenzo : Vous avez raison... Je m'en fou complètement ...

Il marqua une longue pause, affichant un large sourire sur son visage. Elle garda les yeux rivés dans les siens, une touche d'insolence au plus profond d'elle, elle était une battante, elle allait le rester jusqu'à la fin, même si cela voulait dire qu'elle allait devoir tout laisser tomber.

Lorenzo : Bien ... Vous m'avez mentit quand vous m'avez dit que vous ne connaissiez pas Vince Mahern
Samantha : Le mort ? Non, je crois pas non ...

Lorenzo baissa légèrement les yeux vers son sac.

Lorenzo : Laëtitia Mincieli ça vous dit quelque chose ?

Là oui. Unes de ses premières affaires à la NYPD. Tout d'un coup, tout lui revint en mémoire. Bien sûr ! Il était l'étudiant qui l'avait violée et étranglée dans les toilettes de son lycée. Pas assez de preuves. C'était ça ...

Samantha : Vaguement ...
Lorenzo : Bien sûr... On n'oublie jamais ses premières affaires.

Non, c'était vrai. Mais elle ne l'avait pas reconnu et maintenant elle avait un bon mobile. Il jeta une nouvelle fois le dossier de l'affaire devant elle. Son rapport y figurait en première page et elle sentit son c½ur s'accélérer légèrement.

Lorenzo : Vous n'avez jamais vraiment abandonné... Vous n'avez jamais vraiment accepté qu'il s'en sorte ?
Samantha : Je vous demande pardon ?
Lorenzo : Avouez que vous l'avez mal prit quand vous avez découvert que la justice ne pouvait pas toujours faire son travail ?

« Spade, DE-HORS ! » lui avait crié son patron à l'époque pour qu'elle sorte de son bureau. Elle était jeune, elle avait prit cette affaire beaucoup trop à c½ur. Peut être à cause de ce qu'il s'était passé avec Emily. Comment avait-il réussit à savoir ça ? C'était ça la véritable question.

Samantha : J'étais jeune, sans expérience, j'ai perdu mon sans froid... Ca vous est jamais arrivé ?
Lorenzo : Je ne fais l'objet d'une enquête pour meurtre Agent Spade !
Samantha : Vous devriez, vous verrez comment ça fait !
Lorenzo : Mademoiselle... Je ne suis pas là pour vous embêter, je suis là pour rétablir la vérité. Vous avez tué cet homme d'une balle de 9 mm à côté de l'épaule gauche et vous aviez un mobile... Ca va être dur de faire passer ça en légitime défense.
Samantha : Je suis une très bonne tireuse. Si j'avais voulu le tuer, je l'aurais fait.
Lorenzo : Vous l'avez fait agent Spade, vous l'avez fait ...

Il marqua une courte pause et se rapprocha un peu plus d'elle. Elle pouvait maintenant sentir souffle à quelques centimètre d'elle lorsqu'il réattaqua.

Lorenzo : Alors comment ça c'est passé, comment vous l'avez retrouvé ? Il faisait partie d'un des suspects d'une de vos enquêtes, vous vous êtes dit que c'était le moment ou jamais de l'empêcher de nuire ?

Elle ne répondit pas.

Lorenzo : Ne me dites pas que vous ne saviez pas parce que ça m'étonnerait...
Samantha : C'est pourtant la vérité...
Lorenzo : Allez tout le monde fait des petites erreurs...
Samantha : Pas moi ...

Elle réfléchit un court instant en pensant à Jack.

Samantha : Pas de cet ordre là en tout cas
Lorenzo : Vous êtes sûre ?
Samantha : Oui
Lorenzo : Alors comment vous expliquez que vous êtes le membre de votre équipe à tirer le plus souvent en face d'un suspect ?
Samantha : Je fais juste mon boulot !
Lorenzo : Combien de fois vous avez été couverte Samantha ?
Samantha : Agent Spade ...
Lorenzo : Agent Spade ?
Samantha : On ne m'a JAMAIS couverte !
Lorenzo (insistant) : Combien de fois Malone vous a couverte ?
Samantha (sur la défensive) : Aucun membre de mon équipe ne m'a jamais couverte Agent Lorenzo !
Lorenzo : Malone n'est plus vraiment qu'un membre de votre équipe agent Spade...
Samantha : Qu'est ce que vous insinuez ?
Lorenzo : Une enquête a été dressée contre vous deux, vous ne vous en souvenez plus ?
Samantha : Accusations sans fondement, l'enquête est partie au placard je vous rappelle !
Lorenzo : Y'a pas de fumée sans feu, vous savez ...
Samantha : Prouvez le !
Lorenzo : Vous voulez que je vous dise où on vous a arrêtée ?
Samantha : L'hospitalité vous connaissez ?
Lorenzo : N'insultez pas mon intelligence Agent Spade ! Il vous couvre tout le temps, au bout d'un moment, on se pose des questions !
Samantha : Quand par exemple, hein ?
Lorenzo : Vous avez descendu la personne qui avait prit votre s½ur en otage... Le « pseudo » père de son enfant...
Samantha : Il a braqué son arme sur moi !
Lorenzo : C'est ce qui était écrit dans le rapport ça ! Personne n'ira vérifier grâce à Malone !
Samantha (soupirant) : Vous n'avez aucune preuve ! C'était de la légitime défense !
Lorenzo : Vous êtes sûre que vous n'avez pas la gâchette trop facile ?
Samantha : Qu'est ce qui vous permet de dire ça ?

Le ton montait et elle était parce que en train de crier contre lui. Elle se battait contre lui et elle était loin de gagner.

Lorenzo : Les statistiques !!

Il lui balança une feuille pleine de chiffres à la tête.

Lorenzo : Vous êtes la personne qui ouvre le plus le feu dans tout le service !!! L'occasion s'est présentée de mettre un nouveau salopard hors d'état de nuire et vous l'avez saisie ?!
Samantha (criant) : Non !
Lorenzo (très fort) : Pourquoi hein ? Vous avez peur ? Vous voulez vous montrer courageuse ? Vous voulez faire justice vous-même ? Et quand vous vous êtes retrouvée en face de Vince, quelle option c'était ? Qu'est ce qui s'est passé ??

Elle sentait son souffle sur son visage et le sien devenait de plus en plus saccadé. Son c½ur battait à 100 à l'heure et tout ce qu'elle espérait c'était qu'il arrête. Qu'il arrête de ramener toutes ces choses à sa mémoire comme de vulgaires dossiers sans importance. Elle savait qu'elle n'avait rien fait de mal, elle le sentait ; mais elle n'aurait jamais imaginé que se trouver de ce côté là de la barrière pouvait être aussi éprouvant.
Aussitôt, un silence lourd et brutal envahit la pièce lorsque Samantha ne répondit pas à sa question. Lorenzo recula sa chaise, comme pour la laisser reprendre son souffle mais se leva quelques secondes plus tard et marcha jusqu'à la porte en lui lançant une dernière attaque avant de partir...

Lorenzo : C'est vrai ...

Il fit une longue pause

Lorenzo : Vous êtes amnésique.



Chapitre 14 : When I am through with you

Jack : Vince ... On est pas intéresses par vos petites affaires de délinquant ok ? Tout, ce qu'on veut, c'est retrouver Elisabeth vivante...
Vince : Elle va bien je vous ai dit ! Laissez la !
Danny : Très bien alors viens voir ces parents avec moi pour leur dire qu'ils ne reverront jamais leur fille parce qu'un idiot comme toi veut pas nous dire ce qu'il s'est passé

Jack se leva lourdement et vint se poster juste derrière Vince. Il l'attrapa rapidement par le col, prenant Danny par surprise, et plaqua leur suspect numéro 1 contre le mur de salle avec une telle force que le jeune homme sentit presque le sol trembler sous se pieds.

Jack (à l'oreille de Vince) : J'ai un agent qui s'est fait arrêté et une gamine de 16 ans à retrouver avec des parents qui me demandent toutes les cinq minutes quand est-ce que je vais leur ramener leur « bébé » ...

Il poussa une nouvelle fois le « gamin » contre le mur.

Jack : ... Ce que tu peux dealer est bien la dernière de mes priorités !! Et je ne suis pas sûr que tu aimerais que ça en devienne une !

Jack maintint la pression sur le jeune adolescent encore quelques instants avant le laisser retourner s'asseoir.

Danny : Vince, dis nous ce que tu sais...
Vince : Ok c'est bon...

Ca faisait au moins une heure et demi qu'ils l'interrogeaient, sans résultat. Tout ce que Jack voulait à présent, c'était conclure l'enquête le plus vite possible afin de pouvoir résoudre le plus rapidement le cas de Sam.

Vince : Elis' et moi on sortait ensemble depuis quelques temps.
Jack : Je veux quelque chose que je ne sais pas jeune homme ! J'attends ...
Vince : Oui, oui ça vient... Donc on sortait ensemble depuis un bout de temps et on commençait vraiment à s'apprécier vous voyez... Avec elle, je me sentais vraiment bien, on était complices, elle me confiait plein de trucs ... Et il y a ... Genre deux mois un truc comme ça, ses parents on commencé à se disputer sérieux quoi ... Limite ils se tapaient pas dessus
Danny : Il y a avait déjà eu des disputes avant ?
Vince : Ouais, ouais mais rien de bien méchant quoi... Juste comme chez moi ; les parents ça se dispute c'est normal mais là ...

Jack tournait en rond dans la pièce comme un lion en cage. Il se retenait de pousser des soupirs d'exaspération à chaque fois que Vince prononçait une phrase. Il voulait juste savoir où était Elisabeth et pourquoi elle n'était plus avec lui.

Jack : Et ?
Vince : Et il y a deux jours... Ca a vraiment tourné au cauchemar. Elle a débarqué chez moi en hurlant, genre que ses parents s'étaient battus qu'ils allaient divorcer un truc comme ça là, je sais pas moi...
Danny (tendu) : Quoi tu « sais pas » ?
Vince : Calmos c'est une expression

Danny et Jack échangèrent un long regard. Les parents allaient divorcer et c'était pour ça qu'elle était partie. Son frère avait 18 ans et n'était presque jamais là, ses parents se disputaient tout le temps... Elle devait sûrement se sentir seule et avait eu envie de tout plaquer, normal....

Jack : Alors après...
Vince : Bah elle s'est posée chez moi et on a réfléchit toute la nuit et une partie de la matinée. Mais on ne voulait pas partir à la base, vous voyez. Alors je l'ai raccompagnée chez elle et c'est là qu'on a vu les mecs du FBI devant chez elle et tout, vous voyez on a paniqué... Elle avait juste passé la nuit chez moi ! Rien de grave ! C'est juste ses parents qui ont appelé pour rien. Je me souviens qu'on a couru chez moi et qu'en arrivant elle m'a dit de prendre quelques affaires et qu'on allait partir. J'ai pas réfléchit parce que j'étais vraiment amoureux d'elle, moi. Son frère avait même foutu le camp, elle se voyait pas endurer un divorce toute seule ! On a juste saisit l'occasion. Vous cherchiez un kidnappeur ou je sais pas quoi alors bon... On avait le temps de fuir. On s'est tirés il devait être une heure de l'aprèm, on a prit ma bagnole et on a foutu le camp, direction le Mexique !! J'avais piqué cinq cents dollars dans le tiroir à mon père alors on s'est arrêtés hier soir dormir dans un motel sur l'autoroute, et là ... J'ai pas dormis de la nuit. J'ai fait le point et j'ai réalisé que j'étais pas prêt à tout quitter comme ça, alors vers cinq heures j'ai laissé mes dollars sur la commode avec un petit mot pour elle et je suis rentré, fin de l'histoire.

Jack se rassit enfin face à lui et lui jeta un regard noir dont il se souviendrait toute sa vie.

Jack : T'as laissé ta copine toute seule, sur une aire d'autoroute parce que t'as « flippé » ?

Vince répondit à cette question avec un énorme « quoi ? J'ai rien fait » marqué à l'encre noire en plein milieu de son visage.

Vince : Oui c'est ça !

Jack se leva et, suivit de Danny il parvint jusqu'à la porte de la salle. Le jeune homme la referma après son passage et entendit vaguement Jack bougonner des mots du style « Quel gentleman ! »

Jack : Bon... Il nous a dit qu'ils voulaient partir au Mexique non ?
Danny : Ouais ...
Jack : Alors passe en revue toutes les listes de vols, de trains ou de bus en direction du Mexique... La gamine n'avait vraiment pas envie de retourner chez elle apparemment ... Elle a du suivre le plan toute seule... Je veux la retrouver avant qu'elle franchisse cette putain de frontière !!
Danny : Ok ...

Le jeune homme laissa passer un léger silence et observa son patron un long moment.

Danny : On aurait pas pu savoir avant... C'est pas la peine que tu te tortures avec ça Jack...
Jack : Merci du conseil !! Vas-y !


************

Il posa doucement son téléphone sur son bureau, comme il l'avait fait tant de fois depuis qu'il était arrivé ici. Un milliard de souvenirs le submergeaient à chaque fois qu'il entrait dans cette pièce. Des rires, des larmes, des baisers, des décisions pénibles, Maria, Hannah, Kate, Vivian, Danny, Martin, Elena, Ann... Sam. Il n'aurait abandonné tout cela pour rien au monde, rien, même toutes ses erreurs. Toute sa vie était entreposée dans ce bureau, dans ce boulot, c'était ce qu'il faisait, ce qu'il était. Mais tout ça, maintenant, n'avait plus de sens. Ce n'était pas à cause de Sam, pas à cause d'Elisabeth ou de Vince non plus. Il avait juste prit conscience aujourd'hui qu'il pourrait, un jour, tout perdre, qu'un jour, il allait tout perdre. Tout comme les parents d'Elisabeth avaient tout perdu en une journée, tout ce qu'il leurs restait, leur fille, en une journée, Samantha avait tout perdu elle aussi. Comme lui, ce travail, son travail, était toute sa vie, et même s'il parvenait à la sortir de là, elle repartirait à zéro, le FBI, pour elle, c'était malheureusement finit. Et, malheureusement aussi, il n'était pas seul à penser ça. Ce coup de fil, n'était pas comme tous les coups de fils plus ou moins anodins qu'il passait au cours de la journée habituellement. Non, malheureusement non. Ce coup de fil là, venait du juge qui s'occupait de « l'affaire Spade » comme il le disait si bien. Ce juge là, avait le pouvoir de détruire une vie, la vie d'une jeune femme de 32 ans qui n'attendait visiblement plus rien de cette même vie. « Jack, je sais que c'est agent à toi mais on a un million de preuves contre elle, tout ce que je peux faire, c'est reculer sa mise en examen à demain treize heure... Je suis désolé ».
Désolé, quel beau programme. Sur Terre, à cet instant précis, au moins trois milliards de gens devaient être « désolés ». Des hommes, des femmes, des enfants, des amants. Demain, d'autres gens seraient désolés, il en ferait sûrement partie, lorsqu'il lui annoncerait qu'il ne pouvait plus rien faire pour elle. Mais pour l'instant, il y a avait encore une chose qui pourrait peut être marcher, en tout cas, il l'espérait. La porte de son bureau s'ouvrit doucement, une voix s'annonça, et il invita la femme qui la possédait à s'asseoir.

Lisa Harris : Jack, tu m'avais demandé de venir ?
Jack : Oui, j'espère que je ne t'ai pas dérangée
Lisa : Non, non, j'avais encore des dossiers à régler ... Qu'est-ce qu'il y a... Je croyais que tu n'avais plus besoin de médicaments en ce moment ?
Jack : C'est pas pour moi ...
Lisa : Jack je ne suis pas sûre de pouvoir ...
Jack : T'es au courant pour ce qui arrive à Sam ?
Lisa : Vaguement... C'est vrai qu'elle ...
Jack : ... Oui
Lisa : Je ne vois pas trop ce que je peux faire ...
Jack : Tu te souviens que tu avais aidé une gamine à se souvenir d'évènements passés avant que je parte temporairement à Chicago ?
Lisa : Oui ...
Jack : Alors je crois que tu vas pouvoir faire quelque chose pour moi ...



Chapitre 15 : Tomorrow

Gardien : Mlle Spade ?

Elle se redressa rapidement contre le mur de sa cellule, parcourant la pièce et le couloir de ses yeux bruns. La nuit était tombée depuis une heure environ et la petite fenêtre à barreaux fixée à sa droite ne lui offrait plus que la lumière intense de la pleine lune à admirer.

Samantha riva alors ses yeux vers le gardien qui venait de lui adresser la parole. C'était un homme imposant d'une trentaine d'années, noir, le crâne rasé, avec une grande balafre sur le front. Elle ne pu s'empêcher de se demander si elle était due à un excès de colère d'un détenu.

Samantha : Oui ?
Gardien : Vous avez de la visite ... Je laisse entrer ou pas ?

L'atmosphère qui se dégageait dans le dépôt secondaire de la NYPD lui mettait la chair de poule. Lorsqu'elle était arrivée, une quinzaine de personnes étaient présentes, à ce qu'elle avait comprit, ici, on ne mettait ici que les gens jugés peu dangereux par la police ou n'ayant commis que des délits mineurs. Elle avait du mal à déterminer si c'était flatteur pour elle de se trouver là ou pas. Au cours de la journée, les cellules s'étaient vidées, une à une, pour finalement ne garder que deux personnes pour la nuit : elle, et une autre femme, à l'autre bout du couloir, qui n'avait pas prononcé un seul mot depuis des heures entières.

A vrai dire, elle se doutait bien de l'identité de son mystérieux visiteur mais elle n'avait envie de parler à personne ce soir et elle avait trop de soucis pour en plus aller se disputer avec Jack qui bien sûr évoquerait la nuit qu'ils avaient passé tous les deux. Elle ne regrettait pas mais, encore une fois, elle essayait d'oublier, d'oublier ce qu'il s'était passé entre eux, d'oublier qu'elle l'aimait, qu'elle l'aimait plus encore.

Samantha : Si c'est un homme d'une cinquantaine d'année qui se dit mon « patron » dites lui... dites lui que ... dites lui que j'ai été transférée

Elle vit un sourire timide se former sur les lèvres du gardien.

Gardien : J'aurais bien aimé vous aider mais c'est une femme...
Samantha : Ah dommage ! On se serait marrés ! Bon, laissez la entrer alors...
Gardien : Bien M'dame !

Samantha lui rendit son sourire, se leva et marcha d'un pas lent jusqu'à l'autre bout de la pièce. Le jeune gardien fit volte-face mais, avant qu'il ne sorte du champ de vision de la jeune femme, lui demanda une dernière chose en attendant de faire entrer la femme mysterieuse qui venait lui rendre visite.

Gardien : Pourquoi vous êtes là, je veux dire, qu'est-ce que vous avez fait, vous êtes beaucoup plus respectueuse que les autres détenus qu'on voit ici ?

Samantha lui adressa un triste sourire, les yeux dans le vide, réfléchissant une seconde avant de répondre, incapable de savoir qu'est-ce qui l'intriguait le plus : la question de ce gardien ou l'identité de la femme qui était maintenant postée aux côtés de jeune homme.

Samantha : Il paraît que j'ai tué un homme avec mon arme de service...

Il inclina la tête, comme une révérence à ce qu'elle était ou avait été, et retourna immédiatement à son bureau pour ouvrir la grille de séparation entre le couloir et sa cellule. Etait-il un de ces hommes vouant un espèce de respect démesuré à tout ce qui touchait de près ou de loin à la police ? A vrai dire, c'était comme une évidence à ses yeux.

La nouvelle arrivée s'avança vers Samantha et la grille de métal se referma juste derrière elle. C'était vraiment la dernière personne que la jeune femme s'attendait à voir débarquer dans sa cellule.

Samantha : Lisa Harris... Que me vaut le plaisir, je croyais que nos séances étaient terminées depuis un bout de temps maintenant, exact ?
Lisa : Merci, très bien et vous ?
Samantha : Désolée mais... Je ne suis pas habituée à la vie en captivité... Encore...

Elle jeta ses bras nus en l'air, désignant les quatre murs de béton qui la retenaient prisonnière. Elle cligna des yeux une ou deux fois, laissant s'installer un silence s'installer entre elles, un silence qu'elle avait toujours préféré aux mots, un silence auquel elle et Jack étaient particulièrement attachés. Parfois, les mots ne suffisent plus, les mots sont inexpressifs, distants, neutres, ils s'évaporent en moins de quelques secondes laissant leur place à certains regards qui eux, restent pour l'éternité.

Lisa : Alors ? Comment ça va ? Vous tenez le coup ?
Samantha : On peut dire ça... Je ne sais pas trop en fait.

Elle détestait parler avec Lisa, encore une fois, selon elle, parlait n'arrangeait rien. Elle avait l'impression qu'elle notait tout ce qu'elle disait ou faisait et qu'elle analysait tout cela en une fraction de seconde comme si elle était un animal à la merci d'une scientifique de renom. Bon, Lisa était peut être une scientifique... Plus scientifique qu'elle en tout cas.

Elle se rassit sur le lit pendant que Lisa prit une chaise juste en face d'elle. Elle commençait à réfléchir, réfléchir à ce qu'elle avait fait, à la raison pour laquelle elle en était là. Elle revoyait le visage de ce policier, Lorenzo, elle revoyait le visage de Jack ; le visage d'Elisabeth aussi. Elle posa ses coudes sur ses genoux, la tête dans ses mains, le regard de Lisa la suivait dans tous ses gestes, dans tous ses mots, dans tous ses petits gestes qui montraient que la pression était beaucoup trop forte pour ses pauvres épaules. Elle devait reconnaître qu'elle avait perdu pied depuis son interrogatoire. Complètement perdu pied.

Samantha : Dites moi, c'est à cause de Jack que vous êtes là non ?
Lisa : En partie oui... Ca vous dérange ?

Elle ne répondit pas et évita le regard interrogateur de Lisa. La vérité, c'était qu'elle devait admettre que pour une fois, elle n'en savait rien, elle ne contrôler plus rien et c'était l'expérience la plus angoissante qu'elle avait jamais vécu. Elle détestait vivre dans l'incertitude, elle détestait devoir s'en remettre au hasard, elle détestait ne pas savoir ce qu'elle ressentait, et elle détestait par-dessus tout le fait d'avoir le temps d'y réfléchir toute la journée, coincée entre quatre murs, sans aucune distraction ni aucun contact avec l'extérieur. La raison pour laquelle son boulot était finalement toute sa vie, c'était qu'il l'empêchait de penser à autre chose. Elle aimait passer sa journée à décrypter les émotions des gens, à trouver ce qu'il ressentait, à découvrir pourquoi ils avaient voulu tout quitter. Cela lui permettait de rester éloignée de ses propres pensées, de ses propres problèmes... De rester éloignée de Jack.

Lisa : Vous voulez en parler ?
Samantha : Je crois pas non...
Lisa : Bien... Parlons d'autre chose alors... ok ?
Samantha : Ok ...

Lisa poussa un long soupir. D'après ce que Samantha décrypta de son attitude, elle avait eu envie de repousser le moment des aveux le plus loin possible dans leur conversation. Samantha avait envie de lui demander pourquoi Jack l'avait envoyée là mais elle n'eu même pas besoin d'ouvrir la bouche pour obtenir des explications. Avec Lisa, c'était bien la première fois.

Lisa : Jack pense que je peux vous hypnotiser, vous retrouverez la mémoire et peut être qu'on trouvera un moyen de vous disculper.

Samantha leva son regard brun vers Lisa, comme si elle venait de voir un fantôme. Elle avait déjà vu cette femme à l'½uvre, avec des adultes, avec des enfants, et tous ceux qui faisaient l'expérience découvraient des secrets qui les changeaient à tout jamais. Elle avait bien sûr envie de savoir la vérité, plus que tout au monde. Mais elle avait peur de ce qu'elle allait pouvoir découvrir, peur qu'elle ne soit pas aussi blanche qu'elle le pensait, peur de ce que ces révélations pourraient entraîner, peur de ce que Jack pourrait en penser, penser d'elle, penser d'eux. Elle ferma les yeux un court instant. La vérité n'était pas toujours bonne à entendre. Elle perdrait son boulot de toute façon. Une enquête aussi poussée lui détruirait sa carrière, innocentée ou pas. Mais sans ce boulot, sa vie en valait-elle vraiment la peine ? Jack faisait partie de ce boulot, c'était tout ce qu'elle admettait savoir.

Samantha : Je ne sais pas si c'est une très bonne idée...
Lisa : Samantha... On ne ferait pas ça si ce n'était pas le dernier recours qu'on possède.
Samantha : De toute façon ça ne marchera pas
Lisa : Ca ne marchera pas ou vous en voulez pas que ça marche ?
Samantha : J'en sais rien, à votre avis ? C'est vous la psy non ? Sérieusement Lisa, ça ne marchera pas...
Lisa : Pourquoi ça ?
Samantha : Un jour, vous m'avez dit que ça ne marchait que si on y croyait dur comme fer ...

Lisa esquissa un sourire. Elle rapprocha sa chaise du lit de Samantha. Sa voix devint alors plus douce, plus confiante, plus rassurante...

Lisa : Et alors ? Vous n'y croyez pas ?

Samantha baissa la tête, marquant une courte pause.

Samantha : On peut dire ça comme ça ...
Lisa : Vous pensez que vous n'avez aucune chance ? Que vous n'avez pas le droit de vous en sortir ? Vous n'êtes pas responsable de la misère du monde Samantha, vous avez le droit d'être heureuse... Laissez moi essayer, je vous en supplie. Vous ne devez pas abandonner comme ça

Samantha resta immobile un bon bout de temps, éliminant une à unes les possibilités qui lui restaient dans sa tête. Malheureusement, bien que ça soit loin de l'enchanter, Lisa était bien l'incarnation même de sa dernière chance.

Lisa : N'ayez pas peur de la vérité Samantha, vous valez mieux que ça...

La jeune femme fut incapable de dire combien de temps s'écoula entre ce moment et le moment où elle releva sa tête vers Lisa Harris. Tout comme Jack, elle savait taper là ou ça faisait mal et elle savait exactement comment vous faire changer d'avis en quelques phrases. Peut être que la psychologie n'était pas faite que pour les abrutis finalement...

Samantha : Ok, allez-y, j'ai plus rien à perdre et puis... Vous êtes bonne à ce que vous faites

Lisa sourit et acquiesça simplement. Comme l'avait dit Jack, convaincre Samantha Spade de se laisser faire n'avait pas été chose facile, encore moins qu'elle ne le pensait. Mais, c'était finit maintenant. Il n'y avait plus qu'à prier pour découvrir ce qui s'était vraiment passé.




Chapitre 16 : Never To know

Lisa : Alors, vous êtes prête ?

Non, pas vraiment non. Son appréhension était tellement forte qu'elle sentait ses mains trembler. Une petite voix dans sa tête criait « Annule tout, annule tout Sam tu vas le regretter ! ». Mais au final, comment pourrait-elle regretter ? Elle rêvait de la vérité.

Samantha : Oui

Elle respira un bon coup, juste pour se donner un peu de courage. La vérité, c'était qu'elle avait peur. Vraiment peur. Peur, justement, de cette vérité qui allait sûrement tout changer. Paradoxalement, elle voulait vraiment savoir et comprendre ce qu'il s'était passé. Elle ne voulait pas seulement être blanchie, elle voulait être sûre qu'elle n'était pas capable du tuer quelqu'un par vengeance. Cette histoire lui avait mit des doutes par rapport à ses propres limites, ses valeurs, ses engagements. Elle n'était plus naïve comme autrefois, elle savait pertinemment qu'elle ne retrouverait probablement jamais sa vie d'avant. Elle savait qu'elle ne retournerait jamais au FBI. Enfin, tout du moins, elle savait que l'espoir qui restait pour qu'elle retrouve sa place d'agent de terrain se limitait à de très faibles probabilités. Non, ce qu'elle voulait avant tout, c'était découvrir la vérité, même si celle-ci pouvait la conduire jusqu'aux tribunaux.

Lisa : Vous êtes sûre ?
Samantha : Ne me faites pas changer d'avis...

Lisa laissa se former un léger sourire sur son visage qui s'effaça peu à peu pour laisser place à long silence d'hésitation. Samantha fixait Lisa inlassablement, tortillant nerveusement une mèche de ses cheveux blonds. Elle ferma les yeux un court instant, se demandant ce que la psychologue attendait. Elle n'osait plus bouger, ne serait-ce qu'un seul instant, de peur de faire quelque chose de mal, quelque chose qu'elle pourrait regretter.

Samantha : Alors ? On fait quoi là ? Je dois vous prendre les mains ou ...
Lisa : Seulement si vous en avez besoin...

Alors qu'elle refusait l'offre de Lisa, Samantha repensa aux enjeux véritables de cette séance sous hypnose ce qui fit monter son taux de stress encore plus haut qu'il ne l'était déjà. Lisa la fixait à son tour, une espèce d'expression trop sereine sur son visage.

Lisa : Vous êtes sûre ?

Samantha ne su pas exactement combien de temps elles restèrent là, à se regarder, sans dire un seul mot. Tout ce qu'elle comprit, c'était qu'à la fin de cet échange, elle avait réalisé qu'elle avait plus besoin du soutient de Lisa qu'elle ne le pensait. Elle avait beau se dire que tout irait bien, son c½ur n'arrivait pas à ralentir et ses mains, sur ses genoux, ne pouvaient pas s'arrêter de trembler. Elle leva son regard brun vers Lisa, respira longuement et finit par prendre ses mains dans les siennes.
En face Lisa ne fit aucun commentaire, et Samantha faillit l'en remercier. C'était vraiment assez difficile pour elle comme ça.

Lisa : Prenez une longue inspiration, fermez les yeux et comptez jusqu'à dix avec moi... 1...2...3...4

Elle s'exécuta, s'obligeant à se détendre pendant les dix secondes qu'il lui restait. Ses mains arrêtèrent de trembler et son c½ur ralentit brusquement lorsque Lisa annonça le chiffre dix.

Lisa : Il ne peut plus rien vous arriver maintenant Samantha. Je vais lâcher vos mains, me déplacer jusqu'à vous et lorsque je vais vous donner une petite tape sur le front, vous reviendrez à la journée d'avant hier, aux alentours de vingt et une heures, lorsque vous avez quitté le bureau

Elle sentit Lisa lâcher ses mains et lui taper sur la tête mais elle fut complètement incapable de réagir. Elle entendait tout, sentait tout, mais c'était comme si son cerveau était tout simplement en « veille ». Elle se vit alors clairement, sans vraiment comprendre comment, quittant le bureau aux alentours de vingt et une heures, deux jours auparavant.


Flash Back

Elle marchait, un dossier blanc à la main, vers le bureau de Jack. Comme d'habitude, la lumière à l'intérieur était toujours allumée et, comme d'habitude, ils étaient les deux derniers à rester si tard au bureau, même si leur enquête s'était terminée d'une fin heureuse. C'était peut être une sorte rituel, qui sait ? La vérité, c'était qu'elle n'aimait pas rentrer chez elle et lui non plus. Le bureau, lui au moins, n'était jamais vide. Enfin, ce soir, elle avait décidé de lui dire au revoir, de déposer le rapport sur son bureau et de s'en aller au bar aussi vite que possible. Le problème, c'était que ça se produisait assez souvent en ce moment, peut être trop souvent même. Sa conscience ne cessait de lui dire 'Samantha, c'est pas en couchant avec un nouveau mec tous les soirs que tu vas avoir une relation stable' mais à vrai dire, une relation stable, c'était la dernière chose qu'elle voulait en ce moment.
Elle frappa quelques petits coups à la porte du bureau de Jack qui lui fit rapidement signe d'entrer.

Jack : Tu es encore là ?
Samantha : Je finissait mon rapport, tiens...

Elle posa délicatement le dossier sur son bureau tout en faisant bien attention d'éviter son regard. Elle n'avait pas envie de lui parler ce soir. Elle esquissa un rapide « salut » du coin des lèvres et commença à retourner vers la sortie de la pièce mais Jack l'interpella avant qu'elle n'ait franchi le seuil.

Jack : Tu sais, ça pouvait attendre demain...
Samantha (se retournant) : Quoi ?
Jack : Ton rapport... Je pense que tu travailles trop ...

Elle revint sur ses pas, un sourire étalé tendrement sur son visage.

Samantha : C'est toi qui dis ça ?
Jack : Sam...Crois le ou non, je me fais du soucis pour toi ! Tu es jeune, tu ne devrais pas passer autant de temps à bosser ! Tu devrais sortir, rencontrer des gens, ce genre de choses...

Elle savait que ces simples mots, sortant de sa bouche, venaient de lui donner le sourire pour toute la soirée. Elle aimait ce semblant de complicité qu'ils avaient retrouvé, comme avant son faux départ à Chicago. Ses taquineries et ses plaisanteries lui avaient manqué, terriblement manqué.

Samantha (souriante) : Merci pour cette magnifique leçon de morale mais figures toi que je sors ce soir...

Il éclata de rire faisant semblant de ne pas la croire.

Jack : Non ?! Qui voudrait bien sortir avec toi, la bosseuse invétérée ?
Samantha (défiante) : Tu serais surpris !
Jack : Attends, donne moi son numéro il faut que je le prévienne que c'est pas une bonne idée !!

Elle éclata de rire une nouvelle fois. Elle aurait bien vu Jack en ex jaloux et possessif mais elle savait que ce n'était pas le cas.
Un léger silence s'installa dans la pièce durant lequel elle baissa les yeux sur le petit radio réveil qui trônait triomphalement sur son bureau.

Samantha : Oh putain je vais être en retard !
Jack : Bah vas-y alors, files qu'est-ce que t'attends ?
Samantha : C'est toi qui m'a retenue !!
Jack : Samantha, laisses tomber, vas-y !
Samantha : Ok, à demain alors !!
Jack : à demain...

Fin du Flash Back


Samantha (décrivant ce qu'elle voit) : Je sors de la pièce. Je n'ai pas dit la vérité à Jack. La vérité, c'est que je vais au bar toute seule mais j'espère y rencontrer quelqu'un. Là pour l'instant je prends ma voiture pour rentrer me changer.
Lisa : C'est bien Samantha... Maintenant, je veux que vous sautiez la partie où vous êtes chez vous et que vous vous rendiez directement au bar. C'est ce que vous allez faire dès que je vous aurai tapé sur la tête.

Samantha sentit une petite tape sur son front et laissa avancer les images dans sa tête jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive entrant dans le bar juste en face de chez elle.


Flash Back

Elle entra dans le bar. L'endroit était si habituel qu'elle le connaissait par c½ur. En même temps, elle passait plus de la moitié de ses soirées ici ces derniers temps. Il devait être vingt deux heures trente quand elle balaya la petite salle du regard. Un groupe de jeunes était assis dans le fond, riant aux éclats et buvant quelques bières.
Samantha fit un ou deux pas vers le comptoir, passant à côté d'un couple, d'un homme d'une soixantaine d'années et de plusieurs types seuls assis soit au bar soit à une des tables situées sur le côté. Son regard dériva alors jusqu'au fond de la salle, où elle trouva un tabouret libre à côté d'un homme blond d'une quarantaine d'années.

Fin du Flash Back


Samantha (voix off) : C'est Vince Mahern ! Il est là, je vais vers lui je ...
Lisa : Ok Samantha, surtout ne vous réveillez pas et continuez à me décrire ce qu'il se passe ...


Flash Back

Elle s'approcha et s'assit juste à côté de lui. La musique du poste de radio situé à l'entrée résonnait encore dans ses oreilles. C'était les mêmes morceaux country tous les soirs, elle allait finir par les connaître par c½ur. Joe, le gérant, lui avait dit qu'ils étaient là pour donner l'impression d'être au fin fond de l'Arizona, tout en restant à dix minutes de Manhattan. Malheureusement, il était convaincu du résultat et elle n'avait jamais osé le contredire. Max, l'un des serveurs avança vers elle, un bac à cocktail à la main.

Max : Ah Samantha, ça faisait deux jours au moins ! Qu'est ce que je te sers ?
Samantha : Juste une bière...
Max : T' es sûre tu veux pas quelque chose de plus fort, t'as l'air ...
Samantha (le coupant) : Non, non c'est bon, juste une bière merci.
Max : Ok, ok aucun problème !

Il repartit et elle entendit vaguement son voisin lui adresser la parole. Elle se tourna vers lui, il lui tendait la main.

Vince : Samantha... Salut, moi c'est Vince...
Samantha : Salut ...

Elle se tourna à nouveau vers le bar, les yeux dans le vide. Elle laissa dériver son esprit pendant un long moment, pensant à Jack, à l'affaire. Elle était vraiment heureuse d'avoir retrouvé Sahara Thomas vivante.
Le serveur vint lui apporter sa bière et la sortit donc un court instant de ses rêveries. Elle bu une gorgée, puis une autre, et encore une autre. Finalement, lorsque Vince lui adressa de nouveau la parole, elle avait presque vidé deux bouteilles.

Vince : Dure journée ?

Elle réfléchit un court instant, comme pour laisser à son cerveau le temps d'analyser la question plus en profondeur.

Samantha : On peut dire ça...

A ce moment là, aussi étrange que cela pouvait paraître, elle sentit qu'elle allait terminer la soirée avec lui. Elle avala la dernière gorgée de sa bouteille et se retourna à nouveau vers Vince.

Vince : Boulot ? Amours ?

Elle était sur le point de répondre « boulot » lorsqu'elle pensa à Jack. C'était un peu des deux en fait.

Samantha : Les deux ...

Vince lui adressa un léger sourire qu'elle lui rendit immédiatement. Il commanda quelque chose pour elle mais elle ne parvint pas à entendre quoi. En attendant leur commande, Vince commença à lui parler, puis à la draguer, et tout ce qu'elle pouvait faire s'était rire à ses blagues idiotes parce que finalement elle n'avait pas la tête à autre chose. Elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à Jack et à ce qu'il penserait en la voyant ici. Aucun risque. Quelques secondes plus tard, Max lui apporta sa commande et elle bu une gorgée du mélange sans vraiment se poser de questions. Des minutes passèrent, puis des heures, quand elle jeta un nouveau coup d'½il à son portable, il affichait deux heures du matin. Ses yeux embués par l'alcool, elle balaya la salle du regard, cherchant désespérément les toilettes. Il ne restait plus personne sauf eux et un vieux clochard dans le bar, sûrement alcoolique lui aussi. Elle éclata de rire.
Max la dévisagea du regard, comme s'il avait vu un fantôme. Tout bien réfléchit, elle devait sûrement avoir l'air d'un fantôme. La jeune femme se retourna une nouvelle fois vers Vince, remarquant qu'il paraissait légèrement moins bourré qu'elle. Le jeune serveur, qui avait sûrement l'habitude de ce genre de situation, lui indiqua les toilettes, avant même qu'elle n'exprime sa demande.
Elle tituba en direction de la petite porte située dans un coin à sa droite et se posa à côté des lavabos. Elle appliqua, le plus délicatement qu'elle pu, de l'eau sur son visage et s'observa pendant quelques minutes, sans être vraiment sûre de ce qu'elle voyait, ou espérait voir. Elle avait bossé dur pour être agent et voila, elle était bien récompensée maintenant. Elle ferma les yeux un durant un moment puis retourna à l'intérieur du bar. Il fallait qu'elle accélère avec Vince, sinon, elle ne tiendrait pas la soirée.

Fin du Flash Back


Elle devait sûrement avoir l'air troublée parce que Lisa lui adressa de nouveau la parole.

Lisa : Samantha... Restez attentive... Que voyez vous maintenant ?
Samantha : Je reviens dans la pièce. Vince est penché sur mon verre.
Lisa : Qu'est-ce que vous entendez par là ?
Samantha : Je ne sais pas trop, il me semble plus proche que tout à l'heure. Je... Mon esprit d'agent trouve ça louche mais... Je ... Je...
Lisa : Samantha, calmez vous, vous avez fait quelque chose ?
Samantha : Non, et quand je me rapproche, je ne vois rien dans mon verre, je me dis que je suis peut être parano...

Lisa fronça les sourcils. Elle ne le savait sûrement pas à ce moment là, mais peut être qu'elle n'était pas si parano que ça finalement. C'était sûrement grâce à cette courte absence qu'il avait réussit à mettre la drogue dans son verre...


Flash Back

Vince : Qu'est-ce qu'il y a ? T'as l'air soucieuse...

Elle se rassit sur le tabouret. Elle était complètement parano, tout ce passait très bien, il faudrait un jour qu'elle arrête de voir le mal partout.

Samantha : Rien... Rien du tout !

Elle avala son verre cul sec mais dit à Vince de ne rien commander d'autre. Elle devait trouver un moyen de l'emmener jusque chez elle. Elle savait et devait qu'elle allait finir la nuit avec lui.
Elle fit semblant de tomber de sa chaise, et Vince la regarda avec des yeux ronds. Ils éclatèrent de rire, puis, redevenant sérieux, il prit la décision de la raccompagner.

Vince : T'habites où ?

Elle accentua les effets de l'alcool sur sa capacité à former des mots. Son plan allait peut être marcher.

Samantha : Au coin de la rue...

Elle éclata de rire une nouvelle fois, cette fois-ci elle était incapable de savoir si elle l'avait voulu ou pas. Un chose était sûre elle obtint l'effet désiré.

Samantha : Je crois que je vais rentrer peut être...

Elle descendit du tabouret mais faillit s'écrouler après son premier pas. Elle ne pensait pas avoir bu autant. Max alla s'avança vers elle mais Vince l'arrêta en chemin.

Vince : C'est bon ... Je vais la ramener, merci quand même...

Samantha se tourna vers lui et essaya de protester mais il n'en fit rien. Il attrapa son sac et ses affaires et la traîna jusqu'au bout de la rue. Là, en bas de son immeuble, elle tourna ses clés dans la porte cochère puis se retourna une nouvelle fois vers Vince.

Samantha : Tu veux monter ?

Fin du Flash Back


Lisa: Il monte ?
Samantha: Oui, je l'emmène dans l'ascenseur. C'est bizarre mais je me sens super fatiguée d'un coup. Comme si on m'avait tapé avec une grosse massue. J'ouvre la porte de mon appartement, je pose mes affaires et je lui dis de se mettre à l'aise...


Flash Back

Samantha: Vas-y, fais comme chez toi

Elle posa ses affaires sur la commode. Son arme était posée sur le coin du meuble. Elle jeta un rapide coup d'½il à Vince, il était déjà passé au séjour et n'avait rien vu. Elle pouvait la laisser là.
Elle avança vers le bar de la cuisine, Vince, quant à lui, était assis sur le canapé.

Samantha : Je te sers quelque chose ?
Vince : C'est bon merci.

Elle ouvrit un placard pour se prendre un verre lorsqu'elle s'écroula presque sur le sol. Se ressaisissant, elle décida de se servir un peu d'eau. Elle se sentait vraiment bizarre à présent. Elle savait qu'elle avait bu, beaucoup, mais pas au point d'avoir l'impression qu'elle allait perdre connaissance.
Son regard s'embua un peu plus mais elle parvint à poser son verre dans le lavabo et à se retourner vers Vince. Il avait avancé jusqu'au bar et la regardait droit dans les yeux. Elle frissonna. Son regard avait changé, trop changé. Il lui paraissait glacial à présent, vide d'expression. Elle ferma les yeux un court instant, cherchant désespérément à reprendre conscience. Lorsqu'elle les rouvrit, c'était toujours le même Vince qui la fixait, glacial et presque cruel.
C'est là qu'elle le reconnu. Son visage, ce visage... Elle n'avait jamais pu l'oublier. Elle avait revu son visage et celui de cette fille pendant deux ans au moins après son innocentement par la cour. Son corps vacilla et elle recula de quelques pas vers le fond de sa cuisine.
Il approcha. C'est là qu'elle réalisa que le fait qu'elle avait l'impression d'être au bord de l'évanouissement n'était pas du à tout l'alcool qu'elle avait ingéré. Merde, il avait sûrement mit quelque chose dans son verre, c'était comme ça qu'il avait fait avec Jenifer. Son cerveau faisait abstraction de tout le reste. Elle se revoyait, entrant dans la pièce et lui, près de son verre, beaucoup trop près de ce putain de verre. Merde, merde, merde !! Elle n'avait rien vu.

Elle attrapa un couteau qui traînait sur le comptoir et ensuite, ensuite tout alla très vite. Il lui rit au nez, disant que dans quelques secondes elle ne tiendrait plus debout, que ça ne servait à rien du lutter comme ça. Elle savait comment la fille avait fini quelques années auparavant : étranglée puis jetée dans l'Hudson. Elle ne
devait pas mourir. Est-ce qu'au moins il savait qui elle était ? Elle avança sur lui le couteau à la main. Il riait, riait aux éclats. Son rire, ce rire, résonnait dans ses oreilles comme un écho. Elle ne tenait presque plus debout. Son corps, au bord de l'évanouissement, se jeta sur lui mais le couteau lui glissa des mains. Il essaya de l'attraper mais elle se releva tant bien que mal et couru vers la commode. Elle se sentit tomber et s'accrocha à la commode de ses dernières forces. Vince avançait à grand pas vers elle. Elle saisit son arme et la braqua sur lui.

Vince : Même si tu savais tirer, sur serait incapable de me toucher. C'est trop tard jeune fille.

Elle recula, titubant, vers les étagères où se trouvait le téléphone. Elle sentait son c½ur ralentir tout doucement, elle n'avait plus que quelques secondes. L'étagère s'écroula sous son poids quand elle essaya de l'attraper. Elle vacilla une nouvelle fois et Vince éclata de rire. Sa main balaya le mur, à la recherche d'un objet qui pourrait la retenir dans sa chute, elle attrapa un cadre, se redressa une dernière fois. Elle ne voyait presque plus rien à présent et tout ce qu'elle savait c'était qu'elle ne voulait pas mourir. Vince s'approchait d'elle, un espèce de chandelier à la main. Son arme était toujours braquée sur lui. Elle n'avait plus qu'à tirer, tirer dans le vide en espérant que quelqu'un dans l'immeuble appelle la police...

Fin du Flash Back


Elle ouvrit les yeux en sursaut, son c½ur battant à un rythme intenable. Des larmes roulaient sur son visage et Lisa la fixait en criant « Samantha, c'est là que vous avez tiré ?? C'est là que vous avez tiré, dites moi !! ». Elle balaya nerveusement la salle du regard, priant pour qu'il ne soit plus là. Tout ça lui avait paru si réel... Elle ... Elle entendait encore le son qu'avait produit son rire, tout était amplifié, elle se souvenait de chaque détail, elle se souvenait aussi de comment et pourquoi elle en était arrivée là. Elle ne pu s'empêcher de crier, crier plus fort qu'elle ne l'avait jamais fait, Lisa devait partir, elle voulait être seule, dormir, oublier. Tous ces souvenirs devaient disparaître, aussi vite qu'ils étaient venus. Au bout d'un moment, Lisa quitta la pièce, et elle, elle criait, criait, criait... Les images se succédaient dans sa tête, elle avait l'impression d'être folle, d'être devenue folle. Ses yeux scrutaient l'entrée de sa cellule, effrayés d'avoir à revivre ça. Elle s'arrêta tout à coup de crier lorsqu'elle entendu Lisa parler à quelqu'un du fond de la prison. Elle téléphonait ...

Lisa (en écho) : Jack, on a un gros problème...

Samantha frissonna une nouvelle fois et s'étala doucement sur le lit de sa cellule. Elle posa sa tête sur le coussin, regardant ses mains trembler... Tout était de sa faute... Elle ne pouvait pas blâmer Lisa, elle ne pouvait pas blâmer Jack... Elle ferma les yeux et entendit un nouvelle fois le son de son arme dans sa tête...

Samantha (murmurant) : Désolée... Je suis désolée ...



Chapitre 17 : Not Ready To make Nice



Lorsqu'elle reprit conscience, la première chose qu'elle sentit, fut la chaleur du soleil sur sa peau comme lorsqu'elle se réveillait chez elle les jours d'été. Elle n'ouvrit pas immédiatement les yeux, juste pour profiter des quelques instants de répit qu'il lui restait avant de sortir définitivement du sommeil. Les souvenirs de la veille lui revenaient tous, petit à petit, et plus elle revoyait ces images, moins elle avait envie de se réveiller. Elle avait encore rêvé de Jack cette nuit. Enfin, c'était plutôt un souvenir qu'un rêve d'ailleurs. Elle sentait encore son regard posé sur elle, en train de la regarder dormir, admirant son calme, sa légèreté... Quand ils étaient ensemble, elle détestait qu'il fasse ça mais à présent, c'était ce qui lui manquait le plus. Ces matins dans ses bras lui paraissaient si beaux, si magiques ...
Elle posa ses mains sur ses yeux secs, s'obligeant à sortir de cette triste nostalgie qui s'emparait d'elle dès qu'elle pensait à lui...

Voix : Hey ...

Elle sursauta et ouvrit immédiatement ses yeux vers son interlocuteur. Jack était là, adossé contre le mur opposé de sa cellule, les mains dans les poches de son costume, observant la vue depuis la petite fenêtre à barreaux qui laissait pénétrer le soleil dans la pièce.

Jack : Je t'ai fait peur ?

Elle se redressa rapidement sur son lit et il se retourna vers elle, plongeant délicatement son regard dans le sien.

Samantha : La prochaine fois, évite de débarquer à l'improviste ok ?
Jack : Désolé, les portables passent pas ici...
Samantha : Evite l'ironie aussi je digère mal ce genre de réflexion au réveil

Elle esquissa un sourire du coin des lèvres et cligna des yeux plusieurs fois pour s'habituer à la lumière de sa cellule.

Jack : Alors ... Ca va ?
Samantha : Oui pourquoi ?

Elle paru réfléchir une seconde, cherchant le sous-entendu qu'il essayait de passer derrière cette question. Ah, oui, elle avait faillit oublier Lisa.

Samantha : Ah.... Lisa t'a parlé c'est ça ?

Jack se contenta d'acquiescer et se rapprocha lentement du lit où elle était assise. Il s'accroupit devant-elle, juste pour pouvoir la regarder dans les yeux et lui dire qu'il était désolé de tout ce qu'il s'était passé.
Il prit sa main dans la sienne et un profond silence s'installa entre eux. Elle le voyait chercher ses mots, hésiter comme s'il avait peur de ce qu'elle pouvait ressentir, de ce qu'elle pouvait lui répondre ...
La jeune femme continua à le fixer pendant un long moment avant qu'il ne décide finalement de reprendre la parole d'un ton lent et grave.

Jack : Sam, je ...
Samantha : Tu quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? J'aime pas quand tu me regardes comme ça ...

Jack paru réfléchir à nouveau pendant un long moment, sur la manière dont il devait s'y prendre avec elle. Il ouvrit la bouche mais elle lui coupa aussitôt la parole.

Samantha : Je vais bien ok ? C'est bon... Tu me connais non ? Je ne sais pas ce que Lisa t'a dit mais...
Jack : Elle m'a dit ce qu'il s'était passé hier soir. Elle m'a dit à propos de Vince, du bar, de la drogue dans ton verre ...

Elle recula et s'adossa contre la paroi de sa cellule. Il savait tout ... Tout... Il savait alors qu'elle lui avait mentit, il savait dans quel état elle s'était mise dans ce bar...
Samantha ferma les yeux un court instant et lorsqu'elle les rouvrit, Jack s'était assis à côté d'elle, sa main posée maladroitement sur son épaule. Elle n'avait pas vraiment besoin de son soutient. Au contraire, elle voulait à tous prix éviter son regard, et ce, le plus longtemps possible. Elle n'avait jamais voulu que tout ça arrive, elle n'aurait jamais voulu connaître Vince et encore moins le tuer, elle n'aurait jamais voulu que tout ça se termine comme ça et ...

Jack : Tu sais... Je suis pas là pour te juger...

Samantha tourna la tête vers lui et croisa finalement son regard brun. Quelques secondes s'écoulèrent, une nouvelle fois dans un silence de marbre durant lequel il se calla lui aussi contre le mur et posa ses pieds sur le bord de son lit.

Samantha : Qu'est ce que je suis censée faire maintenant ?

La veille, elle avait pensé que le fait de savoir ce qui s'était vraiment passé allait tout changer mais au final, elle s'était complètement trompée. En effet, ses anciens doutes avaient laissé leur place à de nouveaux doutes et ça n'avait pas vraiment résolu ses problèmes, loin de là. La vérité ne lui avait rien apporté à part des cris, des larmes et de nouvelles interrogations. En plus, elle n'avait aucune preuve et des fois, les patients sous hypnose ne disaient que ce qu'ils avaient envie de croire et même si ce n'était peut être pas son cas, ce serait un argument en plus pour quelqu'un qui voudrait la faire condamner.

Samantha : Je dois dire la vérité ?
Jack : A ton avis ?

Elle poussa un long soupir d'exaspération et se leva du lit, marchant rapidement jusqu'à la fenêtre. Jack resta immobile à l'observer, comme s'il attendait malgré tout qu'elle lui donne une réponse.

Samantha : Arrête de tester tes années d'études en psychologie sur moi ok ?

Elle entendit son rire résonner dans la pièce et ses pas avancer jusqu'à elle. Elle se retourna et se retrouva nez à nez avec lui.

Samantha : Arrête de me suivre aussi ...

Il recula de quelques pas et elle braqua à nouveau son regard vers la fenêtre.

Samantha : Des nouvelles d'Elisabeth ?

Il avait toujours apprécié son talent pour changer de sujet...

Jack : Cédric ne l'a pas enlevée... Ils voulaient fuguer ensemble et il l'a laissée en plan... Longue histoire
Samantha : Gentleman !
Jack : Très...

Elle croisa son regard puis continua à contempler le paysage en silence pendant encore quelques minutes. Le ciel était d'un bleu magnifique mais la neige recouvrait encore les trottoirs de New York. A cet instant, elle eu l'impression d'aimer cette ville plus que tout au monde.

Samantha : Tu penses que vous allez la retrouver ?
Jack : Que nous allons la retrouver Sam... Tu fais encore partie de l'équipe...

Elle éclata de rire.

Samantha : Franchement j'espère même plus sortir d'ici alors...
Jack : Ne dis pas ça

Son ton était tout d'un coup devenu sec et tranchant comme de l'acier. Elle se retourna vers lui et lui jeta un regard noir et agressif le mettant au défi de lui dire autre chose de ce genre. Elle détestait qu'on lui donne des ordres et encore plus s'ils venaient de lui. Elle pensait ce qu'elle voulait et ce n'était pas lui qui allait lui ôter ces idées de la tête. Il n'avait pas à lui remonter le moral et elle était capable de le haïr juste pour lui avoir mentit. Elle n'avait jamais réagit comme ça auparavant, peut être était-ce la prison qui lui faisait ça... En tout cas, tous ce qu'elle savait, c'était qu'il lui avait déjà fait trop de fausses promesses.

Samantha : Tu penses que vous allez la retrouver ?

Il ne répondit pas et elle décida alors que le sujet était clos. Elle entendit du bruit vers le couloir de la prison et commença à avancer vers la grille pour voir ce qu'il se passait mais Jack lui attrapa fermement le poignet. Elle se retourna alors vers lui, les yeux le fusillant du regard.

Samantha : Lâche moi

Il ne bougea pas d'un millimètre et ne relâcha pas non plus la pression. Samantha ramena alors son bras vers elle et se libéra de son étreinte sans pour autant qu'il n'oppose de résistance. Elle lui jeta un regard glacial et partit à l'autre bout de la pièce.

Jack : Sam ... C'est stupide de refuser systématiquement l'aide qu'on t'offre...

Elle se retourna brusquement et leva les mains en l'air, complètement exaspérée.

Samantha : Attends, c'est l'hôpital qui se fou de la charité là ! Je crois que de ce côté-là, t'as pas trop de leçon à me donner ...

Elle le vit esquisser un sourire essayant tant bien que mal de détendre l'atmosphère mais cela l'énerva encore plus.

Jack : Samantha ... Je veux pas me prendre la tête avec toi je veux juste ...

« Samantha »... Il venait de passer de « Sam » à « Samantha » en quelques secondes... Il devait vraiment se préoccuper de son sort mais le problème, c'était qu'elle détestait qu'on lui fasse la morale surtout que la dernière fois qu'il la lui avait faite, il avait finit par la traiter de pétasse et ça, elle l'avait très, très, très mal prit. Il n'était pas supérieur et il ne détenait pas la science infuse et, au pire, même si Dieu en personne était descendu sur Terre pour lui faire la morale elle n'en aurait fait qu'à sa tête. Elle avait toujours raison et, par-dessus le marché, elle détestait avoir tort surtout quand elle était face à lui.

Samantha (sur les nerfs) : ... M'aider ? Merci mais sans façon !
Jack : Eh ! Pourquoi tu t'énerves comme ça, je croyais qu'il n'y avait plus de problèmes entre nous ! C'est quand même grâce à moi que tu sais la vérité maintenant, cette vérité qui va t'innocenter je te rappelle... Grâce à moi, grâce mon aide...
Samantha : Ouais bah merci de m'avoir aidé hier en m'envoyant Lisa je suis pas sûre que c'était SI une bonne idée que ça finalement ! Je suis pas sûre de pouvoir prouver quoi que ce soit ! Alors ton aide !! Merci mais non merci !!! Tu n'as aucune idée de ce qui va se passer alors arrête de me réconforter en me disant que je vais retrouver mon job et tout !! T'en sais rien !!!
Jack : Oh ! C'est bien ce que je t'avais dit ! Faudrait que tu arrêtes d'être aussi dédaigneuse envers les gens qui s'attachent à toi et qui ne veulent que ton bien ! Et puis tant que j'y suis, c'est pas moi qui t'es dit d'aller te saouler dans un bar jusqu'à pas d'heure avec l'intention de baiser le premier inconnu qui se présente ! Alors je crois que t'as peut être besoin de mon aide non ?

Jack posa sa main devant sa bouche dès qu'il eut prononcé ses derniers mots. Il ferma les yeux, priant pour que tout ça ne soit jamais arrivé. Malheureusement, il était toujours au beau milieu de sa cellule lorsqu'il rouvrit les yeux. La journée avait si bien commencé... Il était juste venu là pour revoir son sourire, pour réentendre son rire... Il savait qu'il avait raison et il savait aussi qu'au fond d'elle, elle savait, elle aussi, qu'il avait raison. C'était juste ni le bon moment, ni le bon endroit, ni la bonne façon pour lui dire ce genre de chose. Il avait encore crié, il s'était encore emporté, et il avait encore empiré les choses. Il n'osait même pas imaginer ce qu'elle avait enduré ces derniers jours ni les souvenirs douloureux qu'il avait fait réapparaître quand il avait décidé de coucher avec elle...
Jack regarda alors en dernier espoir dans les yeux de Samantha et commença à murmurer des excuses complètement minables du bout des lèvres. Mais elle resta là, le regard prostré dans le vide, comme figé dans le temps sur les mots qu'il venait de prononcer. Il aurait presque préféré voir des larmes rouler sur ses joues, signe qu'elle ressentait peut être encore quelque chose pour lui mais rien, du vent, un vide total de sentiments.

Samantha détourna son regard pendant quelques instants puis s'écarta de la grille qui la séparait du couloir. Elle n'articula que deux mots froids et distants mais Jack su immédiatement qu'il ne pourrait malheureusement jamais les oublier.

Samantha : Sors d'ici...

Il marcha jusqu'à la grille tout en bégayant une phrase dont elle n'entendit que le début.

Jack : Sam, je...

Elle insista, le regardant droit dans les yeux... « Sors d'ici »



Chapitre 18 : Everything I do



Jack (décrochant son téléphone) : Malone ?

Il n'avait pas arrêté de rouler depuis qu'il avait quitté la prison, ses yeux embués fixés sur la chaussée. Le soleil levant l'avait aveuglé durant de longues minutes mais il s'était toujours refusé à sortir ses lunettes de soleil. A vrai dire, il n'en avait pas eu la force. La seule chose qu'il voyait et revoyait encore et encore, c'était cette expression glaciale sur le visage de Samantha. Des gouttes de sueur coulaient le long de son front et plus le soleil tapait face à la voiture plus Jack avait l'impression d'étouffer. Son portable avait sonné plusieurs fois, brisant pour quelques instants le silence pesant qui régnait dans l'habitacle. Il attendit finalement onze heures du matin et plusieurs kilomètres au compteur pour décrocher. La voix de Vivian résonna dans ses oreilles, le sortant de ses rêveries en sursaut.

Vivian : Jack t'es où ?? Je t'ai appelé au moins 4 fois de puis neuf heures ! Lisa t'a appelé aussi ... Qu'est ce qui t'arrive ? Tu es où, j'entends le bruit de la route derrière toi
Jack (rapidement) : Lisa ?! Qu'est ce qu'elle voulait ? Qu'est ce qu'elle t'a dit ??
Vivian : Heu... Je sais pas ... Ah oui elle m'a dit de te dire qu'elle avait parlé au juge mais elle a pas voulu me dire à propos de quoi... Jack est-ce que ça va ?

Jack laissa le téléphone contre son oreille pendant quelques secondes sans pour autant prononcer un mot. Il bifurqua à la première station service qu'il trouva et se gara sur l'aire de stationnement. En regardant autour de lui, il aperçu l'avis de recherche d'Elisabeth placardé sur toutes les pompes à essence et ferma les yeux un court instant pour empêcher ses larmes de couler une nouvelle fois. Il sortit de la voiture et s'assit lentement sur le pare-brise pour continuer sa conversation.

Jack : Oui Viv', ça va ! Arrête de crier comme ça !
Vivian : Jack on s'inquiète tous pour toi tu sais. Et puis où est Sam ? Je croyais qu'elle était sortie ou je sais pas quoi ? Il faudra bien que tu nous parles un jour ! On ne peut pas rester comme ça plus longtemps ! En plus on piétine par rapport à Elisabeth !! On a besoin de vous deux ! On a fait boucler toutes les gares de bus et on a vérifié tous les trains à destination du Mexique !! T'as pas un peu l'impression d'avoir laissé tout le monde en plan ?! Ok je comprends que tu ais des problèmes mais franchement les disparus ont pas à en pâtir ! Jack il faut qu'on...
Jack : FERME LA ! Tu ne sais rien de ce qui s'est passé alors laisse moi ok ?

Elle se tut immédiatement et Jack respira un bon coup pendant ce silence, essayant de reprendre son sang froid.

Jack : Je vais revenir pour Elisabeth mais n'espère pas que je parle à qui que ce soit de ce qui m'arrive. A ce que je sache, ce ne sont pas tes affaires !

Jack raccrocha et jeta violemment son téléphone par terre, le faisant exploser en mille morceaux. Il reprit ensuite le volant quelques minutes après et essaya d'évacuer sa colère sur le petit déstresseur qu'une de ses filles lui avait offert pour son anniversaire. Il regarda les panneaux autour de lui et reprit la direction de New York sans pourtant savoir très bien où il était au moment présent. Apparemment, il avait voulu aller à Chicago.


QG du FBI à New York
Disparue depuis 78 heures

Jack débarqua en trombe dans le couloir, essayant d'éviter les regards de tous les autres agents du service et commença à se diriger vers son bureau. Il jeta un rapide coup d'½il à la salle de briefing et constata que Danny était encore seul devant son ordinateur. Il prit une grande inspiration, espérant de tout son c½ur que le jeune agent ne l'aperçoive pas mais malheureusement, l'entreprise échoua quand Danny se mit à crier son prénom depuis l'autre bout de la salle. Jack fut alors forcé de bifurquer vers la salle de briefing, le jeune homme avait visiblement trouvé quelque chose.

Danny : Jack, Jack ! On nous a signalé une fille correspondant à la description d'Elisabeth à la gare routière il y a une demi heure, les autres viennent de partir pour vérifier ! On l'a peut être retrouvée Jack !!

Jack fixa le jeune agent pendant un long moment, l'air absent. Danny avait un sourire plein d'espoir inscrit sur le coin de ses lèvres, il faisait plaisir à voir. Jack esquissa tant bien que mal un sourire à son tour et répondit doucement pour que le jeune homme ne s'aperçoive pas qu'il pensait à autre chose.

Jack : C'est bien... J'espère qu'on la retrouvera ...

Danny était tellement heureux qu'il ne vit même pas que Jack avait mentit. Ce dernier se retourna alors rapidement et recommença à avancer vers son bureau. Peut être que finalement, au moins une personne allait bien s'en sortir dans cette histoire : Elisabeth. Il allait ouvrir la porte de son bureau lorsqu'il entendit quelqu'un courir derrière lui et ne pu s'empêcher de paraître un peu déçu en voyant que ce n'était que Danny...

Danny (le rattrapant) : Au fait, t'as eu des nouvelles de Sam ?

Jack sentit son c½ur faire un bon vertigineux mais essaya de ne rien montrer. Il se contenta de nier, pressé d'en finir de peur d'être trahis par ses sentiments : « Non désolé... Mais si j'en ai, je te tiens au courant. »


Une heure et demi plus tard...

Jack sursauta en entendant quelques coups frappés doucement à sa porte et se retourna immédiatement pour faire entrer son visiteur : Martin.

Martin : Excuse moi, je te dérange ?
Jack : Non vas-y qu'est ce qu'il y a ?

A vrai dire, Jack était même presque content de le voir, au moins, il lui permettait de sortir de sa nostalgie pleine de regrets pour ne serais-ce que quelques instants. Il avait passé la dernière heure assis sur le canapé de son bureau en regardant les photos de ses filles. Il savait que Samantha aussi avait souffert de ce divorce même s'il lui avait dit qu'elle n'était absolument pas responsable. Martin l'avait peut être aidée à s'en sortir finalement...

Martin : Rien, c'était juste pour te dire que l'info était bidon et qu'Elisabeth court toujours...

Jack paru encaisser la nouvelle mais au point où il en était, un peu plus un peu n'allait pas le faire pleurer. Il ferma les yeux un court instant et se déplaça vers son bureau, s'asseyant ensuite sur sa chaise pivotante. Martin semblait l'étudier comme un chercheur étudiait une fourmi dans une fourmilière. Jack repensa alors, à la conversation qu'il venait d'avoir avec Lisa « Le juge veut bien me croire mais on manque de preuve Jack ... Je sais pas s'il pourra la faire sortir même s'il est de notre côté... » Il devait faire quelque chose pour elle. Il avait vraiment espéré ne pas être obligé d'aller jusque là mais c'était sa seule chance. Alors, il rattrapa Martin qui sortait tout juste de la pièce.

Jack (de son fauteuil) : Martin ?

Le jeune homme rentra à nouveau dans la pièce, une expression de surprise sur son visage.

Martin : Oui ?
Jack : Tu es au courant de ce qui arrive à Sam ?
Martin : Vaguement mais puisque t'en as parlé à personne ... Je sais juste qu'elle a été arrêtée et je sais à peine pourquoi...

Jack balaya son visage de ses mains, essayant désespérément de se tirer de cette mauvaise posture.

Jack : Oui ... Heu ...

Il laissa passer un court silence avant de continuer.

Jack : Le juge est de notre côté et sait qu'elle n'a rien fait mais il a peur de ne pas être suivit sur le haut de la hiérarchie...
Martin : Jack je ne comprends pas trop pourquoi tu ...

Jack se pinça la lèvre pour ne pas l'insulter, ce gamin était vraiment trop con des fois...

Jack : Ca fait combien de temps que tu n'as pas parlé à ton père ?
Martin (troublé) : Deux ou trois mois je sais pas, pourquoi ?
Jack : Téléphone lui... Peut être qu'il peut faire quelque chose pour convaincre le juge...
Martin (hésitant) : Jack c'est...
Jack : ... Tu tiens à elle ou pas ?

Jack savait pertinemment qu'en posant cette question à Martin, il était sûr de pouvoir faire ce qu'il voulait de lui car chez Martin comme chez lui, la corde « Samantha » restait très sensible... Il avait d'ailleurs un peu honte d'utiliser ça contre lui, mais il n'avait pas le choix. Même si elle ne lui adressait plus la parole, il se devait de la faire sortir de là.
Martin paru hésiter quelques instants mais finit par acquiescer.

Martin : Ok, je vais le faire
Jack (souriant) : Merci



Chapitre 19 : Cry



Elle avait tous les symptômes d'une maladie qui lui était encore inconnue. Ses mains tremblaient, elle avait du mal à respirer et, repliée sur elle-même contre le mur de la cellule, elle était complètement incapable de réfléchir ou bien même de se concentrer sur quoi que ce soit. C'était la première fois. La première fois de toute sa vie. Elle se leva lentement et parcouru la pièce jusqu'à la fenêtre, les yeux rivés dans le vide. Elle n'avait même pas pleuré. Aucun mot ne résonnait dans sa tête, que ce soit ceux de Jack ou les siens. Elle ne ressentait rien... Elle ne pouvait plus rien ressentir. Les minutes, les heures, les jours, tout ça n'avait plus d'importance ; tout comme le procès n'en avait plus non plus, depuis bien longtemps. Elle ne pouvait même pas revoir sa tête, sentir ses yeux dans les siens... C'était le vide absolu, comme si une voiture venait de la percuter de plein fouet, la laissant pour morte aux yeux du reste du monde. Ce n'était pas de la colère, ce n'était pas de la haine. Ce n'était pas non plus de la peine et encore moins de la déception. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle avait peur de ce que cela pouvait être. L'aimait-elle encore ?

Gardien : Agent Spade ?

Elle n'entendit pas sa voix, comme prise dans une espèce de brouillard épais dont elle ne voyait pas la fin. Le jeune homme fut donc obligé de l'appeler de nouveau, d'une voix plus forte et plus sûre.

Gardien : Agent Spade ?? Est-ce que ça va ?

Son c½ur fit un bond vertigineux quand elle sursauta, surprise qu'on lui adresse la parole. Elle tourna doucement son visage vers le sien

Samantha : Qu'elle heure est-il ?

Elle avait demandé ça sans vraiment réfléchir, juste pour éviter de répondre à sa question. Elle ne savait malheureusement pas mentir, elle n'avait jamais sû.

Gardien : Cinq heures ...
Samantha : QUOI ?
Gardien : Ecoutez je ... Vous êtes sûre que ...

Non, peu importe ce dont il voulait parler, elle n'en était pas sûre. Elle n'était plus sûre de rien.

Samantha : Oui...

Le temps passait à une vitesse folle. Enfin, c'est vrai qu'elle n'y avait pas vraiment fait attention ces derniers temps.

Samantha : Pourquoi vous êtes là ? Si c'est pour me servir quelque chose à manger, je n'ai pas ...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, une femme blonde aux cheveux courts entra dans la pièce.

Femme : Agent Spade ? Je me présente, Ellen Chase, je suis votre avocate

La femme devait avoir une cinquantaine d'années, les yeux clairs et une expression marquée sur son visage. Sa voix semblait lointaine, profonde et froide, tout comme son allure générale d'ailleurs. Samantha ferma les yeux un moment, tout en essayant d'assimiler tant bien que mal la phrase que la femme venait de prononcer. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, son aînée la regardait avec cette sorte de dédain, sûrement propre aux avocats. Elle détestait les avocats. Leur façon de penser, d'agir, de voir le monde, ils se foutaient totalement de la vérité. Pour eux, la vie n'était qu'une histoire d'intérêts et d'argent, de profit et de perte... Samantha détourna à nouveau le regard. Le gardien et la blonde semblaient se disputer mais elle était totalement incapable de dire à propos de quoi et tout bien réfléchit, ça lui était complètement égal. Elle avait à présent l'impression de vivre dans un autre monde, un monde très loin de celui dans lequel elle évoluait avant, un monde très loin de leur monde. La seule chose qu'elle pouvait voir, c'était qu'au final, elle s'était complètement désintéressée de la façon dont tout allait se dérouler pour elle à présent.
Ellen Chase reprit la parole, d'une manière encore plus froide et désintéressée qu'auparavant.

Ellen Chase : Je sais pas si vous êtes au courant mais une audience avait lieu cette après midi, avec le juge, pour décider de votre inculpation. Vu votre passé dans la police et votre récente révélation...

Elle avait dit ses derniers mots comme si, selon elle, cette révélation n'était qu'une simple tentative désespérée de la jeune femme pour se faire disculper. D'ailleurs, dès qu'elle était entrée dans la pièce, Samantha l'avait cataloguée dans la catégorie des personnes persuadées de sa culpabilité. Comment allait-elle faire pour persuader un jury de son innocence ? Ca, c'était une question qui méritait réflexion...
Samantha laissa passer un silence avant de s'apercevoir que son interlocutrice attendait une réponse. Elle faillit éclater de rire devant sa tête de merlan frit, impatiente et légèrement sur le nerfs... Ca faisait longtemps que la jeune femme avait dépassé ce stade.

Samantha : Non....
Ellen Chase : Pourquoi vous souriez ?

La jeune femme hésita un moment entre dire la vérité et risquer de blesser le « merlan frit » ou mentir et se priver d'une franche partie de rigolade. Finalement, après plusieurs secondes de réflexion elle décida de laisser le doute peser encore quelques instants avant de finalement hausser les épaules.

Samantha : Laissez tomber

Ellen Chase soupira et Samantha vit dans ses yeux qu'elle avait faillit la traiter d'idiote. Sincèrement, elle pouvait y aller. Après ce que lui avait dit Jack, les reproches d'une parfaite inconnue ne lui faisaient ni chaud ni froid.

Samantha : Pourquoi vous êtes là ?

Ellen la dévisagea, examinant centimètre par centimètre l'espèce de combinaison orange dans laquelle la jeune femme évoluait depuis un peu plus d'une journée. Après plusieurs secondes, l'avocate se décida enfin à reprendre la parole.
Ellen Chase : Vous êtes libre

Samantha braqua ses yeux sur elle, comme si elle venait de prononcer le nom du diable. Se fut comme si son c½ur venait de recevoir un électrochoc extrêmement puissant. Malgré tout, elle réalisa qu'elle était incapable de se réjouir, incapable de transcrire la moindre émotion. Elle se contentait de fixer l'avocate inlassablement comme si elle venait de voir un fantôme, une attente d'explication évidente dans son regard.

Ellen Chase : Ce n'est pas grâce à moi... Mais il parait que vous avez des amis plutôt haut placés n'est-ce pas ?
Samantha : Qui ??

Samantha continuait à la fixer essayant de se concentrer sur ce qu'elle disait sans vraiment y parvenir. En prononçant ce simple mot elle éclata d'un rire nerveux qui résonna dans toute la pièce. Elle ne savait pas trop, de toute façon, si elle devait en rire ou en pleurer. Cela faisait plusieurs jours maintenant qu'elle avait réalisé qu'elle passerait le reste de sa vie derrière des barreaux, même après sa discussion avec Lisa, même après les révélations de la veille.
La jeune femme ferma les yeux quelques instants, essayant à présent de réfléchir à ce qu'elle devait faire. Elle sentait le regard de son avocate sur elle, plein de haine et de dégoût et réalisa que cette dernière n'avait pas apprécié le fait qu'elle éclate de rire face à un fait si dramatique.

Samantha : Excusez moi mais j'ai un peu de mal à vous croire !
Ellen Chase : Moi aussi ... Pourtant vous êtes libre... Le dossier a été renvoyé au juge en affirmant, je cite « les accusations sur l'agent Spade ont été réfutées par un témoignage certifié par le docteur Lisa Harris prouvant que l'accusée a agit en état de légitime défense... Affaire Classée ».

L'avocate sortit un dossier de son cartable en cuir et le tendit à Samantha qui l'ouvrit immédiatement. La jeune femme parcouru le document des yeux, lisant exactement les lignes que son interlocutrice venait de citer puis laissa son regard dériver sur le bas de la page. La signature de Jack y était apposée, noir sur blanc, en temps que « supérieur hiérarchique ». En lisant ces mots, elle esquissa un sourire discret au coin de ses lèvres fines. A chaque fois qu'elle voyait ces mots sur un document officiel la concernant, elle esquissait un sourire. Il y avait si longtemps qu'elle ne le considérait plus comme tel... Un jour, une amie lui avait dit : « au boulot, il y a une hiérarchie, si tu sors avec quelqu'un avec qui tu travaille, tu bouscule cette hiérarchie »... Malgré tout, officiellement, il était encore et toujours son « supérieur hiérarchique ».
Samantha baissa une nouvelle fois les yeux et la signature du juge défila sous ses yeux, inconnue et quelconque, n'indiquant rien de plus que son nom de famille : Monténégro. Vint ensuite, en bas de page, une signature écrite de manière ordonnée mais dont les lettres étaient toutes serrées les unes contre les autres. Au dessus, étaient écrits des mots qui lui firent l'effet d'une bombe, des mots écrits en lettres d'imprimerie, clairement décollées cette fois : « Directeur Adjoint du Bureau Fédéral D'investigation, Victor Fitzgerald ». Il ne lui fallu qu'une seconde pour découvrir ce que Jack avait fait. Ce qu'il avait fait pour elle. Cette fois-ci, ce fut elle qui dévisagea Ellen Chase, espérant désespérément pouvoir ignorer ce qu'elle venait de découvrir.

Samantha : Alors quoi ? Je suis libre comme ça, d'un simple claquement de doigts ?
Ellen Chase : Vous vous plaignez ?

Samantha balaya la salle du regard, le soleil commençait à redescendre sur l'ouest de New York et la pièce était devenue plus sombre et plus froide que dans la matinée. Le gardien de la prison la regardait fixement, un papier marqué à l'encre noire, fermement emprisonné dans sa main gauche.
La jeune femme laissa passer quelques instants de silence avant de finalement s'approcher de son avocate. Elle se planta là juste devant elle, portant son visage très près du sien. Elle appliqua ensuite son dossier contre la poitrine de son aînée qui la regardait l'air interrogateur.

Samantha (chuchotant) : J'espère pour vous qu'il n'y a pas de coup tordu là-dessous

Ellen Chase essaya d'attraper le dossier mais Samantha le laissa tomber avant qu'elle n'en ait eu le temps, le suivant patiemment des yeux jusqu'à ce qu'il touche le sol. La jeune femme contourna alors l'avocate, qui ramassait docilement les papiers, sans se retourner et continua son chemin jusqu'à la porte de la cellule restée ouverte. Elle avait l'impression que les murs de la prison étaient en train de rétrécir dangereusement, qu'ils allaient l'écraser, qu'ils allaient l'enfermer une nouvelle fois. Elle connaissait cette sensation, elle devait sortir d'ici.

Samantha commença donc à marcher vers le bureau des gardiens, le long du couloir qui donnait sur sa cellule. Elle entendait vaguement l'avocate qui lui manifestait sa colère dans le fond de ses oreilles mais n'y prêtait pas vraiment attention. Une fois arrivée, elle regarda à gauche puis à droite et aperçu ses affaires posée en vrac sur un petit bureau dans un coin de la pièce. Elle ferma les yeux un instant, sans savoir vraiment ce qu'elle attendait. Marchant ensuite jusqu'au bureau, elle attrapa le panier marqué Samantha Spade. Elle prit quelques instants pour réfléchir à ce qu'elle voulait faire. Elle voulait être seule... Et elle savait où elle pouvait être seule.
La jeune femme continua à marcher comme un robot téléguidé dans un couloir qui déboucha directement sur les douches de la prison. Elle parcouru la salle des yeux avant de se replonger dans ses affaires. Sur le dessus étaient posés des vêtements propres et, juste en regardant de quoi ils avaient l'air, elle sût exactement qui les avait apportés. Un simple jean et un tee-shirt couleur crème qu'il lui avait offert pour noël. Ses lèvres esquissèrent un sourire involontaire, alors qu'elle refusait de se laisser avoir comme cela.
Samantha entra lentement dans une des douches, tourna le loquet, se déshabilla et laissa couler l'eau sur ses longs cheveux longs. Elle aurait voulu que l'eau puisse laver les soucis, les peurs, qu'elle puisse lui donner les réponses dont elle avait tant besoin. Elle n'était pas en colère contre Jack mais elle ne voulait pas le remercier pour autant, elle avait juste besoin d'une révélation, de savoir où elle en était, de savoir où l'avenir allait la mener. En quelques minutes, elle venait d'être libérée, elle venait aussi de retrouver son job, un job qu'elle avait finit par abandonner au fil du temps passé dans cette prison. On dit que les prisons ne rendent pas les Hommes bon mauvais, c'était faux, elle s'en était rendue compte en quelques heures. La prison durcissait les gens, la prison brisait le c½ur des gens. Elle s'en voulait terriblement pour ne pas s'être plus accrochée, ne pas s'être plus battue que ce qu'elle avait fait. Si elle était libre de sortir maintenant, c'était grâce à lui, grâce à lui et à lui seul. Peut être que s'il avait était obligé de mêler Martin à tout ça, c'était tout simplement parce qu'elle, elle n'avait pas eu le cran de le faire.
La jeune femme ferma les yeux et laissa l'eau couler sur sa peau en espérant pouvoir chasser toutes ses idées noires. Au lieu de ça, des souvenirs lui revinrent immédiatement en mémoire, certains tristes, certains heureux, ils concernaient tous Jack.



3 Octobre 2001
Central Park – 13h48

Samantha : Tu sais que quelqu'un pourrait nous voir ?

Elle sentit son bras envelopper délicatement sa taille et ses hanches. C'était bon d'être avec lui, juste pour quelques heures, sans forcément penser au boulot, à sa famille, à ses enfants...

Jack : Tu sais, le parc fait je sais pas combien d'hectares... Il y a peu de chances que quelqu'un nous voit...

Elle esquissa un léger sourire du coin des lèvres.

Jack : En tout cas, je ne crois pas que ce soit plus risqué que ce que tu as fait ce matin ...

Elle éclata de rire et s'approcha un peu plus de lui, s'arrêtant en plein milieu du pont. Elle lui murmura quelques mots à l'oreille, de l'air le plus innocent qu'elle pouvait prendre.

Samantha : Qu'est ce que j'ai fait ce matin ?

Ils étaient maintenant à seulement quelques centimètres l'un de l'autre. Elle sentait son souffle sur son visage et ses mains balayant ses cheveux blonds. Il approcha à son tour sa bouche de son oreille, chuchotant quelques petits mots qui eurent pour effet immédiat de la faire rire aux éclats.

Jack : M'embrasser comme ça dans l'ascenseur dès que les autres sont descendus... C'est pas très prudent...

Samantha protesta gentiment pendant qu'ils commençaient à dériver vers le côté réservoir du pont. Elle entendait l'eau du lac crépiter sous la petite brise qui l'effleurait doucement. Le soleil lui paraissait si haut dans le ciel... Il illuminait ses yeux et ceux de Jack qui commençaient à devenir verts.

Samantha : J'avais besoin de ce baiser !!

Jack la prit par la taille et l'entraîna doucement vers le rebord du pont, au dessus de l'eau, la plaquant ainsi entre les pierres du petit mur et son propre corps. Penché sur elle, il voyait le courrant défiler sous leurs pieds.

Jack : Et maintenant ? Tu veux un baiser ?

Samantha fit mine d'hésiter quelques instants, accrochée fermement à sa taille, son visage chauffé par la douce chaleur du soleil. Elle le déshabilla des yeux en souriant bêtement face à la situation. Elle ajouta alors quelques mots, bas, prenant une voix la plus sexy que possible.

Samantha : J'ai envie de tellement plus de choses maintenant...

Jack dégagea simplement quelques cheveux de son visage d'ange, faisant attention de ne pas lui faire mal, comme si elle était en sucre. Il s'approcha un peu plus encore et appuya amoureusement ses lèvres contre les siennes. Elle savait que tout cela n'allait pas durer longtemps mais finalement, peu lui importait. Elle avait besoin de lui.

Jack (se redressant tout à coup) : Ce soir...Pour l'instant, il faudrait peut être qu'on s'active si on veut rentrer au bureau pour trois heures en ayant interroger Lisa O'Neil...

Il se décolla peu à peu de la rambarde et l'aida ensuite à faire de même.

Le paysage illuminé de ses souvenirs finit par s'estomper refaisant place aux murs gris de la prison. Elle attendit que l'eau de la douche arrête de couler puis commença à s'essuyer le corps. Une fois cette tâche finie, la jeune femme mit les vêtements que Jack lui avait apportés, sûrement le matin même quand... Elle préférait éviter d'y penser.

Samantha commença à marcher rapidement vers le guichet du gardien pour signer les formulaires de sortie. « Interdiction de quitter l'état pendant deux semaines... », Dommage, elle aurait bien aimé s'éloigner cette putain de ville. Elle esquissa un sourire, sachant pertinemment qu'elle ne quitterait New York pour rien au monde.

Samantha : Vous avez récupéré ma voiture ?
Gardien : Oui, elle est au garage mais vous voulez peut être que quelqu'un vous ....
Samantha : ... C'est bon... Je vais me débrouiller.

Il sourit, ses dents blanches contrastant admirablement bien sont teint foncé et ses yeux noirs. Samantha refit rapidement les lacets de ses chaussures et attrapa son sac à main posé en vrac sur le comptoir. Adressant un léger sourire au gardien, elle lui demanda la direction du garage.

Gardien : Il faut prendre l'ascenseur... C'est au -2

Elle remarqua alors pour la première fois qu'il avait un accent. Pas très marqué, certes, mais c'était un accent quand même. Elle tourna des talons, murmurant un vague « au revoir » du bout des lèvres et s'avança jusqu'à l'ascenseur.


Ce ne fut que lorsqu'elle fut enfin assise dans sa voiture et qu'elle eut fermé la porte derrière elle, qu'elle prit réellement conscience de ce qu'il venait de se passer. Ses nerfs lâchèrent tous, les uns après les autres, comme une folle cascade qui ne s'arrêterait sans doute jamais. Elle s'affala un peu plus dans le siège, et essaya de pleurer un bon coup mais les larmes refusaient toujours de monter dans se yeux bruns. Elle revit le visage de sa mère, de sa s½ur, de Jack, de Maria, de tous ceux qui avaient bien put croiser sa vie. Sa respiration était forte, saccadée, comme si elle était au bord d'une crise cardiaque sauf qu'elle était juste perdue, seule, et désemparée. Elle ne sût pas exactement combien de temps elle resta là, dans l'atmosphère sombre du parking, illuminé par la seule lumière des néons ; mais lorsqu'elle redémarra enfin sa voiture et sortit du parking, la lune était bel et bien levée dan le ciel de New York. Elle savait qu'il lui restait encore deux choses à faire, et l'une d'elle était de retrouver ce que Jack cherchait.

Désormais, Samantha courrait à travers Grand Central, son coeur battant aussi vite que si elle venait de faire un 100 mètres. Comment elle avait découvert qu'elle était là ? Elle n'en avait strictement aucune idée... Une sorte d'instinct était peut être à prendre en compte dans l'addition. Disons surtout que c'était peut être ce qu'elle aurait fait, des années auparavant, dans ce genre de situation. Elle jeta un rapide coup d'½il au tableau des départs : Philadelphie 19h51, Washington 19h58, Pittsburgh 20h05, Toronto 20h07...
Samantha balaya la salle du regard jusqu'à arriver sur la grande horloge qui trônait au dessus du guichet central, juste en dessous de l'élégant drapeau américain tendu depuis le plafond de la gare : 20h02. Son coeur battant la chamade, elle regarda le numéro du quai d'embarquement du train et fonça le plus vite qu'elle pu dans sa direction. Ses jambes ne courraient pas assez vite, elle allait la rater... A cette simple pensée, Samantha redonna un petit coup d'accélérateur et parvint finalement jusqu'au quai une boule énorme accroché à son estomac. La jeune femme sortit son portable de sa poche et regarda l'heure d'un ½il précipité et déchiffra 20h06. Il lui restait une minute pour regarder à travers les vitres de tous les wagons. Elle soupira, réfléchissant le plus vite possible pour trouver un moyen de faire ça rapidement. Tout d'un coup, alors que ses yeux se relevaient rapidement vers le train, elle la reconnue entre mille, ses cheveux descendant en cascade sur ses épaules menues.

Samantha : Eli...

La jeune fille se retourna vers elle, un regard implorant fixé dans ses yeux bleus. Samantha tata fébrilement sa ceinture, cherchant à défaire sa plaque du FBI mais avant qu'elle ait pu le faire elle se retrouva comme paralysée, incapable de bouger. Elisabeth la regardait fixement, comme si elle attendait quelque chose ou plutôt qu'elle espérait quelque chose. Sa main sur sa ceinture Samantha restait là, bloquée jusqu'à ce qu'elle entende des bruits s'approchant derrière elle. Des gens courraient, parlaient, sûrement très fort parce qu'elle pouvait les entendre alors qu'ils étaient sûrement encore dans la gare. Elle se retourna à nouveau vers Elisabeth, bien décidée à reprendre le dessus sur elle-même, mais vit lentement les portes se fermer et le train commencer à siffler. Samantha se précipita, aussi vite qu'elle le pu vers des portes qui faillirent se refermer sur ses doigts. Elle observa Elisabeth s'installer à l'intérieur, la regardant d'un air à la fois désolé mais heureux de ne pas avoir été attrapée. La jeune femme envoya ses mains taper contre la vitre extérieure du train, essayant à tous prix de rouvrir les portes qui venaient de se fermer. Quelques secondes à peine plus tard, le train démarra et elle courut sur le quai jusqu'aussi loin qu'elle pu, espérant ainsi pouvoir le rattraper ou quelque chose de ce style... Elle ne savait pas très bien ce qu'elle espérait mais ... De toute façon, elle fut obligée d'arrêter de courir pour éviter le mur qui délimitait l'extrémité du quai. C'est alors qu'elle se retourna et vit une bonne trentaine de policier débarquer vers le quai... Trop tard.
Samantha resta une bonne minute là, postée à la fin du quai, regardant les policiers essayer de faire quelque chose pour stopper le train, sentant aussi la terre tourner légèrement autour d'elle. Et lorsqu'elle recommença enfin à marcher, soucieuse de demander à quelqu'un pourquoi tant de flics venaient d'un coup de débarquer de nulle part, elle se heurta à quelque chose, ou plutôt quelqu'un qui donna des frissons dans tout le corps. Elle se retourna vers celui qui l'avait percutée et eu la surprise de voir qu'il s'était aussi retourné vers elle. Ses yeux montèrent immédiatement vers les siens, comme attirés par deus aimants qui l'avaient toujours attirée.
Samantha n'avait pas envie de parler, elle n'avait pas envie de lui parler. Alors elle décida d'opter pour le seul moyen de se faire comprendre qu'il lui restait, cette faculté impressionnante qui leurs permettait d'avoir une entière conversation sans avoir à prononcer un mot. Vivian, fixée comme un piquet à côté de lui la regardait elle aussi avec des yeux ronds, mais pas la même intensité dans le regard... Samantha le fixa avec cette simple phrase écrite dans ses yeux « Je n'ai pas pu l'arrêter ».



Chapitre 20 : Hallelujah


Samantha entendit une voiture arriver derrière elle et jeta un coup d'½il discret derrière son épaule reconnaissant immédiatement la voiture... Les plaques... Le conducteur. Elle n'avait qu'une véritable envie : courir. Courir pour tout oublier, courir pour ne pas se confronter à ses problèmes, courir jusqu'au bout de la Terre pour que son c½ur soit moins en danger... Loin du sien. Pourtant elle ne pouvait pas partir. Elle préféra donc rester immobile, là, à regarder l'Hudson. Peut être parce qu'elle était trop fatiguée pour partir ... Ou peut être parce qu'elle ne voulait pas partir.

Voix : Hey...

Elle adorait vraiment l'atmosphère qui régnait ici. New York lui paraissait presque paisible, comme figée dans ses yeux bruns. Elle aimait regarder la ville, le ciel, l'eau défiler sous ses pieds, les bateaux...
Une présence vient se poster à côté d'elle, contre la rambarde. Elle l'avait déjà identifié. Sa démarche, le son de sa voix... Autant de choses sur lui qu'elle connaissait par c½ur. Pourtant, elle ne lui adressa pas la parole. C'était un peu comme si elle avait peur de briser un sacrement instauré depuis des millions d'années. Ce silence était beau, leur silence était beau.

Voix : Je savais que je te trouverais ici ...

Elle sourit, finalement obligée d'admettre son identité. A présent, les évènements des derniers jours lui paraissaient si obsolètes, si dénués d'intérêt... Pendant un instant, elle regretta amèrement sa décision.

Jack : Ca va ?

Samantha prit son temps pour répondre, réfléchissant à la meilleure façon de lui dire non.

Samantha : Oui.

Il sourit à son tour, sans pour autant décoller les yeux du fleuve. Encore un mensonge qui n'en était pas vraiment un. Il savait, C'était tout.

Jack : Comme toujours

Comme toujours oui... Comme toujours. Samantha tourna la tête vers lui, son coeur accélérant de plus belle, juste parce qu'il était à proximité. C'était comme ça, et ça avait toujours était comme ça. Elle savait qu'il voudrait des réponses, des réponses qu'un simple sourire ne pouvait plus lui fournir.

Jack : Pourquoi ?

Comme pour briser une tradition, Samantha ne fit pas semblant de ne pas comprendre. Elle en avait plus que marre de ce petit jeu, marre des disputes, marre des cris et des larmes, comme s'il ne pouvaient pas se parler sans se disputer ... Elle se contenta juste de le regarder fixement, sans répondre immédiatement, laissant ses mots s'infiltrer en elle, comme un poison mortel destiné à la tuer.

Samantha : Je te l'ai dis dans la lettre... Ce job est trop loin de chez moi

Cette lettre, justement, il la tenait dans ses mains. Au dessus du fleuve. Comme s'il espérait pouvoir tout oublier en la laissant tomber dans l'eau. Elle aurait d'ailleurs tout donné pour que ce soit possible. Il esquissa un sourire, simple signe du pour lui dire qu'elle ne s'en sortirait pas comme ça.

Samantha : Je sais que tu as tout fait pour me sortir de là Jack mais ... J'ai fais une grosse bourde et je pense sincèrement que je ne mérite pas de deuxième chance pour ça...

Elle sentit qu'il avait enfin décollé son regard de l'eau pour la regarder, elle. Une grosse boule se forma au creux de son estomac, une boule qui lui disait de faire machine arrière, de tout oublier... Seulement elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus. Parce que ce regard lui faisait toujours terriblement mal, et encore plus aujourd'hui que d'habitude. Comme une épée qui transperçait son c½ur déjà blessé.

Jack : Ce n'est pas de ta faute pour Elisabeth... Tu es arrivée trop tard...

Samantha laissa ses bras tomber derrière la rambarde, et ferma les yeux un instant, essayant de sentir une petite brise pourtant imperceptible. La boule s'était à présent déplacée de son estomac vers sa gorge, l'empêchant presque de respirer. Elle ne murmura qu'un seul mot quand elle décida, tout à coup, de lui dire la vérité.

Samantha : Non...

Même en sachant qu'après ça elle devrait s'expliquer, ça ne lui faisait vraiment plus peur. En plus, elle avait reprit confiance en lui, même si elle ne savait pas exactement pourquoi.

Samantha : Je suis arrivée au moins deux minutes avant vous... Je l'ai vue monter dans le train et j'ai rien fait

Maintenant qu'elle avait commencé à lui parler, elle ne pouvait plus s'arrêter. Elle avait finalement besoin de ça, besoin de lui. Elle leva alors, rapidement ses yeux noisette et réussit enfin à croiser son regard. Le jour se levait, doucement, mais sûrement.

Samantha : Je n'ai pas pu

Il examina son attitude et pour la première fois de toute sa vie, elle n'essaya même pas de se défendre. C'était trop tard pour ça, beaucoup trop tard. Elle détestait admettre les choses. Ne pas en vouloir plus, ne pas se battre plus... Mais là, maintenant, elle le devait. Elle le devait pour se protéger, pour le protéger.

Jack : Sam je...

Elle répondit sur un ton soft et distant, plus qu'adapté à la situation.

Samantha : Je t'en supplie, tais-toi... C'est dur pour moi aussi ...
Jack : Tu penses que t'as pris la bonne décision alors ?

Elle ne pouvait pas dire oui, mais elle ne pouvait pas dire non, non plus. Sa réponse était un peu au milieu de ces deux extrêmes. Un oui, un non, des mots simples qui en disait pourtant beaucoup. C'est finit. Elle évita alors la question comme elle pu, évitant désespérément de croiser son regard.

Samantha : J'ai ... J'aime vraiment ce boulot Jack...

Il haussa les sourcils, lui prouvant une fois de plus qu'il la connaissait encore mieux qu'elle ne le pensait.

Jack : Alors reviens Sam, si tu aimes ce job... Reviens ... On a besoin de toi dans l'équipe... Tu as toujours été un excellent agent Samantha, bien meilleure que moi. Tu mérite ta deuxième chance et... Ce n'est pas de ta faute pour Elisabeth, tu étais fatiguée, tu étais...

« Samantha »... Ca devait être vraiment sérieux pour qu'il recommence à utiliser son prénom en entier. Elle esquissa un sourire amusé tandis qu'une partie de son cerveau lui criait d'accepter. Elle entendait encore sa voix pendant qu'elle réfléchissait : « On a besoin de toi » ... Elle aurait aimé tellement plus que ça, tellement plus que ce « on » qui sonnait terriblement faux à ses oreilles.
Le bruit sourd d'une sirène de bateau agressa ses oreilles et l'obligea à croiser son regard. Elle devait dire non.

Samantha : Je ...J'ai eu une deuxième chance...Beaucoup trop de deuxième chance

Il leva les bras au ciel, ses yeux exaspérés cherchant désespérément les siens.

Jack : Sam ! Ce n'était pas ta faute ! Tu ne dois pas démissionner juste parce que tu as fais quelques bourdes qui ...
Samantha : ... Qui n'ont pas d'importance ? J'ai vu les parents d'Elisabeth, Jack, quand tu leur as annoncé qu'on ne l'avait pas rattrapée...
Jack : Ils étaient désespérés Sam ...

Ce n'était pas qu'une excuse pour expliquer sa décision, c'était la vérité. Elle avait vu leurs visages horrifiés, le cri de douleur étouffé de sa mère lorsqu'elle avait apprit que sa fille ne serait plus à ses côtés tous les jours de l'année, un cri identique à celui qu'elle aurait poussé si Elisabeth avait été retrouvée assassinée. Samantha se mordit la lèvre, cherchant désespérément quelque chose à ajouter mais ne trouva rien. Après toutes ses années, elle était vraiment triste d'abandonner, elle détestait abandonner. Elle ne pouvait s'empêcher de penser aux parents qui allaient peut être perdre leur enfant parce que l'équipe serait en sous effectif. Mais elle avait largement dépassé son quota, son quota d'enquêtes à ne pas dépasser pour ne pas déconner... Pour ne pas tout foirer.

Samantha : Jack je ... Je suis désolée

C'était tout ce qu'elle voulait lui dire. Exactement ce qu'elle voulait lui dire. Et ce qu'elle voulait se dépêcher de lui dire pendant qu'elle le pensait encore, pendant que ces mots avaient encore du sens pour elle. Elle voulait tout lui expliquer pendant qu'il en était encore temps, pour qu'il comprenne qu'à présent, elle donnerait tout pour revenir en arrière, pour ne pas être allée dans ce bar, pour ne pas avoir bu, pour ne pas lui avoir dit les choses qu'elle lui avait dite, fait les choses qu'elle avait faite... Mais c'était le genre de rêves irréalisables, le genre de souhaits interdits, le genre de règles infranchissables ...

Samantha : C'est fini Jack... Je ne peux plus... Ne rend pas les choses difficiles...

C'était aussi simple que ça finalement. Quelques mots, un regard, c'était tout ce qu'elle pouvait lui donner en réponse. Pourquoi ? Pourquoi tu pars ? Pourquoi « on » et pas « je »... Il continua à la regarder pendant quelque instants, son regard perdu dans un trou sans fin. Elle aperçu un lueur d'hésitation dans son regard.

Jack : Sam on a besoin de toi ...

Elle respira profondément, comme si l'avenir de l'humanité reposait dans sa seule inspiration, comme si sa vie ne tenait qu'à cette seule inspiration. D'un côté c'était vrai. Ce boulot était tout ce qu'elle avait et elle avait l'impression de tuer une partie d'elle-même en démissionnant. Mais ne pas le faire aurait été égoïste. Elle devait s'arrêter. Pour lui, pour eux.

Samantha : Je sais, Jack... Je sais.

Un lourd silence revint s'installer entre eux, marquant le moment où ils arrêtaient de parler et recommençaient à penser. C'était pire qu'une dispute, c'était pire que des cris. C'était ce qui lui prouvait qu'elle n'avait plus la force de se battre. Ce qui prouvait que ses larmes ne couleraient pas, ou plus. C'était unes des seules choses qu'elle avait apprises de cette expérience. Les larmes ne coulent pas, même si le c½ur se brise. Elles restent figées, comme pétrifiées dans un monde qui appartient désormais au votre.

Jack : Alors qu'est-ce qu'on fait Sam ?

Elle ne connaissait que trop bien cette question, en tout cas assez pour savoir qu'elle devait l'éviter pour se préserver.

Samantha : On est accoudés sur le pont de Brooklyn, on regarde l'eau passer sous nos pieds...

Il ne lui laissa pas le temps de lui dire qu'elle trouvait ça sympa, ou amusant, ou au moins reposant. Elle aurait préféré pourtant. Mais apparemment, il savait aussi bien qu'elle où tout ça les mènerait.

Jack : Tu sais que ce n'est pas ce dont je voulais parler ....

Ce n'était pas vraiment une question. Mais pas exactement une affirmation non plus. C'était juste quelque chose entre les deux, quelque chose de bancal et d'incertain, comme un « je » à la place d'un « on », comme eux finalement.

Samantha : Ouais...

Il sourit et elle lui sourit en retour. C'était tellement cliché. Elle aurait vraiment aimé pouvoir lui en vouloir assez pour qu'il n'ait plus aucune importance à ses yeux. Le problème, c'était qu'elle pouvait encore lui pardonner mais qu'elle ne pouvait pas oublier. Elle n'arrêtait pas de se demander « et si ?», et si elle avait refusé l'entrevue avec Lisa ? Que ce serait-il passé ? Est-ce qu'elle aurait encore ces images qui défilaient dans sa tête ? Elle aurait vraiment adoré le fait de s'en sortir avec une simple discussion sur son boulot... De ce côté-là, au moins, elle avait prit sa décision.

Jack : Qu'est ce que tu veux ?
Samantha : Je ne sais pas

C'était la réponse la plus juste et la plus honnête qui lui été venue à l'esprit à ce moment là. Ce n'était peut être pas la plus claire des réponses, ni la plus complète des réponses, mais c'était tout ce qu'elle pouvait lui donner. Et maintenant il la regardait avec des yeux ronds, comme si elle venait de lui dire que Kennedy venait de ressusciter.

Samantha : J'imagine que je n'ai pas vraiment le droit de dire que ce qu'on a fait était la meilleure chose à faire, que c'était ce dont on avait tous les deux besoin...

Il sourit, son regard à nouveau capturé par le sien.

Jack : Si... Mais ça ne répond absolument pas à ma question...

Cette fois, ce fut à son tour d'éclater de rire, prisonnière de ce qu'elle surnommait « L'humour à la Malone »

Samantha : Je ne suis pas vraiment prête à répondre alors...

Ses yeux revinrent se poser sur la rivière qui défilait sous leurs pieds. Jack suivit tout de suite le mouvement mais elle sût immédiatement que le silence qui venait de s'installer entre eux ne serait que de courte durée. Il cherchait juste quelque chose à répondre, et c'était le seul moment de répit qu'elle aurait.

Jack : Je sais que ça a toujours été difficile pour toi
Samantha : Quoi ?
Jack : Etre tout le temps avec moi en faisant comme s'il ne s'était jamais rien passé.

Samantha ferma les yeux en acquiescant, elle ne lui avait jamais mentit à propos de ça, elle n'allait sûrement pas commencer maintenant.

Samantha : On ne s'est même pas disputés Jack...
Jack : Quand ?

Elle répondit rapidement, juste parce c'était encore dur pour elle de parler de ça.

Samantha : Quand tu as tout arrêté

Elle essaya d'intercepter son regard mais il baissa immédiatement les yeux, sa tristesse se lisant sur son visage. Si les circonstances avaient été différentes, elle n'aurait pas abordé le sujet parce qu'elle savait que ça le mettrait terriblement mal à l'aise mais aujourd'hui, tout était différent.

Jack : Alors c'est maintenant qu'on va se disputer ?

Elle encaissa la remarque, décelant une pointe d'agressivité dans sa voix.

Samantha : Jack je... Je crois qu'on a besoin de parler de ça...

Son regard le suppliait de l'écouter mais il n'en avait aucune envie. Tout en lui allait de travers, toutes ses pensées allaient de travers. Peu importait ce qu'il pouvait bien faire ou ce qu'il pouvait bien dire, tout ça n'allait pas changer. Il avait besoin d'elle. Il avait besoin de ses baisers, de son sourire, de sa présence à côté de lui. Elle n'avait pas vraiment besoin de parler de ça mais il en avait besoin. Et elle le savait... Enfin, en tout cas, c'était ce que ses yeux lui disaient. Mais lui, il n'avait pas vraiment la force de parler de ça. Alors, après un long moment d'hésitation, la seule chose qu'il parvint à faire fut l'embrasser, l'embrasser en désespoir de cause, l'embrasser pour la faire changer d'avis, l'embrasser pour lui faire oublier que le monde n'était pas tout rose. Ce baiser fut beaucoup plus dur que les autres, plein d'une sorte de nostalgie destructrice, cette sorte de nostalgie qui brise le c½ur plusieurs fois en une seule seconde.

Son c½ur tambourinant contre sa poitrine, elle ne réalisa ce qu'il s'était passé que lorsque son cerveau commença à manquer d'air. Elle se dégagea alors précipitamment de son étreinte et constata qu'il lui avait attrapé le bras. Reprenant son souffle, elle se contenta de le regarder avec quelque chose qui aurait pu être assimilé à un mélange d'horreur et culpabilité dans ses yeux. Ce baiser venait d'ébranler tout ce en quoi elle croyait pour l'instant. C'était dur, pour tous les deux.

Jack : Sam je ...
Samantha : J'ai juste besoin de temps... Je ne sais pas où j'en suis Jack...
Jack : On a jamais vraiment su où on en était tous les deux...
Samantha : Jack...

L'agent se mit alors à sourire nerveusement tout en rabaissant ses yeux vers le sol. Il chercha ainsi ses mots pendant plusieurs secondes. Ce n'était pas le bon moment pour ça. Non, car à ce moment là, il aurait vraiment préféré être une espèce de chat, de souris ou de n'importe quel petit animal pour pouvoir se carapater sans avoir à affronter le regard de Samantha.

Samantha : Les choses ont changé...
Jack : Mais qu'est-ce qui a changé ?

C'était ce qu'elle essayait de découvrir depuis toutes ces années. Eux n'aveint pas vraiment changé, seul le monde autour d'eux avait changé...

Samantha : Je ne sais pas vraiment...
Jack : Malgré tout ce qui s'est passé Sam... Je crois que tu n'as pas changé

Elle esquissa un sourire triste au coin de ses lèvres. Le vent balayait ses cheveux blonds et le jour commençait à se lever sur les gratte-ciel de la ville. Tout était magnifique autour d'eux, peu être un des plus beaux matins de l'année. Sa réponse n'avait pas vraiment été une surprise pour elle pourtant, c'était toujours dur à accepter et l'honnêteté absolue qui résidait dans le timbre de sa voix lui rendait les choses encore plus difficiles. Ce baiser ne pouvait pas être son dernier souvenir « d'eux ». Elle se retourna à nouveau vers l'eau du fleuve, évitant une nouvelle fois son regard.

Samantha : Toi non plus.

Il posa ensuite une question qui lui brûlait les lèvres à elle aussi depuis tant d'années.

Jack : Alors, qu'est ce qui s'est passé ?
Samantha : Je ne sais pas... J'ai juste appris à ne plus avoir confiance en personne. Regarde le résultat ! Pas bien brillant hein ?

Il la dévisagea et elle sût immédiatement qu'il se sentait coupable, coupable de leur éloignement, coupable de son emprisonnement... Elle ne pouvait pas le laisser penser ça, elle n'en avait pas le droit. C'était leur faute à tous les deux. Moins à lui qu'à elle d'ailleurs. Ou peut-être était-ce la faute à personne, ou plutôt la faute au destin.

Jack : Sam, je suis désolé si je t'ai fait du mal...
Samantha : Moi aussi mais...

Elle se mordit la lèvre inférieure.

Samantha : Tout ça, tout ce qui s'est passé ces derniers jours n'était pas de ta faute ... Je me suis mise toute seule dans ce pétrin... Je dois prendre mes responsabilités
Jack : Alors c'est pour ça ?

Elle riva ses yeux bruns vers lui.

Jack : Que tu t'en vas ?

Elle soupira, « peut être oui ».

Samantha : Et puis aussi parce que je peux plus faire comme s'il ne s'était jamais rien passé...

Le c½ur de la jeune femme recommença à cogner violemment contre sa poitrine. Elle inspecta les alentours, la main de Jack était toujours fidèlement agrippée à son bras et malgré le vent qui balayait ses cheveux, elle essaya d'avoir le courage de maintenir ses yeux plongés dans les siens, à la recherche de foie dont elle avait tant besoin. La vérité, c'était qu'elle ne pouvait pas décoller son regard du sien et lorsque Jack recommença enfin à bouger, au bout de ce qui lui paru alors une éternité, balayant la joue de la jeune femme avec son pouce, son visage était trempé et ses yeux humides portaient encore les traces des larmes qu'elle avait versé. Le fleuve ne crépitait plus sous ses pieds, les lumières de la ville avaient arrêté de s'allumer, c'était juste eux, lui et elle, dans un monde à part.

Samantha : Est-ce que je pleure ?

Samantha sentit une nouvelle ses lèvres s'appuyer contre les siennes sans qu'elle ne lui ai pourtant rien demandé. Elle se contenta alors de fermer les yeux, essayant d'oublier que ce n'était pas forcément la meilleure chose à faire pendant qu'elle essayait tant bien que mal de se persuader que leur relation ne pouvait pas avoir de fin heureuse.

Jack : Laisse nous une chance
Samantha : ...

Elle avait un million de choses à lui dire à ce moment là, un million de mots à articuler, un million de réponses à formuler mais rien ne semblait correspondre assez à ce qu'elle éprouvait à cet instant. Elle entendit une voiture klaxonner au loin et détacha immédiatement son bras de celui de Jack.

Samantha : Non...

Tout ça allait arriver dans un futur, tel qu'il soit mais pas maintenant. Elle sentit son regard la transpercer et sût immédiatement qu'elle n'avait pas besoin de lui expliquer toutes les raisons beaucoup trop rationnelles qui l'amenaient à lui dire non.

Jack : Et si ça ne se terminait pas mal...

Elle attendit un moment puis se retourna vers le fleuve, s'appuyant à nouveau contre la rambarde. Le soleil venait sortir définitivement de la ligne d'horizon, prêt à conquérir la ville pour une nouvelle journée... Ou une nouvelle vie, sa nouvelle vie.

Jack : J'ai besoin de toi...

Des larmes inondaient les joues de Samantha de longs flots qui dégoulinaient le long de son visage. Un nouveau jour commençait et une partie de sa vie s'achevait. Ce nouveau jour lui paraissait beau, unique et se dessinait comme une partie de sa future vie dans laquelle aucune règles ne lui aveint encore été imposées. C'était comme une nouvelle page d'un livre à écrire, avec ou sans lui, mais sans le FBI. Son c½ur ralentit progressivement quand il la rejoint, s'appuyant sur la barrière juste à côté d'elle. L'eau continuait à défiler sous leur pieds, de façon régulière, monotone. La jeune femme sentit son bras envelopper sa taille mais ne bougea pas un cil. Elle aurait vraiment aimé pouvoir se sentir tout le temps aussi confiante et paisible que lorsqu'elle était dans ces bras. Mais ce sentiment allait pourtant la quitter, tôt ou tard, lorsqu'il devrait partir. Elle ferma les yeux et décida alors d'espérer qu'un jour, maintenant ou dans une autre vie, il reviendrait.

Samantha : In another life maybe.



The End

# Posté le mardi 10 juin 2008 12:58

Damages

Damages
N/A : Aucun rapport avec la série du même nom, juste le One-Shot que j'ai envoyé pour le concours de fbi-fr.net.

Résumé : Sam et Jack, Juillet 2001 donc pré-affaire. Après une fusillade dans l'apartement de Sam...

Disclaimer : I do not own anything, que dalle, nada. Je fais ça pour le fun donc pas de rémunération ... (Quoique ... Hein Alexane ? xD)

Consignes : ICI

Nothing Else To Say ... Just Read ....


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Flash Back

Il était là et eux aussi. Ca n'avait aucun sens. Mais il y avait tellement d'autres choses autour d'eux qui n'avaient pas de sens. Pas de sens parce quelque part au fond de lui, il savait que quelque chose n'allait pas. C'était bizarre, effrayant même.

James : Reculez ou je la tue !!!!
Seeley Booth : James, calmez vous ! Baissez cette arme, la partie est finie !
James : Jamais !!! Sonia reste avec moi !
Jack : Il a raison James ! Ne nous obligez pas à tirer !
James : Vous voulez pas tirer ? Alors posez vos armes par terre !
Booth : Vous d'abord, on parlera après !

James attrapa Sonia Sander et braqua son arme sur sa tempe.

James : Posez vos armes ! Ou je la tue.

Les deux agents du FBI échangèrent un regard bref et posèrent lentement leurs armes à terre. Cette enquête était très mal partie depuis le début. Depuis qu'ils avaient retrouvé le cadavre de Tracy Simpson en fait, après trois mois de recherche. Trois mois durant lesquels il avait été incapable d'enlever son visage et celui des autres jeunes femmes de sa tête, trois mois de sa putain de vie pendant lesquels le visage de James McLagan s'était lui aussi gravé au couteau dans son crâne. L'homme était pourtant normal, ordinaire même. Originaire de Grande Bretagne, il avait passé toute son enfance à Londres avant d'arriver à l'âge de 16 ans aux Etats-Unis. La seule tache sur ce beau tableau, c'était que ce pourri avait finit pas enlever et tuer 10 jeunes femmes, et encore, ce n'était que celles dont ils connaissaient l'identité. Il y en avait sûrement d'autres, enterrées n'importe comment dans un terrain vague, quelque part dans la banlieue de New York. Jack soupira discrètement. Cela ne l'enchantait pas, mais il devait une fière chandelle aux agents de Washington qui avaient réussit à identifier le corps et à les aider dans leur enquête. Mais maintenant ils étaient là, dans cet entrepôt abandonné, braquant leurs armes sur James qui retenait sa dernière victime en otage dans ses bras, un pistolet appuyé sur sa tempe. Il ne savait pas exactement pourquoi, mais Jack estimait qu'il avait le devoir de la sauver, le devoir d'arrêter ce massacre. Il entendit une présence derrière lui et jeta un ½il sur sa partenaire qui venait d'entrer dans la pièce. James paru la dévisager quelques instants ce qui eut pour effet de mettre Jack très mal à l'aise. Elle avait exactement le profil des victimes : La vingtaine, travailleuse, courageuse, blonde... Jack savait qu'il n'avait pas vraiment le droit de dire ça, surtout avec ce qui était en train de se passer autour de lui mais... Il la trouvait quand même assez sexy.

James : Trois contre un ? Ca, ça c'est pas juste ! Samantha, je ne savais pas que vous étiez de la partie aussi !

Comment James avait fait pour se renseigner sur les membres de son équipe ? En regardant autour de lui, il vit Samantha braquer son arme sur James.

Samantha : Lâchez la !

James réajusta son étreinte autour de Sonia, et sourit à la jeune femme positionnée à présent juste à côté de Jack.

James : Tu n'oserais pas tirer, bébé

Le regard du jeune homme était braqué lui aussi sur Samantha mais elle paraissait ne pas y accorder beaucoup d'importance. Il savait exactement ce qu'elle devait éprouver à ce moment précis. Un mélange de peur, d'appréhension et d'excitation face au danger. Jack voulu tourner la tête vers Booth mais ce dernier ne lui en laissa pas vraiment le temps. Profitant du manque d'attention de James envers lui, le jeune homme attrapa son arme par terre et essaya de viser le tueur. Jack suivit l'initiative, comme un reflex. Malheureusement, cette simple tentative de contrôle se solda par une monstrueuse fusillade. Lorsqu'elle vit Booth saisir son arme, Sonia poussa un cri suraigu qui eut le mérite d'alerter James immédiatement. Ce dernier se retourna alors vers Booth et relâcha son étreinte autour de la jeune femme pour braquer son arme sur l'agent. Jack entendit un coup de feu et vit James tomber en face de lui. Son c½ur battant, il saisit son arme et se retourna vers l'origine du coup de feu. L'arme de Samantha était fumante, et son doigt crispé sur la détente.


Fin du Flash Back


Jack appuya à nouveau sur la sonnerie, plus longtemps cette fois. Toujours pas de réponse. Il attendit un peu, se promettant de ne plus jamais venir chez elle, puis plaqua son oreille contre la porte et en entendant la télé brailler à travers, il comprit qu'elle se trouvait toujours dans l'appartement. Il réfléchit alors pendant quelques instants, tout en retentant sa chance avec la sonnette pour la troisième fois consécutive. En réponse, un bruit de verre cassé parvint à ses oreilles.

Jack : Samantha ! Samantha !

Il martela sa porte de coups de poings, mais elle ne donna aucun signe de vie. Il recommença et recommença encore jusqu'à ce qu'une clé tombe de l'encadrement de la porte. Il hésita quelques instants, se demandant si elle était assez stupide pour cacher une clé juste à côté de sa porte mais décida tout de même de tenter sa chance. A sa grande surprise, la porte s'ouvrit.

La lumière était éteinte et la pièce n'était donc éclairée que par la lumière de la lune, désormais haute dans le ciel. L'appartement était coquet, une déco assez moderne, bien rangé, tout à fait l'idée qu'il s'en était fait. Le seul problème, c'était qu'en plus de la télé qui lui agressait les oreilles, Jack pouvait aussi déceler une forte odeur d'alcool qui émanait principalement de la table basse située entre le canapé et la télévision. Il s'approcha alors un peu et découvrit sa partenaire complètement soule allongée sur son canapé. Une bouteille de Scotch, vide aux trois quarts et deux cannetes de bières étaient posées négligemment autour d'elle sur le sol en bordure du sofa. Le c½ur battant, Jack éteignit la télévision et mit plusieurs minutes à réveiller Samantha.

Samantha : Hun.... Oh...

La jeune femme poussa à nouveau un léger gémissement et passa deux ou trois fois ses mains sur son visage, appuyant sur son front. Sachant qu'il était à peu près 3 heures du matin, elle devait avoir passé la soirée sur le canapé avec une bonne dose d'alcool dans le sang. Jack esquissa un sourire et s'agenouilla à côté d'elle, la faisant sursauter à la vue de son visage.

Samantha : Jack ?

Son regard humide posé maladroitement sur lui, la jeune femme tenta rapidement de se redresser mais tomba aussitôt à la renverse.

Jack : Mauvaise idée ...

Elle esquissa un sourire et le laissa remettre un oreiller sous sa tête.

Samantha : Qu'est-ce que tu fais là ? Et qu'elle heure il est d'ailleurs ?
Jack : Très tard ou très tôt ... Ca dépend de comment on voit les choses

La jeune femme soupira et jeta un coup d'½il autour d'elle.

Samantha : Très tôt ...

Jack éclata de rire et s'approcha légèrement de l'interrupteur qui gérait la lumière de la pièce. Il tenta d'appuyer sur le bouton mais Samantha poussa une sorte de hurlement qui le fit immédiatement faire marche arrière.

Samantha : J'ai la tête comme une pastèque Jack !

Il sourit et un léger silence revint s'installer dans leur conversation.

Samantha : Tu ne m'a pas répondu, qu'est-ce que tu fais ici ?
Jack : Tu veux une aspirine ?

Il avait toujours eu une faculté étonnante à pouvoir éviter instinctivement n'importe quelle question dont il ne connaissait pas la réponse. Le seul problème, c'était qu'il avait rencontré en la personne de Samantha Spade, sa plus grande rivale dans cette discipline. Telle qu'il la connaissait, elle n'allait sûrement pas abandonner.

Samantha : Oui mais c'est pas ce que je te demande...

Jack paru ignorer la remarque et se leva afin de parcourir le salon jusqu'à la cuisine. Il passa à côté d'un vieux tube de dentifrice, visiblement à jeter et attrapa une petite boîte de cachets qui traînaient sur le comptoir. Il en prit simplement deux et commença à remplir un verre d'eau sous le robinet. Lorsqu'il revint, elle avait réussit à s'asseoir et le regardait avec une espèce d'expression admirative dans ses yeux.

Samantha : Merci...

Elle avala les cachets et s'affala à nouveau en arrière, ses yeux de retour dans les siens. Il détestait la regarder dans les yeux. Il détestait ça parce qu'il avait la sensation que comprendre tout ce qu'elle voulait lui dire, juste en la regardant. Il détestait ça, et pourtant, il n'avait jamais été si proche d'un des membres de son équipe. Il travaillait avec Vivian depuis au moins six ans et avait acquis une certaine forme d'amitié avec elle mais ... Samantha était différente. Il s'était attaché à elle en seulement quelques mois ...

Jack : J'étais inquiet pour toi
Samantha : De quoi ?
Jack : La façon dont tu es partie, le fait que tu ne sois pas venue à la convocation rapide de l'OPR...

Elle sourit timidement, comme si elle avait quelque chose à se reprocher et Jack hésita en se demandant si cela voulait vraiment dire quelque chose. Après tout, c'était normal qu'il soit inquiet pour elle, c'était sa partenaire non ?

Samantha : J'ai tué un homme Jack... J'étais choquée c'est tout

Il sentit son c½ur se froisser au souvenir de la fusillade mais s'obligea à ne rien lui montrer. Il était sûr que ce n'était pas la seule raison mais ne comprenait pas vraiment pourquoi cela lui importait de découvrir ce qu'elle avait.

Samantha : Mais comme ça tu étais inquiet pour moi hein ?

Il ne répondit pas. Il ne répondit parce que ce n'était pas vraiment une question. Juste la vérité. Il s'était inquiété pour elle, comme il l'aurait fait pour Danny ou Vivian. C'était... La façon avec laquelle elle lui avait donné son arme qui l'avait inquiété. Ses mains tremblaient, et ses yeux refusaient de rencontrer les siens.

Jack : Pourquoi tu es partie comme ça ?

Le plus étrange, c'était que tout cela aurait dû être considéré comme normal. Normal parce qu'il ne se connaissaient que depuis un an et demi et que quelque part, elle ne lui devait rien. Elle ne lui devait aucune explication sur sa vie, sur ce qu'elle était, sur la personne qu'elle aurait eu envie de devenir.

Samantha : Je te l'ai dit, j'étais choquée...

Ce n'était pas une vraie excuse. Ce n'était pas une vraie excuse car la vérité était toujours difficile à avouer. Il détestait le fait qu'on puisse lui mentir mais pourtant, il ne disait rien. Rien, rien, rien du tout. Il ne lui disait rien à elle alors qu'il avait envie de savoir la vérité.

Jack : Pourquoi tu as voulu être flic ?

Elle prit un moment pour répondre, un moment d'une bonne trentaine de secondes qu'on aurait pu évaluer à une trentaine de minutes en prenant en compte son degré de surprise.

Samantha : Je voulais enquêter, comme Hercule Poirot, attraper les méchants...

Elle marqua une pause devant son regard insistant.

Samantha : Pour prouver à ma mère qu'elle avait tort

La jeune femme se mordit la lèvre inférieure en espérant qu'il n'ait pas entendu. Elle n'avait aucune envie d'en parler, pas ce soir. Pas avec ce mal de tête et pas avec son patron. Mais elle avait passé énormément de temps sur cette affaire, énormément de temps avec lui par la même occasion. Cela avait été leur enquête, jusqu'à la fin. Elle essaya de fermer les yeux mais la seule chose qu'elle pu voir fut une de ses balles percuter le corps de James McLagan, sans défense. Elle n'avait jamais voulu être flic pour faire ça, parce que pour elle ça, ce n'était pas faire le bien.

Jack : Tort sur quoi ?

C'était bien trop personnel pour qu'elle lui en parle. Ils ne se côtoyaient vraiment que depuis trois mois. Mais c'était trois mois durant lesquels ils avaient passé presque chaque seconde de leur vie ensembles à chasser un serial killer qu'ils avaient bien cru ne jamais pouvoir attraper. D'ailleurs, ils ne l'attraperaient jamais.

Samantha : Elle disait que je ne ferais jamais quelque chose de bien dans ma vie

Il paru troublé, désorienté, et elle ne comprit pas trop pourquoi. Ses rapports avec sa mère n'étaient pas vraiment quelque chose d'unique dans la société, et elle ne comprenait même pas comment ils en étaient arrivés à parler de ça.

Samantha : Mais pourquoi tu me demande ça James Bond ?
Jack : James Bond ?
Samantha : On dirait que tu veux me sauver... Ou m'amener à parler...
Jack : Ma mère s'est suicidée quand j'avais seize ans.

Il avait dit ça en s'asseyant dans le fauteuil en face d'elle, comme si ça, c'était quelque chose de normal, d'une banalité sans nom. La jeune femme continua à la fixer pendant plusieurs secondes sans vraiment trouver les mots justes. Pourquoi ça ? Pourquoi lui dire ça maintenant ? Maintenant qu'elle était complètement à côté de toute lucidité, maintenant qu'elle n'avait vraiment aucune envie de parler ?

Samantha : Je ...

Sa voix dérapa et la pièce retomba dans un silence pesant, bien trop pesant. La gorge serrée, elle décida de ne pas dire un mot de plus puisqu'elle avait l'impression de s'enfoncer un peu plus profond à chaque fois qu'elle en prononçait un. Elle était fatiguée, extenuée mais elle savait qu'il ne la laisserait pas comme ça. Un jour, il lui avait dit « je ne laisse jamais tomber ».

Jack : Alors dis-moi, qu'est ce qu'il s'est passé ?

Elle n'avait plus aucune échappatoire, aucune façon de s'en tirer maintenant : c'était sa dignité ou leur amitié naissante et elle aurait vraiment été incapable de dire pourquoi mais la grande et vertueuse Samantha Spade avait envie d'avoir confiance en lui. Jusqu'ici, personne n'avait jamais pu comprendre ce qu'elle voulait ou vivait et maintenant, même s'il n'était que son patron, il connaissait son rapport avec l'affaire mieux que personne, il connaissait sa façon de s'impliquer mieux que personne de l'avait jamais fait et elle avait plus confiance en lui et en ses yeux qu'en personne d'autre.

Samantha : C'était la première fois.

Il la dévisagea, visiblement perdu dans ses mots.

Samantha : Je n'avais jamais tué personne avant ça

Il ferma les yeux et détourna son regard quelques instant vers la fenêtre, croyant qu'elle n'allait pas voir ses dents mordre ses lèvres et entendre son soupir. Son coeur martelant sa poitrine, elle, elle espérait juste qu'il comprendrait.

Jack : Mais c'était marqué que ...

Elle se sentait conne maintenant, au bord du gouffre, un toboggan glissant l'appelant toujours plus fort pour qu'elle y plonge. Lorsqu'elle croisa son regard, une sorte de frustration y était logée et elle détesta immédiatement cette expression, vraiment.

Samantha : La NYPD ne fait pas de différence entre tirer et tuer.

Son visage changea du tout au tout et il finit par se mordre à nouveau la lèvre. Elle savait que sa réponse de durerait qu'un temps, et qu'il se rappellerait qu'il lui avait posé la question

Samantha : Et puis tout le monde savait qu'ici, les gens inexpérimentés de la NYPD se retrouvaient aux photocopies. J'avais besoin de plus que ça

A sa grande surprise, il ne répondit pas et se contenta d'esquisser un léger sourire aux coins des lèvres. Le silence retomba ensuite progressivement dans la pièce ne leur laissant que les bruits des voitures en fond sonore.

Samantha : Tu m'aurais prise ?
Jack : De quoi ?
Samantha : Si tu avais sû ? Tu m'aurais prise ?
Jack : Non

A question simple, réponse simple, elle aurait dû le savoir. Ce n'était pourtant pas facile pour elle d'accepter cette réponse. Pas facile parce qu'elle comprenait que malgré ses compétences, elle n'aurait peut être pas dû mentir. Elle comprenait qu'elle ne verrait plus jamais la vie comme avant. Parce qu'après la vie il y a avait la mort, une chose inévitable qu'on pouvait précipiter.

Samantha : Tu crois que j'aurais dû te dire la vérité ?
Jack : Non

Samantha le regarda avec étonnement, sans comprendre vraiment le sens de sa réponse. C'était vague, flou, comme tout ce qu'elle voyait autour d'elle à l'instant présent. Elle avait essayé si longtemps de fermer les yeux, d'oublier, de dormir et de faire un rêve sans voir James s'écouler en face d'elle.

Jack : Tu ne dormiras pas...
Samantha : Quoi ?
Jack : Tu n'oublieras pas et tu ne dormiras plus jamais comme avant.
Samantha : Pourquoi ? Je veux dire, pourquoi c'est comme ça ? J'ai fait ce qu'il y a avait à faire et en plus James était un vicieux, calculateur et ...

Elle parlait vite et sans discernement, comme si elle essayé de se persuader avec ces arguments au fur et à mesure qu'elle prononçait ces mots. Il y avait quelque chose de pas normal ce soir là entre eux, quelque chose qu'elle ne pouvait pas expliquer. C'était peut être à cause de cette affaire, des heures qu'ils avaient passées tous les deux ces derniers temps... Elle ne pouvait pas l'expliquer mais elle voulait qu'il la réconforte. Qu'il la réconforte parce qu'elle savait qu'il comprenait, qu'il savait ce qu'elle éprouvait et –

Jack : Tu as tué un homme ce soir

Elle sentit ses mots la transpercer au plus profond de son c½ur et se trouva paralysée pour se qui lui sembla des heures. Elle esquissa ensuite quelques mots qui sonnèrent faux même à ses propres oreilles.

Samantha : Et ce que ça me rend mauvaise ?
Jack : Non... Juste flic. C'est une partie de nos jobs Samantha. La raison pour laquelle je ne prends pas de bleus qui n'ont jamais tué, c'est parce que je ne veux pas être responsable de baptêmes comme ceux là. C'est peut être lâche, mais je n'aime pas passer mes soirées dans l'appartement de mes coéquipiers pour leur dire qu'ils ont fait la bonne chose.

Samantha esquissa un sourire mais se sentit un peu délaissée lorsqu'il ne répondit pas. Elle ne savait pas trop, pas trop s'il lui en voulait ou pas, s'il était vexé ou pas.

Samantha : Qu'est-ce qu'il va m'arriver ? Est-ce que ça va changer tout ça ?
Jack : Samantha, ces souvenirs ne vont pas sortir de ta tête comme par enchantement. Je peux même te dire qu'ils ne s'atténueront même pas. Mais tu vas devoir vivre avec parce que même si sa vie à lui s'est arrêtée, pas la tienne.

Il prit alors une grande inspiration, comme si le poids du monde reposait sur sa seule phrase.

Jack : Je sais que c'est stupide et dérisoire mais ... Je suis désolé pour ce qu'il s'est passé Sam... Et tu comprendras pourquoi plus tard ...

C'était bizarre et elle se sentait bizarre. Faible, sans défense. Elle comprenait petit à petit qu'il avait raison et tout ça la tuait à petit feu. Elle devait laisser James pour continuer à vivre. Elle voulu répondre quelque chose, répondre qu'elle allait faire quelque chose pour s'en sortir, qu'elle allait en parler à un psy ou n'importe quoi mais ... Lorsqu'elle rencontra ses yeux à nouveau, elle réalisa que le silence était beaucoup plus expressif que de simples mots. Elle réalisa qu'avec lui, tout ce qu'elle disait n'avait plus aucun sens. Cette expression sur son visage lui disait tellement de choses qu'elle se croyait auparavant incapable de comprendre. Il était le premier à vraiment chercher à en savoir plus sur elle. Et même si elle ne comprenait pas vraiment pourquoi, ça faisait du bien. Elle n'avait jamais vu cette expression sur lui, jamais. Elle n'avait jamais vu cette expression sur qui que ce soit d'autre d'ailleurs. Il regarda une nouvelle fois ses yeux et vit son anxiété disparaître petit à petit, au fur et à mesure du temps. Du temps passa, lentement, rapidement, des secondes, des heures, de jours, peut être même. La seule chose qui lui importait était sa main sur son front lorsqu'elle pleurait sur ce canapé. Pleurait parce que sa vie ne serait plus jamais comme avant, pleurait pour avoir mentit, pleurait pour des choses qu'elle ignorait peut être encore. Tout ce qui comptait à ses yeux c'était de voir qu'il ne faisait rien pour l'empêcher de pleurer parce qu'il savait qu'elle en avait besoin pour survivre.

Environ trois ou quatre heures plus tard, sans savoir exactement pourquoi, elle sentit qu'il la portait, endormie sur son lit. Elle sentait la lumière du soleil chaud sur son visage et ça faisait du bien, juste de savoir qu'il était là. Des couvertures se posèrent sur son corps et elle entendit ses pas s'éloigner et elle réalisa qu'elle ne continuerait pas à dormir. Elle murmura alors du bout des ses lèvres des mots, une phrase qui devaient avoir du sens pour elle et pour elle seule, à moitié endormie après avoir tiré sur quelqu'un

Samantha : Reste... S'il te plait

Elle l'entendit faire marche arrière et prendre sa main dans la sienne. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux parce qu'ouvrir les yeux, c'était admettre qu'il ne devrait pas être là. Et elle aimait sentir sa présence à côté d'elle. Il n'était plus vraiment son boss, il était juste un ami qui venait de lui sauver la vie. Ce qu'elle éprouvait lui était complètement inconnu, ce n'était pas de la reconnaissance, pas vraiment de l'attachement non plus...
Elle sentit une présence se coller contre elle, contre son dos et elle frissonna sans savoir non plus vraiment pourquoi. C'était une sorte de flou dans sa tête, peut être à cause de l'alcool, ou peut être à cause d'autre chose. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle se sentait beaucoup moins perdue qu'au début dans ses bras.

Ce soir là, elle avait tué pour la première fois, cette nuit là, il l'avait appelée « Sam » pour la première fois. Cette nuit là, il l'avait vue pour la première fois complètement bourrée et effondrée, il l'avait vue pleurer, gémir, parler et avoir confiance en lui. Elle, elle avait vu pour la première fois cette expression triste sur son visage et s'était sentie bien dans ses bras. C'était la fin de leur première enquête, rien qu'à eux, la seule enquête applaudie par Van Doren qu'elle considéra comme un échec cuisant.


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αℓσя¨ ؟ тєℓℓ мє ωнαт ∂σ уσυ тнιик !


[Si contente d'avoir recommencé à écrire ... Ca m'avait manqué !]
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# Posté le vendredi 22 août 2008 05:32